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le jardin schizologique

  • L'Amor en ce jardin

    jesus, christ, tsunami, tantamount

     

      

    « O Seigneur voici donc qu'au terme de ma vie

    D'humble personnage, dans mon capharnaüm

    (Vois donc mon bric-à-brac) voici que je dévie

    Des chemins tout tracés, aiguillés par les hommes »

     

    (A. S.-T., Tapisserie d’Anabelle)

     

     

     

    Pendant qu’en Mordor, certain invocateur des mânes du Logos pète une nouvelle durite et s’acharne ad hominem avec une violence délirante sur un ami zinzin, à qui nous levons ce soir notre ultime verre de Dernier-Empereur-Fumé, Le Jardin schizologique, serein comme un pape, poursuit son œuvre souterraine. Signalons ainsi à notre sympathique lecteur (et à toi aussi, charmante lectrice) quelques élogieuses recensions de notre anthologie bien-aimée.

    Claude Ecken montre, dans L'Ecran Fantastique de février, qu'une brève notule de type journalistique, dans une revue consacrée au cinéma de genre, n'empêche nullement de rendre compte, à l'intention du grand public, des forces singulières qui animent un livre (j'en suis d'autant plus conscient que, critique, j'ai toujours éprouvé les pires difficultés à ne pas me répandre en jouissives exégèses. Il est vrai aussi que l'exercice ne m'intéresse pas le moins du monde). « [On] est pas toujours sûr de tout comprendre, écrit-il, mais cela fait partie du jeu ». Que d’autres en prennent note…

    Le Jardin était également à l’honneur (à 46’40 environ) dans l'émission science-fictionnesque de la Salle 101 du jeudi 3 mars 2011. Le cousin Abdaloff, qui a particulièrement apprécié les nouvelles de Stéphane Beauverger et d’Alain Damasio (sans oublier Philippe Curval, Frédéric Serva ou encore David Calvo), y évoquait notre recherche d’une « émotion esthétique », et, au-delà de son incompréhension de certains textes, son sentiment fugace que quelque chose affleure, et qu’il convient d’aller chercher, certes non sans effort. Aux dires d’Abdaloff – qui, j’en suis heureux, a cité à propos de ma nouvelle Des Fleurs pour Algernon (mais personne n’a encore identifié la principale référence S.-F. de « False Reversion » !) –, notre livre « ouvre d’autres perspectives dans la perception de la littérature ». Rien que ça ! Comme le signale Raoul, le chef de famille Abdaloff, ce n’est pas un mince compliment.

    Enfin, pour Laurent Diouf, dans la page science-fiction de MCD (le webzine des « musiques et cultures digitales »), Le Jardin s'impose, « baroque, distordu, alambiqué, morcelé comme la pathologie dont [il] se réclame ».

    Il semblerait que le Jardin soit un livre de garde. Tout est pour le mieux. Permets donc, ami(e), que je te délaisse une nouvelle fois, pour me remettre illico à la partie versifiée de ma prochaine nouvelle (une pochade, tout au plus).

     

     

     

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  • L'étranger

     

    dexter

     

     

    Je réagis ici à la chronique du Jardin schizologique par Stéphane Gourjault (le même Gourjault qui qualifiait La Horde du contrevent, le magnifique livre d'Alain Damasio, de roman « moyen », « trop long », « trop complexe », « pas intéressant », « pas forcément à découvrir », « assez peu aisé à lire », avec des « tournures de phrases complexes » qui ne « servent pas le récit » et sont même « superflues », et j'en passe !), sur le site ActuSF. Si je souhaite laisser à notre ami la responsabilité de son jugement esthétique – quoique, ici les questions esthétiques en rejoignent d'autres, et quoiqu'il y aurait beaucoup à dire sur la pauvreté affligeante de la critique SF –, quelques reproches adressés au livre exigent quelque éclaircissement. Parce que, tout de même, faut pas pousser Tranzu dans les orties. Trouver nos nouvelles illisibles, soit. Il n'est pas le premier. Mais le faire en se prenant autant au sérieux, c'est un peu fort de café.

     

    D'abord, j'aurais manqué de « déontologie », en tant qu'anthologiste au sommaire de l'ouvrage que j'ai dirigé. Allons donc ! Ainsi que je l'ai déjà expliqué dans une interview accordée... au site ActuSF (!), dont Stéphane Gourjault ne peut pas ne pas avoir eu connaissance, les choses sont très claires : aucune nouvelle n'a été écartée au profit de False Reversion. Nous avons retenu tous les textes que nous jugions dignes de figurer au sommaire, et rejeté tous les autres. J'ai déjà écrit tout cela en interview, et nous assumons entièrement nos choix. Si Stéphane veut des détails, qu'il lise l'interview. N'y revenons plus, je vous prie.

     

    Ensuite, le livre est accusé de donner une image « caricaturale » des schizophrènes, « celle de gens vraiment dérangés, qu’il faudrait peut-être enfermer, tous, sans distinction, tant ils agissent de manières particulièrement folles, voire meurtrières, en oubliant d’évoquer qu’on peut la guérir autrement qu’à l’aide de cellules capitonnées et de traitements chimiques lourds »... Ah. Nous n'avons pas dû lire les mêmes textes. Stéphane Gourjault voit des personnages fous à lier et à enfermer, je ne vois que la souffrance d'êtres désocialisés, et en quête éperdue d'unité. Mais passons. La subjectivité, tout ça. Quant à ce que nous aurions oublié d'évoquer... Ce cher Stéphane aurait dû mieux se renseigner (au fait, écrire n'importe quoi, est-ce déontologique ?). La schizophrénie, on ne la guérit pas vraiment. Certains cas parviennent à une évolution positive sans déficit (après au moins dix ans de traitement neuroleptique), mais l'évolution peut aussi mener à l'affaiblissement d'esprit, ou à la démence. On ne la guérit pas, donc, on la traite. Avec une médication lourde – principalement des antipsychotiques, et ce, pour une raison très simple : selon les hypothèses les plus communément admises, l'origine de la maladie serait neurobiologique (la principale hypothèse incrimine le système de neuromodulation dopaminergique, comme le rappellent les passages barbares de False Reversion). Ceci n'est pas une caricature, ou un fantasme, mais une dramatique réalité (ça y est, je pontifie !). Les psychothérapies individuelles, familiales ou sociales jouent un rôle essentiel aujourd'hui, mais seulement en complément du traitement pharmacologique. D'ailleurs, peu importe, puisqu'aucune des treize nouvelles ne prétend donner un aperçu, même infime, d'une thérapie, quelle qu'elle soit. Nos personnages agissent parfois comme des déments ? Certains sont même – en apparence du moins – des meurtriers ? Quelques uns se suicident ? Et alors ?!? Nous parlons de littérature, ou bien ?...

     

    À l'évidence, le problème du billet d'opinion de Stéphane Gourjault n'est pas là. Interpréter n'est pas délirer. Il n'a tout simplement jamais été question d'écrire sur la schizophrénie, avec un cahier des charges (pouah !) représentatif des symptômes, des prises en charge ou des traitements. La littérature clinique est déjà suffisante (si Stéphane le souhaite, je peux lui fournir une bibliographie abondante...). Si soit dit en passant, j'avais malgré tout voulu réunir des textes sur le sujet, j'aurais dû exclure d'emblée plusieurs des nouvelles au sommaire : Sextuor pour solo de Francis Berthelot se situe du côté des troubles dissociatifs de l'identité, Née du givre de Mélanie Fazi est une variation sur le double, M.I.T. de Philippe Curval évolue entre transmigration des âmes et personnalités multiples, le narrateur d'Effondrement des colonies souffre à mon avis d'une forme particulière d'autisme, Connect I Cut s'intéresse explicitement – il cite ses sources, à savoir le cas Joey de La Forteresse vide de Bruno Bettelheim – à l'autisme infantile, etc. Non, vraiment, c'est grotesque.

     

    denrée, dinde, stéphane gourjaultBref, rien ne laissait penser – je n'ai commis aucune préface lénifiante, et le texte de quatrième de couverture parle non pas de nouvelles sur la schizophrénie, mais bien de nouvelles schizophréniques – à un pensum didactique, ou même à de simples prétentions pédagogiques. Il n'a jamais été question de délivrer le moindre « message », cette stupide tarte à la crème de la critique du dimanche. Encore moins de prodiguer au lecteur Gourjault un « apprentissage de lecture » (sic) ou un « élargissement de sa vision de la littérature » (sic) ! Quelle étrange idée. Il s'agissait seulement, et avant tout, de restituer, par des procédés esthétiques, une certaine expérience. Déambuler avec les schizos, dans leur jardin, joindre notre regard au leur, pour reprendre une belle image employée tout à l'heure par un volté. Abandonner la distance clinique. Voir avec eux, et non les voir, eux. « Le lecteur a plutôt l’impression d’avoir été placé sur le seuil d’un univers flou et lointain qu’il n’a pas envie de franchir. » écrit Stéphane Gourjault. Sans le savoir, notre top critique a touché du doigt l'essence même de cette anthologie. Ne s'est-il donc pas interrogé sur le sens du titre du livre, et sur celui de la phrase de Francis Berthelot citée en couverture ?... Le Jardin schizologique est une « invitation au passage », selon les mots du mystérieux volté. Un passage en effet, celui d'une rive – celle où évoluent les bien portants – à l'autre – celle, floue et lointaine (du moins tant qu'on se tient à distance), des schizos. Refuser ce geste, se détourner de leur univers parce qu'il est trop hermétique, et se contenter d'attendre qu'ils s'invitent dans le vôtre, bien consensuel, c'est, à jamais, et sciemment, rester un étranger.


     

     

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  • Schizo Shrubbery

     

     

    « d’excellents textes »

    Cafard cosmique

     

    Les cafards cosmiques ont lu Le Jardin schizologique. Du moins, l'un d'entre eux. Et s'il a dénombré dix-huit textes dans un livre qui n'en propose que treize, nous mettrons ça sur le compte d'un mauvais coup de Baygon – à trop regarder Le Festin Nu, on a certes tendance à sniffer la poudre pesticide... Bon, et alors, ce jardinet ? Eh bien, en définitive, il semble satisfaire l'auteur de la chronique, Tallis, et nous pouvons sans crainte poursuivre notre quête du Graal. Les nouvelles de Stéphane Beauverger (« plongée dans l’esprit d’un monstre psychopathe [...] à la fois fascinante et terrifiante »), d'Alain Damasio (« originalité formelle et émotion », « brio »), de Mélanie Fazi (itou), de David Calvo (« hors catégorie »), de Jacques Mucchielli & Léo Henry, de Frédéric Serva et de Marilou Gratini-levit (ces deux derniers faisant « mouche » avec une « narration paradoxalement éclatée et maîtrisée ») ont en effet séduit notre Thalys Eurostar (pardon). « Sextuor pour solo » (Francis Berthelot) est même, à juste titre, qualifié de « tour de force à la fois touchant et passionnant », et de « véritable musique de chambre à plusieurs voix ». En revanche, « The One » d'Hugues Simard est jugé trop banal, « Sacha » de Jeanne Julien est à peine évoqué, et, bizarrement, la nouvelle de Philippe Curval a disparu dans les limbes (que la doctrine catholique elle-même a perdus de vue, soit dit en passant. Fichues M.I.T., toujours à faire des trous dans les livres et les lois). Enfin, Sébastien Wojewodka et Thomas Becker (qui, de surcroît, observe une déontologie douteuse) ont eu l'impudence d'adopter « une approche assez formelle du sujet avec des constructions très travaillées et des choix stylistiques pour le moins marqués. Au risque de laisser le lecteur dans la peau d’un simple spectateur… » Que dire, sinon : Ni ! Ni ! 

     

     

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  • L’effroyable Jardin, revue de presse (2)

     

    Dans le cadre d’une « masse critique » organisée par Babélio, Le Jardin schizologique a été lu, et chroniqué, par lamantalo, qui, selon ses propres mots, a passé un bon moment, en dépit du relatif hermétisme de certains textes. Mention particulière pour les nouvelles de Stéphane Beauverger, d’Alain Damasio, de Francis Berthelot et de Jeanne Julien. Celles de Frédéric Serva, de Thomas Becker, de Philippe Curval et d'Hugues Simard l'ont également intéressée.

     

    Il semblerait que notre jardinet ait été remarqué par nos futures élites : l’animatrice Lucie, heureuse groupie du Dam (décidément), en parle (très, très brièvement) sur Level#27, l’émission geek de la radio des étudiants de Sciences Po, RSP. En bonus, la K-pop des sémillantes Girl’s Generation, « Oh! ». Pour écouter Level#27 c’est ici ! Les anthos, c’est aux alentours de la 22e minute. Vers la 32e, Lucie évoque La Horde du contrevent. Quant au blog de l’émission, il est quelque part par là.

     

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  • Schizo Garden, revue de presse

    Les recensions du Jardin schizologique se font un peu attendre, mais signalons tout de même la brève mais réjouissante note de lecture de Pierre Jouan, sur le site de Chronic'art (« Une plongée délicieuse au coeur de la folie et du chaos »), et une mention apparemment enthousiaste dans une critique (mitigée) de Ceux qui nous veulent du bien, l'autre anthologie de la Volte,  par Frédérique Roussel, dans le cahier livres de Libération (cf. image ci-dessous). Virevoltant, notre jardin ? Pourquoi pas... Enfin, sur son statut Twitter, un lecteur du livre (Julien Fouilhé) écrivait ceci : « C'est assez chaud Le Jardin Schizologique. Y'a des nouvelles bizarres et d'autres BIZARRES. » Voilà qui n'est pas faux.

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    Votre serviteur, ou l'un de ses doubles – Olivier, Thomas, Transhumain : qui suis-je vraiment ? – était en interview sur ActuSF (éditeur l'an dernier de W.O.M.B., petit livre que vous pouvez toujours vous procurer), puis sur la librairie en ligne Bibliosurf, où vous pouvez commander le Jardin. Attention, sur certains sites de vente (par exemple Cultura), le livre est référencé sous un autre titre, Vous sur une rive, nous sur l'autre, nous resterons des étrangers, phrase qui figure certes, seule, sur la mystérieuse première de couverture...

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