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présidentielles 2007

  • Politique et vasodilatation

     

     

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    « 1er février 1922

    Rien, rien que fatigué.

    Franz Kafka

     

    19 avril 1917

    Je suis tellement faible que je n’ose sortir. Je traîne misérablement jusqu’au soir.

    Léon Bloy

     

    23 août 1971

    Réveil nauséeux. Pourquoi ? Aucune envie de travailler.

    Raymond Abellio »

     

    Extraits tirés de Encore une journée pourrie… ou 365 bonnes raisons de rester au lit par Pierre Enckel (Seuil, coll. Points, 2007)

     

    Aviez-vous remarqué ? Les candidats et militants de tous bords, durant la campagne électorale, n’ont cessé de nous exhorter à « redresser » la France. Comme si la France débandait ! Qu’est-ce que cette rhétorique de la vasodilatation assistée ? À ce petit jeu, bien sûr, la droite l’emporte haut la main, au moins chez ses partisans. N’est-elle pas bleue, comme la petite pilule ?... N’a-t-elle fait son fond de commerce du « déclin » du pays ? Si Ségolène Royal et le Parti Socialiste se sont engouffrés dans la même voie, l’apocalyptique Philippe de Villiers reste imbattable. Les militants de Nicolas Sarkozy, eux, en ont également fait leur slogan, bien qu’en vérité le Président de la République préfère parler de « reprendre les choses en main » avec, en point de mire, le pouvoir d’achat comme puissance sexuelle. Ce n’est pas la France, que Nicolas Sarkozy veut redresser, mais l’économie. Exciter les Français avec les heures supplémentaires, faire bander la France avec sa turgescence, pardon, sa croissance. Pallier à l’impuissance de la France ? C’était précisément le premier des quinze points du projet de Nicolas Sarkozy : « 1. Mettre fin à l’impuissance publique »…

    Derrière cette obsession du « redressement », comme l’on dit aussi d’une « maison de redressement », se cache peut-être une volonté, consciente ou non, de dresser le peuple français. On se souvient des camps pour jeunes délinquants de Ségolène Royal. Et les leitmotive de Nicolas Sarkozy – l’ordre, l’autorité, le travail, ceux-qui-s’lèvent-tôt, etc. –, sont aussi ceux des pensionnats militaires, comme le Prytanée qu’évoque superbement Yannick Haenel dans Les Petits soldats (La Table Ronde, 1995), dont le narrateur, Jean Dorseuil, qui ne hait rien tant que l’esprit de corps, « cette fraternité veule à laquelle se raccrochaient faute de mieux beaucoup d’élèves », prépare sa désertion du néant avec les Pensées de Pascal. « Au Prytanée, la coercition était discrète, quoique permanente. Si nos corps sont si usés, si, pour finir, l’impatience nous inspira des actes dérisoires, beaucoup d’esbroufe et des arrogances étudiées, c’est que les punitions mêmes ne possédaient nul éclat : elles n’étaient que lassantes. » Le Viagra ne remplace pas le désir. Réfugié dans la bibliothèque poussiéreuse du Prytanée, Dorseuil découvre le seul royaume qui soit : celui des phrases, de la vie des phrases : « Il y aura dans ma vie des phrases qui sortiront constamment de ma tête, un sperme immortel et frais : du foutre de roi. Je propose d’en éclabousser le temps, lequel ne sera plus que ça : du foutre écrit. Ainsi, quand on me croisera, c’est un corps nouveau, enveloppé de semence, qu’on saluera. Ou alors, on ne verra rien. Ce sont des choses secrètes. Même lorsqu’on les affirme, elles restent secrètent : la joie du corps gicle dans les paroles du vent ». Le désenchantement du monde, de la France, se poursuit inexorablement, le citrate de sildénafil en lieu et place du désir. Sur son site officiel de campagne, Nicolas Sarkozy énumère ses « valeurs ». Le procédé est simplissime : une petite phrase, soulignée et en caractères gras, qui frappe les esprits, suivie d’un court texte d’explication, que personne ne lit vraiment. La première de ces valeurs ? « Je crois, d’abord et avant tout, à la France et aux Français ». Serait-ce à dire que Nicolas Sarkozy croit en chacun de nous, dans notre diversité même ? Certes non. La suite est éloquente : « Notre pays n'est pas seulement grand par son histoire : il est grand aussi par ses capacités. Les Français ont montré qu'ils savaient réussir dans le monde d'aujourd'hui. Ils font partie des peuples qui connaissent le mieux les autres pays du monde et qui y voyagent le plus. Ils se sont parfaitement adaptés à l'ère Internet. Ils ont créé des entreprises de premier ordre dans les domaines les plus pointus ; beaucoup de ces entreprises sont aujourd'hui des championnes mondiales. Enfin, malgré leurs différences, les Français ont toujours eu la générosité de ne pas abandonner à leur sort les plus faibles d'entre eux. » Voilà qui est plus clair. Nicolas Sarkozy croit à l’économie, aux entreprises françaises. Inutile de nous étendre sur les autres « valeurs » du Président : une seule, sur sept, ne concerne pas le travail, l’entreprise ou l’argent. Une seule.

    Pour ceux qui en douteraient encore, un excellent recueil de fragments de journaux intimes, aux éditions du Seuil (coll. Points), nous rappelle que la postérité n’a jamais appartenu à ceux qui se levaient tôt. Ça s’intitule Encore une journée pourrie… ou 365 bonnes raisons de rester au lit, par Pierre Enckel. Gide, Tolstoï, Abellio, Kafka, James, Mansfield, Woolf, Queneau, Morin, Matzneff, Barbey, Bloy, Calaferte, Louÿs, Nietzsche, Simenon, Cocteau, Hoffmann, Twain, Delacroix et les autres : tous des grosses feignasses. Mais enfin, puisqu’IL vous le dit !...

     

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  • Des fleurs pour Alkozy

     

     

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    « Le peuple français a choisi le changement. Ce changement, je l’mettrai en œuvre passque c'est le mandat qu’j'ai reçu du peuple et passque la France en a besoin ! »

    Nicolas Sarkozy, dans sa déclaration après son élection du 6 mai 2007

     

    Passque ? Mon Dieu. Il fut un temps où l'on exigeait du chef de l'État une certaine prestance, une expression impoccable... Et dire qu'on se moquait de Ségolène Royal...

     

    Demain, je vous parlerai brièvement de la rhétorique du Viagra qui a permis à Nicolas Sarkozy d’être élu Président.

     

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  • Malaise dans la civilisation

     

     

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    Nicolas Sarkozy est Président de la République, avec 53% des voix. Soit un peu moins que ce que prévoyaient les sondages (environ 54%), mais suffisamment pour ne faire aucune concession aux dizaines de millions de Français qui n'ont pas voté pour lui.

     

    Et Ségolène Royal, dont je doutais de la volonté réelle d’être élue, a effectivement l’air infiniment soulagée

     

    Putain.

     

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  • Nicolas Sarkozy, l'uchronie

     

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    À deux jours du second tour des élections présidentielles, les anti-sarkozy enfoncent le clou. Plusieurs écrivains de science-fiction ou d’autres « mauvais genres », s’engagent contre le candidat UMP. Bien sûr, la plupart de ces « short-short stories » sont des caricatures, souvent outrancières. Bien sûr, le spectre de la dictature, du totalitarisme, est brandi inconsidérément, comme si Sarkozy était un petit Führer en puissance, ce qu’il n’est assurément pas – le danger, je l’ai dit, est ailleurs. Bien sûr, « offrir des champs de vision » n’est pas à la portée de tout le monde – il y a peu de bons textes, et certains sont même très mauvais. Bien sûr. Mais quand la plupart des auteurs français de science-fiction et d’imaginaire, et parmi eux les plus remarquables comme Alain Damasio, Stéphane Beauverger, Catherine Dufour, Serge Lehman, Francis Berthelot ou Fabrice Colin, sans oublier Ayerdhal, Jean-Claude Dunyach, Sylvie Denis ou Roland C. Wagner – en fait, peu manquent à l’appel, même si pour l’heure beaucoup n’ont pas encore donné leur contribution –, quand tous nous prédisent qu’avec Sarkozy au pouvoir l’avenir ne sera pas des plus agréables, il faut savoir les écouter.

     

    L’appel et les microfictions sont disponibles par exemple sur bibliosurf.com, la librairie en ligne de Bernard Strainchamps (ex-patron du site mauvaisgenres.com).

     

    Sans oublier, ici-même : Nicolas Sarkozy, le fist-fucking de masse considéré comme l’un des beaux-arts

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  • Nicolas Sarkozy, le fist-fucking de masse considéré comme l’un des beaux-arts

     

     

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    Joel Peter Witkin, Arm Fuck, 1982 

     

    « Tout le monde sait que les RTT ne servent à rien, si l’on a pas assez d’argent pour emmener ses enfants en vacances ! »

    Nicolas Sarkozy

     

    « Non, pauvre con. Tout le monde sait que les enfants sont heureux d’avoir leur papa quelques heures de plus avec eux à la maison ! »

    Le Transhumain

     

    Je viens de m’envoyer, sur La Chaîne Parlementaire, un meeting de Nicolas Sarkozy. Un meeting ? Un cauchemar, plutôt. Une foule hystérique, à perte de vue, extatiquement pendue aux lèvres du Sauveur. Travail ! Nation ! Ordre ! Effort ! Travail ! Travail ! Travail ! Amen ! Ce triste sire n’a que ce mot à la bouche. Travail. Comme s’il voulait que nous nous jetions dans le taff à corps perdu, pour oublier la merde dans laquelle il va nous plonger. Travail, Ordre, Identité nationale. Belles valeurs, j’en conviens, mais, comment dire, un peu trop militaires, non ?... Travaillez, robots idolâtres, travaillez, ou vous finirez à la casse ! Le partage ? Connaît pas, le nain. Les loisirs ? Les arts ? La divine paresse ? Il connaît, le nain. Des démons surgis en 1968, qu’il nous promet de terrasser. Oui, « mes chers amis », il faut travailler, faire des efforts, sans cesse, à jamais, jusqu’à en crever ! Je comprends qu’on puisse adhérer à ses idées. Pas qu’on puisse vibrer pour un show aussi superficiel que pestilentiel, entre la Star Academy et Laurent Gerra. Putain de culte de la personnalité ! Vous vibrez, parce que Nicolas Sarkozy est un vibro-masseur. Au lien, il préfère les liens, ceux qui enferment. Mais qu’il soit clown ou tyran, vous n’avez aucune excuse, vous les adorateurs du veau d’or, qui vous prosternez devant lui à chacune de ses apparitions !  

     

    The Sark side of the moon

     

    « Travailler plus pour gagner plus », nous rabâche le nématode, des éclairs mauvais dans le regard, faisant miroiter à des millions de Français chafouins une hausse substantielle de leur pouvoir d’achat. Ce n’est pourtant, comme chacun de ses faux arguments, qu’un slogan tiré du néant, une sinistre escroquerie que ce cabotin dopé au tranxène essaie de nous faire avaler à grands coups de déclarations d’amour. Ah, il veut nous protéger ?... Ah, il veut notre bien à tous ?... Ah, il est notre sauveur ?... Foutaises ! Je vois la fourberie dans les yeux du ver. Les yeux ne mentent pas. Je vois l’ordure. Je vois le fric. Je vois. Je vois les millions d’aigris qui le suivent comme le dieu Pan. Langue de vipère ! Travailler plus pour gagner plus, hein ?... Un mensonge pur et simple !... Une ruse de Sarkoumane le traître ! De grâce, ne soyez pas dupes de ses effets de manche ! Ou il vous les enfoncera bien profond, ses manches, jsuqu'aux épaules, avant de les essuyer sur ses valets ! Mais il faut croire que vous aimez ça. Pas besoin de lubrifiant, ça glisse tout seul. Je regarde Sarkozy, et autour de lui ses soutiens (Johnny Hallyday, Arthur, Jean-Marie Bigard, Didier Barbelivien), son troupeau aveugle immense, fanatisé. Je le regarde, et que vois-je ? Je vois la décadence d’un peuple qui se prend d’admiration pour un communiquant sans foi ni loi. Qui se prosterne devant son parasite ! Nicolas Sarkozy n’a jamais été, et ne sera jamais, le défenseur des salariés, des pauvres, des honnêtes travailleurs. Et d’ailleurs, l’argent comme seul horizon – mais comme horizon lointain –, ça vous excite, vous ? Ça vous transporte ?... Allons ! Relevez-vous ! Vous me dégoûtez, à vous vautrer ainsi dans l’idolâtrie la plus méprisable ! Ah, les sangsues ! Ah, les filaires ! Ah, les douves ! Horreur ! Horreur ! Votre maître, dont la ressemblance avec Christian Clavier est frappante, vous fera travailler plus, ou gagner moins, selon votre situation, mais en vérité peu d’entre vous gagneront vraiment à « travailler plus ». « Réhabiliter le travail »… Quoi, nous sommes des branleurs, c’est ça ? Quand je fais mes trente-cinq heures, souvent plus, sans compter mes deux ou trois heures de transport quotidiennes, je suis un fainéant ? Un tire-au-flanc ? Suis-je né au monde pour abandonner femme et enfants au Dieu Travail ? Pour devenir le rouage d’une Machine ? Ah, ils sont beaux, nos amis du Verbe et la Transcendance, qui tout soudain nous exhortent à emboîter le pas du pape de l’Anome ! Ça suffit les traîtres ! À la benne les vendus ! L’histrion de Mammon ne cesse de vous agonir d’injures, car il vous sait masochistes, le nain, il s’en lèche les babines. Pour lui mai 68 est un virus qui aurait contaminé nos gènes. Selon lui, les 35 heures (qui en réalité ont permis à des millions de Français de retrouver une vie de famille, de s’épanouir dans des activités extraprofessionnelles et même, mais oui, de consommer, comme en témoigne la densité humaine dans les grandes surfaces, le vendredi après-midi), selon lui donc, les 35 heures ont détruit l’hôpital… Ah, c’est vrai, j’oubliais : quand une infirmière atteint soixante heures hebdomadaires, elle est plus efficace… La fatigue, le moral à zéro, la tremblote : autant d’atouts pour une santé publique irréprochable ! Quant à sa vie privée, à l’infirmière, elle n’a aucune raison d’être, voyons. La bonne blague ! Vous n’êtes pas né pour jouir, mais pour souffrir, pour crever dans d’atroces souffrances. La Nation vous honorera d’une gerbe. Beurk. Assez ri. Ne comptez pas sur ce faux derche, surtout, pour lui redonner vie, à l’hôpital ! À moins que vous ne soyez riche, mais les riches je m’en fous, les riches sont riches, ils n’ont pas besoin du Président de la République, sinon pour s’enrichir encore. Rien à cirer des riches. D’ailleurs c’est aux pauvres que s’adresse Nicolas Sarkozy. C’est leurs entrailles qu’il fouaille de ses gants de latex, pour s’en repaître et en abreuver ses consanguins du patronat. Travail ! Effort ! Nation ! Travail ! Travail ! Travail ! Ah ! Il suffit ! Allez tous vous faire foutre, adorateurs serviles du petit ver plat ! Je parie que les seuls bénéficiaires de ses mesures populistes seront ceux qui n’en ont jamais eu besoin. Celui qui se tue au travail pour payer son loyer, celle qui meurt pour que ses enfants dorment dans un lit, votre maître n’en a cure. S’il les courtise, c’est uniquement pour qu’ils le portent au pouvoir. Il se sert d’eux. Ils sont ses hôtes. Ses porteurs. L’immonde. Le parasite. Si l’État encadre légalement la durée de travail – heureusement, sans quoi les pères seraient des étrangers pour leurs propres enfants –, l’utilisation des heures supplémentaires en revanche, et leur mode de rétribution, dépendent de la seule volonté de l’employeur, et en dépendront toujours, comme le concèdent à regret – en s’arrachant la gueule – les sbires du plasmodium sur les ondes ou sur les plateaux TV. C’est vrai, ils bandent, les salauds ! Ils jubilent, les croque-morts ! Ces François Fion ! Ces Raffarien ! Ces ankylostomes ! Ils ne vous feront pas de cadeau, les ténias ! Quand la sarcose vous promet une augmentation de votre pouvoir d’achat, il ne s’agit en fait que d’inciter les entreprises à recourir aux heures supplémentaires. Vous le savez, n’est-ce pas ? « Inciter »… Quel genre d’incitation ? Élémentaire : on exonère les heures supplémentaires des charges sociales. N’importe quel babouin devinerait que la première conséquence serait une diminution des embauches. Car enfin, pourquoi payer un employé à temps plein si les contrats existants peuvent assurer le travail à eux seuls, pour un moindre coût ? Mais il est vrai que les babouins aussi se font déchirer par les vers.

     

    Sark Vador

     

    Le problème est donc simple : non seulement les travailleurs n’ont jamais eu, et n’auront jamais le choix de « travailler plus pour gagner plus », mais de surcroît les heures supplémentaires leur sont souvent imposées. Et bien sûr, qui dit exonération de charges sociales, dit aussi exonération de prestations sociales… J’espère que ceux d’entre vous qui auront voté pour Nicolas Sarkozy sauront s’en souvenir, sur leur lit d’hôpital, quand la fortune les aura quitté, quand leur train de vie aura subitement chuté. Quand vous crèverez parmi nous. Vous travaillerez plus, peut-être, si votre patron vous le demande, pour des prestations sociale similaires, voire réduites, car le programme de l’enragé – l’Étoile de la Mort – ne s’arrête évidemment pas là, et nous pouvons prédire sans risque que la France de demain, sous le règne de Sarkozy, ressemblera de plus en plus à l’Angleterre de Mme Thatcher, ou aux Etats-Unis de monsieur Bush. Fabrice Colin, de retour des States, écrivait au lendemain du premier tour des élections : « Se rappeler que ce pays, le nôtre, est, et a toujours été, de droite – les exceptions sont des malentendus ; savoir que Nicolas Sarkozy est présenté aux USA comme le candidat pro market et pro america ce qui, quand on croise au même moment des armées de clodos démantibulés, livrés à la folie pure, s'invectivant en haillons au-delà du désespoir dans l'ombre des limousines rutilantes aux vitres sans tain de Market Street, donne une idée assez juste de l'avenir […] » Il suffit de faire un tour sur le périphérique francilien pour avoir en chair et en os, surtout en os, les prémices de la déréliction sociale qui attend la France de Sarkozy ou de ses larves.

     

    Ça va sarkler !

     

    Et bien entendu, le sournois, le puant Sméagollum s’est bien gardé d’évoquer le cas des fonctionnaires. Certes, il propose de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux. Ce qui est irréalisable, sauf à réduire dramatiquement la qualité du service au public sur l’ensemble du territoire ou dans certaines zones jugées moins rentables. Notez qu’il n’a jamais énoncé clairement dans quels ministères, dans quels types de collectivités, les effectifs seraient prélevés. La police ? Les hôpitaux ? L’éducation ? Impossible. Les collectivités territoriales – qui à elles seules représentent un tiers des cinq millions de fonctionnaires – ? Elles sont déjà exsangues. Alors, où ? Autrement dit, à moins de fermer les bibliothèques, les écoles, les hôpitaux ou les commissariats, son régime d’amaigrissement est une arnaque. Ah, mais j’y songe ! Peut-être souhaitez-vous que les pauvres ne soient plus soignés ? Que leurs gosses ne soient plus instruits ? Que leurs maisons flambent sous votre œil goguenard ? Qu’ils vous laissent lire votre Figaro à la médiathèque ? Non ?... La notion de service public, ça ne vous dit rien ? Bandes de cancres ! Racaille ! Avant de réclamer le rétablissement des cours d’éducation civique à l’école, apprenez, vous, ce que sont vos institutions ! Vous exigez des étrangers qu’ils passent un examen de passage, quand la plupart d’entre vous, sans rire, seraient rigoureusement incapables de répondre au plus basique questionnaire sur le fonctionnement de leur propre pays ! Barbares de mes deux. Votre vermenteur prétend donc diminuer le nombre de fonctionnaires pour, dit-il, les rétribuer à leur juste valeur... Vous y croyez ? Vous gobez tout ce qu’on vous raconte, vous ! Vermisseaux ! D’abord, nous l’avons vu, jusqu’à preuve du contraire, le nombre de fonctionnaires ne peut pas être réduit suffisamment pour impacter notablement leurs salaires. Ensuite, on ne me fera pas croire que Nicolas Sarkozy, ministre sortant – PENDANT CINQ ANS, nom de Dieu ! – d’un gouvernement qui n’a cessé de geler les salaires de la fonction publique, sera l’homme providentiel qui fera soudain s’envoler notre pouvoir d’achat… Et puis quoi encore ? Vous croyez aussi qu’il va multiplier les pains ?... Ah ! Sarkozy n’incarne pas la rupture, mais la pourriture, celle qui menace de gangrener le pays dans les années à venir – quand la France rejouera Land of the Dead en live. Enfin, si vous étiez instruit, vous sauriez que les fonctionnaires, pour la plupart, ne sont pas payés pour les heures supplémentaires effectuées.  C’est ainsi. Que son contrat soit de droit public ou de droit privé, l’employé se fait toujours fister en beauté.

     

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