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  • La Déchronique du Déchronologue. L’index

     

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    Voici, chers amis, l'index tant attendu de ma « déchronique » du Déchronologue, le beau roman de Stéphane Beauverger aux éditions la Volte.J'en profite pour signaler à votre attention la récente parution, chez le même éditeur, de L'Homme qui s'arrêta recueil de nouvelles de Philippe Curval dans sa meilleure veine, celle des angoisses existentielles, où la littérature et la folie s'investissent mutuellement.

     

    Fragment Zéro

    Fragment I

    Fragment XVI

    Fragment XVII

    Fragment VI

    Fragment II

    Fragment VII

    Fragment XXII

    Fragment XI

    Fragment XIX

    Fragment XX

    Fragment IX

    Fragment XXIII

    Fragment III

    Fragment X

    Fragment IV

    Fragment VIII

    Fragment XII

    Fragment XV

    Fragment XXI

    Fragment V

    Fragment XIII

    Fragment XXIV

    Fragment XIV

    Fragment XVIII

    Fragment XXV

    Fragment final

     

     

    Coulez mes larmes, dit le capitaine : bande originale du livre.

     

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  • La Déchronique du Déchronologue. Fragment IV

     

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    Solidement ancré dans l'histoire des Caraïbes au XVIe siècle, aux environs de l'île de la Tortue – port de ravitaillement des boucaniers et flibustiers de la région – et du Nouveau Monde des Indes occidentales, Le Déchronologue en restitue les enjeux politiques, sans excès didactiques mais non sans subtilement s'approprier certaines figures locales (sans parler du fameux Rat-qui-pette). François Le Vasseur (ici très shakespearien, voire conradien), ancien corsaire et compagnon du pirate Belain d'Esnambuc, fut vraiment gouverneur de l'île de la Tortue au nom du chevalier de Poincy – avant de revendiquer la pleine possession des lieux. Certains prétendent même que le tyran, qui maintenait les lieux sous sa coupe, avait fait installer à son fort de la Roche une machine de fer baptisée « L'Enfer » (la prison prit quant à elle le nom de « Purgatoire »)... Comment s'étonner, dès lors, que le François Le Vasseur de Stéphane Beauverger s'entoure de maravillas d'un genre particulier (celles qui servent sa paranoïa, les machines-espionnes, les appareils de surveillance) ?...

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  • La Déchronique du Déchronologue. Fragment III

     

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    Pantagruel par Gustave Doré

     

    La richesse du vocabulaire maritime, les personnages hauts en couleurs (au premier rang desquels le grand Fèfè de Dieppe) et la truculence des dialogues restituent admirablement l'atmosphère des Caraïbes, telle, du moins, qu'on se l'imagine au regard déformé des œuvres qui, de L'île au trésor de Stevenson aux films du genre (Les contrebandiers de Moonfleet de Fritz Lang, L'aigle des mers et Captain Blood de Michael Curtiz...), ont alimenté l'imaginaire populaire. À bord du Chronos, du Toujours-Debout ou du Déchronologue, les navires du capitaine Villon, coule le tafia et pleuvent les jurons, plus fleuris les uns que les autres (« Mort de moi ! », « Pute vierge ! », « Christ mort ! », « Peste blanche ! », « Pute morte ! », « Sang du Christ », et les beaux « Cornecul ! », « Ventrepute ! », « Couilles du pape ! » ou « Mes bourses au cul du pape ! »). Ça doit « sentir la mer », comme le dit François sur son blog. Et cependant, ça sent moins le sel et les embruns que l'alcool de canne à sucre et la poudre : la structure du récit, ses nombreux épisodes terrestres et ses parenthèses carcérales empêchent l'immersion maritime progressive que nous fait vivre Melville avec Moby Dick, restitution inouïe de la temporalité si particulière du voyage en mer. Et pour cause : c'est le Temps lui-même qui, dans Le Déchronologue, est mis à mal.

    Ingénieusement déconstruit – l'auteur a mis tout son savoir-faire de scénariste au service de son récit –, et plus complexe qu'il n'y paraît, Le Déchronologue est effectivement un grand récit d'aventures, de bruit et de fureur, de douceur aussi (avec le personnage de Sévère), écrit dans un style efficace, imagé, qui depuis La Cité nymphale s'est encore affiné. Dès les premières pages, les comparaisons et métaphores, d'une rare pertinence, frappent à la fois par leur évidence esthétique et par leur portée politique, parfois rabelaisiennes et souvent anarchisantes : « À la manière dont les autres colonies mal établies sur ce rivage hostile, les autochtones n'ignoraient point qu'ils ne tenaient ainsi, accrochés aux bourses trop pleines de l'empire espagnol, qu'à la faveur de cette indolence propre aux géants jamais trop prompts à se gratter le cul », 17 ; « Les trônes ont ceci de commun avec les baquets d'aisance que leurs usagers les souillent dès qu'ils s'y posent », 27 ; « Il abritait plusieurs poignées de ruffians, trafiquants et négociants de mauvaise mine, cherche-fortune et traîne-misère, tous entassés à l'écart des regards catholiques, sous les toits glaiseux d'une vingtaine de masures jetées là à la manière de dés pipés », 18 ; « La nuit était longue et bleue comme une lame de Tolède » (17). Cette intelligence rabelaisienne, qui sait habilement mêler les grossièretés les plus inconvenantes et l'intelligence la plus acérée, est l'une des caractéristiques du personnage de Villon, fin lettré, à l'image d'authentiques flibustiers de l'époque.

     

     

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  • La Déchronique du Déchronologue. Fragment I

     

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    Illustration : Corinne Billon

     

     

     

    Publié à la Volte comme les précédents livres de son auteur, Le Déchronologue est, pour beaucoup (dont votre humble serviteur) l'une des œuvres les plus marquantes de l'année dans le domaine de l'imaginaire français. Mais s'il fallait en croire Pascal Patoz de la Noosfere, comme Alice Abdaloff de la Salle 101, Le Déchronologue serait « avant tout une histoire de pirates ». Et pour le chroniqueur « W », la piraterie serait même « le vrai sujet du roman »... L'on nous permettra de trouver ces formules un peu péremptoires : si Stéphane Beauverger avait eu l'intention d'écrire avant tout une histoire de pirates, ou d'écrire avant tout  « sur » la piraterie pourquoi se serait-il compliqué la tâche avec des désordres uchroniques d'ampleur cosmique, des brèches temporelles dignes des Voies d'Anubis et, pire encore, avec une déconstruction narrative aussi sophistiquée ?... Il l'a pourtant répété sans ambiguïté dans ses interviews, à qui voulait l'entendre : son projet, son livre, c'était l'histoire d' « un équipage de pirates pris dans des déchirures temporelles ». Voilà donc avant tout ce qu'est Le Déchronologue : le souffle du récit maritime et le vertige de la science-fiction. Et, bien que le roman ait déjà reçu nombre d'éloges dans les officines spécialisées comme dans les alcôves des tavernes bien fréquentées (pas le Rat-qui-pette, hélas, désintégré par une violente explosion), personne n'a encore exprimé l'évidence, comme s'il fallait absolument la taire, par crainte peut-être d'effaroucher des lecteurs qu'on s'imagine sans doute en quête de divertissements purs – d'une littérature émolliente, nette de tout matériau susceptible d'être interprété... Certes, nos pertinents laudateurs devinent sans aucun doute que l'intérêt des aventures picarocambolesques du capitaine Villon ne tient pas qu'au charme de la reconstitution historique et au savoir-faire de l'auteur. Mais ils n'en font pas état. Cette évidence, il nous faut donc maintenant l'annoncer : Le Déchronologue, c'est le récit – à la première personne – d'un flibustier tellement hanté par la culpabilité (la sienne, comme celle des autres) que la stabilité de son monde s'en trouve dangereusement menacée. Et nous verrons que tous les éléments essentiels du roman (les maravillas ; la révolution des Itzas ; le George Washington ; les fusions permutantes qui résultent des temps conflictuels) sont étroitement liés à l'être-au-monde du capitaine Henri Villon. En bouleversant l'ordre des chapitres, Stéphane Beauverger ne cherche pas seulement à susciter l'effet de réel : la déchronologie, qui n'est jamais vraiment justifiée par les événements, témoigne aussi, à mon sens, de la volonté manifeste (et, disons-le, désespérée) du narrateur – Villon – de résoudre un tragique problème métaphysique...

     

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  • Coulez mes larmes, dit le capitaine

     

     

     

    Ma déchronique du Déchronologue, le nouveau roman de Stéphane Beauverger, n'étant encore qu'une chronique, en cours de déconstruction donc, je vous propose de vous faire écouter l'intégralité des chansons citées en épigraphe en tête de chaque chapitre. Prévoir un bon stock de tafia.

     

     

    « The Irish Rover » (épigraphe du roman), ambiance « on est tous pleins comme des outres »

    « La complainte du partisan » (chapitre I, p. 17), ambiance « armée des ombres »

    Waterboys, « Strange Boat » (chapitre XVI, p. 45), ambiance « écossais mélancoliques »

    « Lady Franklin's Lament » (chapitre XVII, p. 59), ambiance « fond de cale »

    « The Gallant poachers » (chapitre VI, p. 67), ambiance « taverne anglaise »

    « The Moonshiner » (chapitre II, p. 83), ambiance « Monty Python's Lumber Jack Song »

    The Coral, « The Spanish main » (chapitre VII, p. 99), ambiance « à l'abordage »

    New Model Army, « Vengeance » (chapitre XXII, p. 113), ambiance « dirty bastards »

    John Dowland, « Flow my Tears » (chapitre XI, p. 121), ambiance « on ferme les yeux et on pleure »

    Bonnie Prince Billy, « Death to everyone » (chapitre XIX, p. 139), ambiance « dans la boue du Bayou »

    Peadar Kearney, « The Foggy Dew » (chapitre XX, p. 157), ambiance « j'ai l'feu au kilt »

    « Le forban » (chapitre IX, p. 169), ambiance « matelot imbibé »

    « Jock Stewart » (chapitre XXIII, p. 191), ambiance « quatre heures du mat' au Rat-qui-Pette »

    Belly, « Full moon, empty heart » (chapitre III, p. 201), ambiance « minauderie »

    Bertold Brecht, « Seeräuber Jenny » (chapitre X, p. 213), ambiance « Lady Pirate en cabaret berlinois »

    Johnny Cash, « Folsom Prison Blues » (chapitre IV, p. 233), ambiance « j'ai buté un mec à Reno juste pour le voir crever »

    Patrick Pearse, « Oró, 'Sé do Beatha 'Bhaile » (chapitre VIII, p. 247), ambiance « bataille de Culloden »

    Sigur Ros, « Viðrar vel til loftárása » (chapitre XII, p. 263), ambiance « un temps idéal pour une bataille navale »

    Leonard Cohen, « Suzanne » (chapitre XV, p. 281), ambiance « Jésus à tribord »

    Grant Lee Buffalo, « Fuzzy » (chapitre XXI, p. 293), ambiance « tout est confus dans ma tête »

    Daniel Melingo, « Pequeño paria » (chapitre V, p. 307), ambiance « gaucho éraillé »

    Bel Canto, « Dewy Fields » (chapitre XIII, p. 317), ambiance « je flotte comme une burbuja dans l'éther »

    Angelo Branduardi, « Ballo in fa diesis minore » (chapitre XIV, p. 327), ambiance « rodomontades dans un pub napolitain »

    Alela Diane, « The Pirate's Gospel » (chapitre XXIV, p. 341), ambiance « yo ho yo ho, pirates et champs de coton »

    « Peggy Gordon » (chapitre XVIII, p. 349), ambiance « Celtes avinés »

    Killing Joke, « Mathematics of chaos » (chapitre XXV, p. 379), ambiance « apocalypse »

    Tom Waits, « No one knows I'm gone » (épilogue, p. 387), ambiance « générique de fin »

     

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