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Nicolas Sarkozy, le fist-fucking de masse considéré comme l’un des beaux-arts

 

 

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Joel Peter Witkin, Arm Fuck, 1982 

 

« Tout le monde sait que les RTT ne servent à rien, si l’on a pas assez d’argent pour emmener ses enfants en vacances ! »

Nicolas Sarkozy

 

« Non, pauvre con. Tout le monde sait que les enfants sont heureux d’avoir leur papa quelques heures de plus avec eux à la maison ! »

Le Transhumain

 

Je viens de m’envoyer, sur La Chaîne Parlementaire, un meeting de Nicolas Sarkozy. Un meeting ? Un cauchemar, plutôt. Une foule hystérique, à perte de vue, extatiquement pendue aux lèvres du Sauveur. Travail ! Nation ! Ordre ! Effort ! Travail ! Travail ! Travail ! Amen ! Ce triste sire n’a que ce mot à la bouche. Travail. Comme s’il voulait que nous nous jetions dans le taff à corps perdu, pour oublier la merde dans laquelle il va nous plonger. Travail, Ordre, Identité nationale. Belles valeurs, j’en conviens, mais, comment dire, un peu trop militaires, non ?... Travaillez, robots idolâtres, travaillez, ou vous finirez à la casse ! Le partage ? Connaît pas, le nain. Les loisirs ? Les arts ? La divine paresse ? Il connaît, le nain. Des démons surgis en 1968, qu’il nous promet de terrasser. Oui, « mes chers amis », il faut travailler, faire des efforts, sans cesse, à jamais, jusqu’à en crever ! Je comprends qu’on puisse adhérer à ses idées. Pas qu’on puisse vibrer pour un show aussi superficiel que pestilentiel, entre la Star Academy et Laurent Gerra. Putain de culte de la personnalité ! Vous vibrez, parce que Nicolas Sarkozy est un vibro-masseur. Au lien, il préfère les liens, ceux qui enferment. Mais qu’il soit clown ou tyran, vous n’avez aucune excuse, vous les adorateurs du veau d’or, qui vous prosternez devant lui à chacune de ses apparitions !  

 

The Sark side of the moon

 

« Travailler plus pour gagner plus », nous rabâche le nématode, des éclairs mauvais dans le regard, faisant miroiter à des millions de Français chafouins une hausse substantielle de leur pouvoir d’achat. Ce n’est pourtant, comme chacun de ses faux arguments, qu’un slogan tiré du néant, une sinistre escroquerie que ce cabotin dopé au tranxène essaie de nous faire avaler à grands coups de déclarations d’amour. Ah, il veut nous protéger ?... Ah, il veut notre bien à tous ?... Ah, il est notre sauveur ?... Foutaises ! Je vois la fourberie dans les yeux du ver. Les yeux ne mentent pas. Je vois l’ordure. Je vois le fric. Je vois. Je vois les millions d’aigris qui le suivent comme le dieu Pan. Langue de vipère ! Travailler plus pour gagner plus, hein ?... Un mensonge pur et simple !... Une ruse de Sarkoumane le traître ! De grâce, ne soyez pas dupes de ses effets de manche ! Ou il vous les enfoncera bien profond, ses manches, jsuqu'aux épaules, avant de les essuyer sur ses valets ! Mais il faut croire que vous aimez ça. Pas besoin de lubrifiant, ça glisse tout seul. Je regarde Sarkozy, et autour de lui ses soutiens (Johnny Hallyday, Arthur, Jean-Marie Bigard, Didier Barbelivien), son troupeau aveugle immense, fanatisé. Je le regarde, et que vois-je ? Je vois la décadence d’un peuple qui se prend d’admiration pour un communiquant sans foi ni loi. Qui se prosterne devant son parasite ! Nicolas Sarkozy n’a jamais été, et ne sera jamais, le défenseur des salariés, des pauvres, des honnêtes travailleurs. Et d’ailleurs, l’argent comme seul horizon – mais comme horizon lointain –, ça vous excite, vous ? Ça vous transporte ?... Allons ! Relevez-vous ! Vous me dégoûtez, à vous vautrer ainsi dans l’idolâtrie la plus méprisable ! Ah, les sangsues ! Ah, les filaires ! Ah, les douves ! Horreur ! Horreur ! Votre maître, dont la ressemblance avec Christian Clavier est frappante, vous fera travailler plus, ou gagner moins, selon votre situation, mais en vérité peu d’entre vous gagneront vraiment à « travailler plus ». « Réhabiliter le travail »… Quoi, nous sommes des branleurs, c’est ça ? Quand je fais mes trente-cinq heures, souvent plus, sans compter mes deux ou trois heures de transport quotidiennes, je suis un fainéant ? Un tire-au-flanc ? Suis-je né au monde pour abandonner femme et enfants au Dieu Travail ? Pour devenir le rouage d’une Machine ? Ah, ils sont beaux, nos amis du Verbe et la Transcendance, qui tout soudain nous exhortent à emboîter le pas du pape de l’Anome ! Ça suffit les traîtres ! À la benne les vendus ! L’histrion de Mammon ne cesse de vous agonir d’injures, car il vous sait masochistes, le nain, il s’en lèche les babines. Pour lui mai 68 est un virus qui aurait contaminé nos gènes. Selon lui, les 35 heures (qui en réalité ont permis à des millions de Français de retrouver une vie de famille, de s’épanouir dans des activités extraprofessionnelles et même, mais oui, de consommer, comme en témoigne la densité humaine dans les grandes surfaces, le vendredi après-midi), selon lui donc, les 35 heures ont détruit l’hôpital… Ah, c’est vrai, j’oubliais : quand une infirmière atteint soixante heures hebdomadaires, elle est plus efficace… La fatigue, le moral à zéro, la tremblote : autant d’atouts pour une santé publique irréprochable ! Quant à sa vie privée, à l’infirmière, elle n’a aucune raison d’être, voyons. La bonne blague ! Vous n’êtes pas né pour jouir, mais pour souffrir, pour crever dans d’atroces souffrances. La Nation vous honorera d’une gerbe. Beurk. Assez ri. Ne comptez pas sur ce faux derche, surtout, pour lui redonner vie, à l’hôpital ! À moins que vous ne soyez riche, mais les riches je m’en fous, les riches sont riches, ils n’ont pas besoin du Président de la République, sinon pour s’enrichir encore. Rien à cirer des riches. D’ailleurs c’est aux pauvres que s’adresse Nicolas Sarkozy. C’est leurs entrailles qu’il fouaille de ses gants de latex, pour s’en repaître et en abreuver ses consanguins du patronat. Travail ! Effort ! Nation ! Travail ! Travail ! Travail ! Ah ! Il suffit ! Allez tous vous faire foutre, adorateurs serviles du petit ver plat ! Je parie que les seuls bénéficiaires de ses mesures populistes seront ceux qui n’en ont jamais eu besoin. Celui qui se tue au travail pour payer son loyer, celle qui meurt pour que ses enfants dorment dans un lit, votre maître n’en a cure. S’il les courtise, c’est uniquement pour qu’ils le portent au pouvoir. Il se sert d’eux. Ils sont ses hôtes. Ses porteurs. L’immonde. Le parasite. Si l’État encadre légalement la durée de travail – heureusement, sans quoi les pères seraient des étrangers pour leurs propres enfants –, l’utilisation des heures supplémentaires en revanche, et leur mode de rétribution, dépendent de la seule volonté de l’employeur, et en dépendront toujours, comme le concèdent à regret – en s’arrachant la gueule – les sbires du plasmodium sur les ondes ou sur les plateaux TV. C’est vrai, ils bandent, les salauds ! Ils jubilent, les croque-morts ! Ces François Fion ! Ces Raffarien ! Ces ankylostomes ! Ils ne vous feront pas de cadeau, les ténias ! Quand la sarcose vous promet une augmentation de votre pouvoir d’achat, il ne s’agit en fait que d’inciter les entreprises à recourir aux heures supplémentaires. Vous le savez, n’est-ce pas ? « Inciter »… Quel genre d’incitation ? Élémentaire : on exonère les heures supplémentaires des charges sociales. N’importe quel babouin devinerait que la première conséquence serait une diminution des embauches. Car enfin, pourquoi payer un employé à temps plein si les contrats existants peuvent assurer le travail à eux seuls, pour un moindre coût ? Mais il est vrai que les babouins aussi se font déchirer par les vers.

 

Sark Vador

 

Le problème est donc simple : non seulement les travailleurs n’ont jamais eu, et n’auront jamais le choix de « travailler plus pour gagner plus », mais de surcroît les heures supplémentaires leur sont souvent imposées. Et bien sûr, qui dit exonération de charges sociales, dit aussi exonération de prestations sociales… J’espère que ceux d’entre vous qui auront voté pour Nicolas Sarkozy sauront s’en souvenir, sur leur lit d’hôpital, quand la fortune les aura quitté, quand leur train de vie aura subitement chuté. Quand vous crèverez parmi nous. Vous travaillerez plus, peut-être, si votre patron vous le demande, pour des prestations sociale similaires, voire réduites, car le programme de l’enragé – l’Étoile de la Mort – ne s’arrête évidemment pas là, et nous pouvons prédire sans risque que la France de demain, sous le règne de Sarkozy, ressemblera de plus en plus à l’Angleterre de Mme Thatcher, ou aux Etats-Unis de monsieur Bush. Fabrice Colin, de retour des States, écrivait au lendemain du premier tour des élections : « Se rappeler que ce pays, le nôtre, est, et a toujours été, de droite – les exceptions sont des malentendus ; savoir que Nicolas Sarkozy est présenté aux USA comme le candidat pro market et pro america ce qui, quand on croise au même moment des armées de clodos démantibulés, livrés à la folie pure, s'invectivant en haillons au-delà du désespoir dans l'ombre des limousines rutilantes aux vitres sans tain de Market Street, donne une idée assez juste de l'avenir […] » Il suffit de faire un tour sur le périphérique francilien pour avoir en chair et en os, surtout en os, les prémices de la déréliction sociale qui attend la France de Sarkozy ou de ses larves.

 

Ça va sarkler !

 

Et bien entendu, le sournois, le puant Sméagollum s’est bien gardé d’évoquer le cas des fonctionnaires. Certes, il propose de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux. Ce qui est irréalisable, sauf à réduire dramatiquement la qualité du service au public sur l’ensemble du territoire ou dans certaines zones jugées moins rentables. Notez qu’il n’a jamais énoncé clairement dans quels ministères, dans quels types de collectivités, les effectifs seraient prélevés. La police ? Les hôpitaux ? L’éducation ? Impossible. Les collectivités territoriales – qui à elles seules représentent un tiers des cinq millions de fonctionnaires – ? Elles sont déjà exsangues. Alors, où ? Autrement dit, à moins de fermer les bibliothèques, les écoles, les hôpitaux ou les commissariats, son régime d’amaigrissement est une arnaque. Ah, mais j’y songe ! Peut-être souhaitez-vous que les pauvres ne soient plus soignés ? Que leurs gosses ne soient plus instruits ? Que leurs maisons flambent sous votre œil goguenard ? Qu’ils vous laissent lire votre Figaro à la médiathèque ? Non ?... La notion de service public, ça ne vous dit rien ? Bandes de cancres ! Racaille ! Avant de réclamer le rétablissement des cours d’éducation civique à l’école, apprenez, vous, ce que sont vos institutions ! Vous exigez des étrangers qu’ils passent un examen de passage, quand la plupart d’entre vous, sans rire, seraient rigoureusement incapables de répondre au plus basique questionnaire sur le fonctionnement de leur propre pays ! Barbares de mes deux. Votre vermenteur prétend donc diminuer le nombre de fonctionnaires pour, dit-il, les rétribuer à leur juste valeur... Vous y croyez ? Vous gobez tout ce qu’on vous raconte, vous ! Vermisseaux ! D’abord, nous l’avons vu, jusqu’à preuve du contraire, le nombre de fonctionnaires ne peut pas être réduit suffisamment pour impacter notablement leurs salaires. Ensuite, on ne me fera pas croire que Nicolas Sarkozy, ministre sortant – PENDANT CINQ ANS, nom de Dieu ! – d’un gouvernement qui n’a cessé de geler les salaires de la fonction publique, sera l’homme providentiel qui fera soudain s’envoler notre pouvoir d’achat… Et puis quoi encore ? Vous croyez aussi qu’il va multiplier les pains ?... Ah ! Sarkozy n’incarne pas la rupture, mais la pourriture, celle qui menace de gangrener le pays dans les années à venir – quand la France rejouera Land of the Dead en live. Enfin, si vous étiez instruit, vous sauriez que les fonctionnaires, pour la plupart, ne sont pas payés pour les heures supplémentaires effectuées.  C’est ainsi. Que son contrat soit de droit public ou de droit privé, l’employé se fait toujours fister en beauté.

 

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Commentaires

  • Merci pour cette note ! Si par chance vos 10 000 lecteurs mensuels pouvaiet comme un seul homme, même si ça leur fait envie, comme les moutons de ce cher Panurge, ne pas voter pour le nabot (et encore, j'aime pas me moquer du physique) dimanche prochain, ce serait déjà ça.
    Allez les gens, oubliez un peu qu'en face de Sarko, il y a l'autre débile (et surtout toute sa clique) et dites vous que tout, oui, même elle, ça vaut mieux que le roquet arriviste.
    Merci !

  • Bravo ! Bien dy ! On dirait du Jack Barron!

  • Merci Limbo.
    En ce moment la chaîne parlementaire passe un documentaire sur Sarkozy. On y voit très bien combien ses positions sont changeantes...
    Par ailleurs, je découvre avec stupéfaction qu'il bossait au ministère avec autour de lui Cécila et ses gosses ! C'est sûr, RTT ou pas, il ne s'en fait pas, lui...

  • Du Jack Barron ? Cool ! Un de mes romans préférés, Mauricette.

  • En fait, je me dis que ça sert à rien de prouver que Sarkozy est un connard autoritaire, despotique, malhonnête, arriviste, opportuniste, qu'il place ses potes ou sa famille autour de lui (pas que pour les RTT) etc... parce que finalement tout le monde le sait non ? On les connait tous ses défauts, tout comme on connaissait les défauts de Chirac en 2002, ça ne l'a pas empèché de faire pas loin de 20% au premier tour. Non, ce qu'il faut, c'est des textes comme les votres, qui démontrent parfaitement, la façon dont nous serons sur le carreau. Et que les électeurs, oui tous ceux qui comme vous et moi le sentiront bien passer, bien profond et sans ménagement, comprennent qu'il faut l'empêcher d'y arriver. Mais bon, je me dis aussi, que finalement c'est De Gaulle qui avait raison (non je déconne là hein...) : Les français sont des veaux...

  • Autre image allant dans le sens de votre diatribe juste et parfaite:
    http://champlibre.blog.lemonde.fr/2007/04/27/sarko-un-super-vilain-heros-oublie/

  • Presque entièrement d'accord avec toi. Presque ? A ceci : « Non, pauvre con. Tout le monde sait que les enfants sont heureux d’avoir leur papa quelques heures de plus avec eux à la maison ! » je rajouterais « Et leur maman aussi »

    ;-)

    Lucie

  • Oui, Transhumain, la politique n'est plus qu'une branche parmi d'autres de la parasitologie !
    Cette droite inféodé au fric et aux puissants, aux lobbies, ce n'est pas "la" droite, en tous cas pas la mienne... mais c'est notre plus proche avenir, alors votre texte est des plus nécessaires.

  • Texte très fort, complètement fou et en effet totalement incompatible avec ce que d'autres et moi ont écrit... Remarquable en revanche la compatibilité anti-sarkoziste qui apparaît entre une (extrême) droite mystique vaguement royaliste et une extrême gauche aux sympathies révolutionnaires. La haine du libéralisme (mélangée à un mépris plus ou moins avoué de la démocratie) fait votre union sacrée. A vous deux, vous représentez les deux Frances archétypales, celles du royaume et de la rue, de l'autel et du syndicat, de Barrès et de Jaurès, de Jeanne d'Arc et de Jacquou le croquant.

    PS : Margaret Thatcher est tout de même la femme qui a sauvé l'Angleterre. Et Tony Blair n'a fait que reprendre son héritage.
    (Je sais, comme tout le reste, ça se discute)

  • Et comme je ne suis pas susceptible, je vous envoie ce gag qui m'a fait bien rire :

    http://www.dailymotion.com/video/x1nc1h_exclu-sarko-est-mort

  • http://surlering.com/article.php/id/5174

  • Alors ça, c'est envoyé.
    Putain, ça fait plaisir.
    La vidéo mise en lien par Montalte est vraiment très amusante.

    Juste un petit bémol malgrè tout. Serions nous encore dans le (presque) tout sauf Sarko ? Le projet du PS et de Sego ne vous emballe pas ?

    Amicalement

  • Eh oui Lucie, je parlais à Nicolas, d'homme à homme ! Ludovic, bien sûr, je ne mets pas toutes les droites dans le même sac, même s'il faut reconnaître que dans cette élection, toutes paraissent se rallier à Sarko...

    Non Aïn, le projet de Royal ne m'emballe pas vraiment. Mais rien de comparable, bien sûr, avec celui de Sarkozy. Plutôt Ségo, en fait. Mais jamais je ne donnerai ma voix au candidat du patronat, de la dérégulation économique, de l'apauvrissement de l'état, de la baisse des impôts, etc. De la devise républicaine, Sarkozy n'a retenu que la liberté, enfin, disons la liberté d'entreprendre. Egalité, fraternité ? Des paroles en l'air sans doute. Ce type va nous saigner.

    Montalte, la compatibilité avec l'extrême-droite serait plutôt à chercher du côté de Sarkozy... Les voix des électeurs du FN lui sont acquises... Et je ne suis pas anti-libéral, je suis socio-démocrate. Le crédo ultralibéral est assez con, conviens-en : moins de règles ! moins de règles ! moins de règles ! jusqu'au chaos social. Le pire est que ce n'est même pas une caricature. Les lois et protections, pour la doctrine ultralibérale, sont des dommages collatéraux. Des freins qu'on peut ronger de temps en temps, jusqu'à les faire céder. Il faut donner au peuple français les moyens d'être compétitif, d'accord, mais aussi, c'est essentiel, ceux de se protéger socialement. Remarque que les patrons, eux, se protègent au-delà de toute décence... Admettons que Sarkozy veuille vraiment valoriser le travail. Pourquoi diable le fric serait-il le seul moyen de le valoriser ?!? Valoriser, pour lui, c'est payer en cash. Pardon, mais j'ai d'autres valeurs, moi. L'idée que l'on puisse être récompensé de son travail par du temps passé avec ses proches, par du temps libre, ne vous a jamais traversé l'esprit ? Les RTT, tant critiquées par Sarkozy et la droite, reposent précisément sur ce principe. Plus vous bossez, plus vous gagner du capital temps. L'argent n'est pas une récompense ! L'argent que vous gagnez justifie le fait que vous travaillez ! Pas l'inverse ! La récompense, la volorisation, on la trouve ailleurs. J'en veux pour preuve que les formateurs en management nous apprennent d'emblée que le salaire ne saurait constituer une motivation durable (même si, bien sûr, un salaire trop bas est source de démotivation). Une augmentation de la rémunération est source d'une motivation intense peut-être, mais très éphémère. Quand le Français moyen qui aura élu Sarkozy aura ses premières primes d'heures supplémentaires, il sera content, il ira fêter ça. Le deuxième mois, sa joie sera déjà moindre. A partir du troisième, la routine s'installe. Et très vite, notre Français moyen se prendra à regretter le temps où pour une satisfaction identique, il avait trois ou quatre heures de plus à consacrer à sa femme, à ses gosses, à ses potes, au foot ou à la littérature. Ce qui motive durablement le travailleur, c'est la considération, la prise en compte de ses compétences, l'intérêt pour son métier, la responsabilité. Un temps de travail trop important, quelle qu'en soit la rémunération, est source de démotivation, comme un salaire trop bas. Fuck ! Si on m'avait dit que mes formations de cadre se retrouveraient un jour sur mon blog !... Bon, je vais préparer une note un peu mieux construite sur ce sujet.

    Khaled, j'ai déjà lu ce texte. Guy Millière, alias Monsieur Ring 2007, est décidément prévisible. En matière de crétinisme, il se pose là le Millière. Ses arguments me font me tordre de rire, si vous voulez savoir. Une ribambelle de lieux communs. Ah, Ségolène Royal aurait dû rejeter le soutien de l'extrême-gauche ? Ouais. Fin stratège ce Millière. Et une conscience sociale surdéveloppée avec ça. La situation serait apocalyptique, selon lui Sarkozy va redresser tout ça, déréguler joyeusement l'économie. Sur ce dernier point il a raison, mais de là à s'en réjouir... Les USA sont un réservoir de richesses, mais aussi, et surtout, de misère. Celui qui osera me contredire est inculte. Bah, n'en parlons plus, finalement ce monsieur n'a pas plus d'intelligence qu'un concombre. Et de manière générale, la fronde anti mai-1968 est pitoyable. Un sujet tarte à la crème de la droite réactionnaire (qui en a bien profité d'ailleurs : je rappelle que les gaullistes ont remporté haut la main les législatives qui ont suivi la dissolution...). On peut critiquer la façon dont certaines valeurs ont été détruites et d'autres diffusées, mais tout de même, on semble avoir la mémoire courte dans ce pays. La libération sexuelle par exemple, qu'il est de bon ton de mépriser aujourd'hui, vous en faites quoi ? Le féminisme, qui dans sa forme radicale m'exaspère, mais dont les résultats sont irréfutables ? Le dialogue social, qui auparavant n'existait pas ? Le bouleversement de l'enseignement ? Je sais, je sais, certains d'entre vous voudraient revenir à l'époque bénie des uniformes, des coups de règle en fer, des humiliations. La remise en cause de l'ordre établi ? Comprenez-moi bien, je ne suis pas un révolutionnaire, mais sans contestation, sans esprits libres, les lois et l'ordre deviennent totalitaires. Le système éducatif moderne est défaillant, mais un retour aux anciennes méthodes serait catastrophique. Il est certes plus facile de tout rejeter en bloc que d'essayer de comprendre ce qui, dans ce mouvement étudiant, a servi la société française, aussi bien que ce qui l'a mise à mal. Monsieur Millière parle d'économie, de délinquance, mais encore une fois, Sarko a précisément été ministre des finances, et ministre de l'intérieur, et ses résultats ont été minables, surtout aux finances. Même Alain Juppé l'a dit... Monsieur Millière prétend que la France est "le pays développé où on comprend le moins bien les ressorts de la mondialisation, les vertus de l'économie de marché et les soubassements du terrorisme international". Glandu ! On n'y comprend rien ? Alors comment se fait-il que les services de renseignement français ont déjoué des dizaines de projets d'attentat ? Comment se fait-il que des entreprises françaises soient parmi les plus compétitives au monde ? Comment se fait-il que Nicolas Sarkozy ait recuilli 31% des voix au premier tour ? Pardon, mais les clichés madelinistes alignés par monsieur Millière ne témoignent pas en sa faveur...

  • Quelle flamboyance enlevée !

    Il manque, comme pointe dernière, le parfum sacrificiel avec lequel les grands prêtres zélés du Capital, et leurs thuriféraires lyriques, tous à leur hétérie salvatrice, libératrice, promeuvent la dissolution du politique, sa tutelle par les gestionnaires des flux économiques, comme un destin inéluctable, un passage obligé, une nécessaire refondation, une nouvelle alliance : souffrir, être libre. Beau programme.

    Taedium vitae.

  • Juste un peu d'histoire....Justement celle -ci ne se répète pas mais quand j'écoute cet homme là, , très vite se pointe en écho la devise suivante en trois mots: "Travail, Famille, Patrie"....Ah Marechal...le voilà ton héritier....

  • Famille vs Travail ?
    Sécurité vs Sécurité ?
    Les néo-socialos c'est comme les allo-maman-bobos, les télé-libéraux et les cocos, plus ça devient vieux, plus ça devient zéro.
    Serait Temps de vider le grenier de fond en comble(s).

  • On se fantasme transhumain et on se retrouve à défendre sa petite semaine de fonctionnaire et sa petite vie de famille. Comme d'autres se fantasment ex-révolutionnaires et se retrouvent à feinter face aux époux, épouses et patrons, à déployer toute leur imagination pour s'autocélébrer et s'autoconserver dans quelque dérisoire pouvoir. Auto fist-fucking par le mensonge.
    :)))

  • L'ectoplasmette, là, faudra que tu m'expliques en quoi préférer quelques heures en famille au fric me détranshumanise. Quant à ta "petite semaine de fonctionnaire", elle révèle seulement la putrescence de ta cervelle déliquescente. En quoi une semaine de bibliothécaire, de policier, de directeur des ressources humaines ou d'agent technique serait-elle plus "petite" que celle d'une greluche dans ton genre ? Viens faire mon boulot, ma gourde, et on reparlera.

  • Amis de la littérature, bonsoir.
    Voici un exemple édifiant de nos belles lettres subventionnées, ces premières phrases percutantes d'un roman publié chez P.O.L., "en grande partie écrit à la résidence d'écrivains des Feuilles d'Automne de Forges-les-Eaux. Son écriture a aussi été soutenue par une bourse de création de l'Agence Rhône-Alpes du Livre et de la Documentation et de la Direcction régionale des Affaires culturelles" :

    "Très vite comme d'habitude j'en ai eu marre, de la fête et de son vacarme.
    (...)J'ai gratouillé la terre humide. J'ai trouvé un gland cassé un peu pourri, je l'ai mis dans ma poche avant de me frotter les mains. Mais à quoi ça me servait de les avoir décrassées puisque je me suis relevée bizarre, et que tout le temps de la marche, j'ai serré fort, jusqu'à l'écrabouiller, ce demi-gland gâté dans un paume moite.
    (...) j'avais cette impression récalcitrante d'avoir presque trop froid."

    Voilà voilà, comme le dit aussi cette auteure entretenue par les fonds publics "le beau temps ravitaille les conversations depuis quelques jours" !

  • Bon, olivier, si tu ne veux pas de ce commentaire, tu le supprimes, hein !

    communiqué de la Ligue des Droits de l'Homme :

    Le 6 mai, barrons la route à l'autoritarisme, votons pour défendre les droits et les libertés

    Communiqué de la LDH

    Contre-pouvoir et association civique luttant contre l'arbitraire, l'injustice et l'intolérance, la Ligue des droits de l'Homme n'intervient dans le débat électoral que si le bon fonctionnement de la démocratie, l'effectivité de la citoyenneté et le respect des principes de liberté, d'égalité et de fraternité sont en jeu.

    Nous venons de vivre cinq années de régression des libertés, de l'égalité et de la fraternité. Tous les pouvoirs ont été accaparés par un seul courant politique. L'autoritarisme, le recours aux moyens d'exception ont accompagné le renforcement du contrôle social, le choix du tout répressif, le recul des droits des justiciables, les attaques contre l'indépendance des juges. L'insécurité sociale a été renforcée pour les plus faibles, la protection sociale fragilisée, la précarité du travail encouragée. Les « marginaux », les « différents », les jeunes des quartiers défavorisés, ont été traités en boucs émissaires, les étrangers traqués jusque dans les écoles maternelles, les familles les plus démunies sanctionnées pour leur pauvreté.

    Si Nicolas Sarkozy se voyait confier la plus haute charge de l'Etat, nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas : loi durcissant encore la répression pénale, nouvelle loi anti-étrangers, contrat de travail « unique » se substituant au CDI, sans parler du ministère de l'« identitaire » et de l'immigration… Il est de notre devoir d'alerter les citoyennes et les citoyens de ce pays : la poursuite et l'amplification de la politique menée depuis cinq ans ne serait pas un «rêve» mais un cauchemar. Nous ne voulons pas d'une démocratie muselée qui, parce qu'elle laisserait sur le bord de la route des millions de personnes, attiserait le communautarisme, le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie et ouvrirait la voie aux révoltes sociales.

    Nous voulons une autre France : fière de sa diversité, soucieuse que chacun puisse réaliser ses aspirations, porteuse des libertés et rénovant sa démocratie. La France n'est jamais aussi grande que lorsqu'elle met ses actes en accord avec son ambition séculaire de voir tous les droits valoir pour tous. Pendant qu'il en est temps, la LDH appelle les électeurs à choisir la solidarité et non la peur, le respect et non les menaces, l'égalité et non les discriminations.

    La Ligue des droits de l'Homme appelle à voter et à faire voter, le 6 mai 2007, pour Ségolène Royal.

    Paris, le 28 avril 2007.

    C'est en ligne sur le site officiel : http://www.ldh-france.org/actu_nationale.cfm?idactu=1445

  • Difficile en fait de te répondre Transhumain lorsque tu jettes avec une telle rage ton bonheur familial à la face d'un monde inhumain pourri par le fric et qu'on se dit que si l'on te répond tu vas rétorquer avec encore plus de rage et d'accusation qu'on en veut à tes enfants, qu'on veut les arracher à leur père et les foutre à la mine eux aussi ! Et c'est vrai qu'il y a du chantage dans cette rage. Car enfin, comment font les autres, fonctionnaires ou non, comment font Ségolène et Nicolas qui ma foi doivent les voir encore moins que toi leurs enfants ? Comment font nos voisins européens avec leur semaine de quarante heures ? Que signifie enfin cette humanisation intransigeante de soi-même face à la déshumanisation supposée de ceux qui sont heureux de gagner plus ? C'est quoi cette mauvaise science-fiction, mauvaise car si moralisante et si méprisante au fond, du Français moyen qui sombre dans l'aliénation et la routine sous prétexte qu'il travaille donc gagne plus et en vient à "regretter le temps où pour une satisfaction identique, il avait trois ou quatre heures de plus à consacrer à sa femme, à ses gosses, à ses potes, au foot ou à la littérature "??? C'est quoi ce pétainisme d'extrême gauche ??? C'est vrai que je n'ai jamais pu comprendre cette haine, si catholique d'ailleurs, du fric et encore moins cette utopie d'un monde pur où l'on vivrait selon sa pureté et dans la vanité de ses valeurs et qui en effet pue son idéal révolutionnaire passé ou nouveau... Après tout, tu as bien avoué que tu as voté plusieurs fois pour Besancenot.
    Alors je ne sais pas ce que tu fais Transhumain, je ne sais pas combien tu gagnes (peut-être plus que moi qui sait ?), je ne sais pas dans quelle mouise tu es, mais ce que je sais, c'est qu'il y a des gens qui sont dans ta situation et qui diront exactement le contraire de ce que tu dis (et certains, les salauds, voteront Sarkozy). Car il y a des prolétaires de droite et des bourgeois de gauche. Il y a des clodo libéraux comme il y a des nantis marxistes et l'on ne peut en aucun cas préjuger son opinion d'après sa situation. Et c'est pourquoi lorsque tu lances ton "moi, j'ai d'autres valeurs, moi !", ça laisse perplexe... Et quand tu mets systématiquement tes enfants en première ligne, évidemment, on n'a plus envie de débattre.

  • Merci, Lucie, pour cette info...

    Mais Montalte, je ne suis pas dans la mouise ! Et ma situation personnelle n'a rien à faire ici. Simplement, quand un type comme Sarkozy ne cesse, à longueur de temps, plusieurs fois par jour, de nous répéter que rien ne vaut le travail, le travail, le travail, et l'argent, le fric, le cash, pardon, mais ça m'énerve au plus haut point. Et tu sais, je ne pense pas seulement aux enfants, mais à la vie des Français. Ceux qui ont envie de travailler 50 heures par semaine, grand bien leur fasse ! Je ne suis pas contre leur laisser cette possibilité bien sûr. Tu déformes mes propos ! Il faut comprendre que je réponds à un discours caricatural, par une caricature (comme tu le fais toi aussi, en présentant mon propre discours comme un extrémisme !)... Pourquoi je cite mes enfants, alors ? Parce que Sarkozy n'arrête pas de faire vibrer la corde sensible de ses auditeurs, en leur citant tel ou tel fait divers abject, ou l'ouvrier qu'il a rencontré la veille et qui se plaignait (fort justement sans doute) de ne pas gagner assez, et en ajoutant, le regard qui tue : "c'est inacceptable !". Je ne fais, somme toute, que rendre coup pour coup. Et bien sûr, je refuse effectivement qu'on considère que l'argent vaut PLUS que le temps. Ton problème sur ce coup n'est pas que tu n'as pas envie de débattre, mais que tu sais très bien, au fond, que j'ai raison. Pour Sarkozy, il n'y a que deux modes d'action : la carotte et le bâton. Désolé, mais je ne marche pas. Comment font les autres, demandes-tu. Les autres ils font comme moi Montalte. Ils bossent, généralement avec plaisir parce qu'ils aiment leur métier, et les fonctionnaires autant que les autres, eux qui ont choisi d'entrer au service des habitants - tu en sais quelque chose. Mais il se trouve que l'argent n'est pas le but. L'argent est le moyen, fort bon, que la société a trouvé pour permettre d'un côté à la société de se développer, de l'autre à l'individu d'avoir les moyens de s'épanouir. Il y a un équilibre à trouver Montalte, tu es d'accord n'est-ce pas ? Des fous, à gauche, nous font croire qu'une société des loisirs, sans travail, est possible. D'autres fous, à droite, nous font croire que le travail prime sur toute autre activité humaine. Erigent l'argent et le travail en valeurs suprêmes. Ségolène Royal, au moins, est plus raisonnable.
    Par ailleurs, je répète que je n'ai absolument rien contre la possibilité de bosser plus pour gagner plus. Seulement, je crois avoir démontré, assez sommairement il est vrai mais je te mets au défi d'infirmer mes propos, que ce n'est, dans la bouche de Sarkozy, qu'un moyen de se mettre l'électeur dans sa poche, avant de le prendre par derrière. L'ouvrier, l'employé, n'auront pas plus le choix demain qu'aujourd'hui !

  • L'ectoplasmine, vous êtes à côté de la plaque.

  • Non non, suffit de voir votre fureur, j'ai bien mis les pieds dans le plat. L'homo socialo c'est le règne de la crasse médiocrité, comme dans mon exemple littéraire. À en réenterrer les "vivants" de vos liens, cher "transhumain" qui me renouvelez le coup de la vertu.

  • Tu as raison mais ta raison n'est pas convainquante. Tu as raison comme on dit que la santé vaut mieux que la maladie et que l'équilibre vaut mieux que l'excès. Et comme tu trouves Sarkozy excessif, etc... Alors que l'on peut en effet dire avec lui que le travail en France doit être en effet réhabilité, que les 35 heures n'ont pas été une panacée économique et sociale et que nous avons au moins pour quelque temps et précisément pour des raisons de rééquilibrage et de remise à niveau, besoin d'une dose de libéralisme. Et que si la prospérité en soi (ce que tu appelles la loi du fric) n'est pas forcément une valeur, elle n'est pas non plus un défaut.

    En fait, dans ce genre de discussion, arrive toujours le moment où l'on ne se comprend plus, c'est-à-dire le momen où nos "morales" sont incompatibles. Ainsi, quand tu dis que le but du travail n'est pas l'argent. Evidemment, dire le contraire c'est prendre le risque de passer pour un Picsou. Mais pourtant, moi, par exemple, le but de mon travail d'agent d'accueil et de surveillance est en effet ma subsistance, ma sécurité, et oui en effet mon compte en banque. Le but de mon travail, c'est le fric, oui absolument, mais le but de ma vie, c'est autre chose - l'amour, l'écriture et toutes ces conneries !

    Seulement, je ne fais pas de manière. Et si dans mon cas, je peux travailler plus, faire des heures supplémentaires, et ce qu'on appelle "chez nous" des mécénats, eh bien oui je les faits. Alors certes je n'ai pas de famille, mais j'ai des collègues qui en ont et qui les font aussi. Comme on dit, ça met du beurre dans les épinards. Et si l'on mettait une petite dose de libéralisme dans la fonction publique, du genre prime au mérite, outre que cela ferait un tollé, car je les connais mes collègues syndicats, et bien y aurait des salauds comme moi qui seraient d'accord.

    Quant à savoir si tout cela n'est pour Sarkozy "qu'un moyen de se mettre l'électeur dans sa poche, avant de le prendre par derrière", la je ne déformerai pas tes propos puisqu'ils relèvent du pur procès d'intention.

    Pour finir, je crois que si les Français ont massivement voté pour lui au premier tour, c'est que précisément ils pressentaient en lui une énergie peut-être un peu rude mais qui serait très bénéfiquement contagieuse pour le pays.

    Et qu'on ne vienne pas dire qu'il cherche la mort de la culture et des art et de la recherche puisque comme tu le sais nos chercheurs vont chercher ailleurs, notamment aux USA (dont un ami à moi, biologiste, qui voulait travailler sur le sida et qui en France ne trouvait que des laboratoires médiévaux alors que là-bas, il a trouvé un laboratoire privé où le rendement est demandé et donc la recherche décuplée !), nos philosophes sont plus étudiés dans les campus californiens que chez nous, et que le corpus de François Villon se trouve dans une université du Nevada.

  • Ah c'est sur qu'avec une année d'étude en fac à 30 000 $ par étudiant, ils peuvent se les payer les super profs à Harvard, Stanford, Yale, Princeton... Ca c'est pour l'enseignement supérieur, quand on a les moyens d'y aller. Pour les autres, la majorité, ceux qui s'arrêtent à l'enseignement secondaire, ils n'auront pu que bénéficier des énormes carences des écoles publiques.

    Les 35 heures comparées au libéralisme américain ? Votre utopie va en prendre un coup Montalte, si vous allez vérifier ces statistiques :
    http://travail-chomage.site.voila.fr/us/us_duree_travail.htm

    Enfin, les primes au mérite dans la fonction publique, elles existent plus ou moins. Mais peut-être que ce n'est pas le cas à Paris. On les appelle entre nous des primes à la tête.

  • Sur le même site, d'autres choses intéressantes, sur la durée du travail d'abord.

    Pour une durée légale du travail de 35 heures par semaine en France, la durée effective moyenne est de 39 heures pour les emplois à temps plein et de 36,3 heures pour l'ensemble des emplois (temps plein et temps partiel).
    Par comparaison, ces durées sont inférieures en Grande-Bretagne : 37,2 heures pour les emplois à temps complet et 31,7 heures pour l'ensemble des emplois. Elles sont aussi inférieures aux Etats-Unis et dans plusieurs pays en Europe.

    En tenant compte de tous les emplois, à temps partiel et à temps complet, la semaine de travail est de :
    - 36,3 h en France
    - 36,2 h en Italie
    - 35,1 h au Danemark
    - 33,8 h aux Etats-Unis
    - 33,6 h en Allemagne
    - 33,2 h en Espagne
    - 31,7 h en Grande-Bretagne
    - 30,1 h en Suède (36,1 h pour ceux "au travail")
    - 29,2 h aux Pays-Bas (44% de temps partiel)

    ici : http://travail-chomage.site.voila.fr/emploi/duree_travail.htm
    un texte précis et bien documenté (sources officielles),

    et ici : http://travail-chomage.site.voila.fr/britan/32h.htm
    pour plus de détails sur la Grande-Bretagne.

    Mais le Danemark ne manque pas d'intérêt non plus, à voir
    ici : http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_merite.htm
    Danemark et chômage : le modèle danois n'a aucun mérite

    et ici : http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_emploi_public.htm
    Le modèle danois : beaucoup d'emplois publics (36,9%)

    Mais une explication se trouve ici :
    http://travail-chomage.site.voila.fr/produc/gain_productiv.htm
    Gains de productivité du travail, durée du travail, chômage

    C'est la fête du muguet ... et du travail.

  • Juan ! Au secours ! Les gauchistes m'attaquent avec leurs chiffres qui disent que finalement les Yankees, les schleu et les rosbeef travaillent moins que les chiraquiens !

  • ... et que le coca cola n'est pas une boisson gazeuse !

    J'suis pris au piège !

  • Merci Aïn et Bibi pour ces chiffres. Bien sûr, si l'on s'en tient au seul cadre règlementaire des emplois à temps plein, la France travaille un peu moins que les autres pays d'Europe, même s'il faut noter que plus le pays est riche, plus la durée de travail est réduite : ainsi, un employé à temps plein qui ne ferait pas d'heures supplémentaires, travaille 1568 heures par an en France, 1613 au Danemark, 1661 en Allemagne, 1672 en Italie, 1692 pour l'Angleterre (contre 1840 en Hongrie, en Estonie, en Lettonie et en Pologne par exemple, sources European industrial relations observatory). Nous le voyons, l'écart entre la France et ses voisins n'est pas vraiment significatif. Mais en plus, ces chiffres ne tiennent pas compte de la durée EFFECTIVE du travail, c'est-à-dire des heures sup, et surtout des temps partiels qui sont bien plus nombreux (presque deux fois plus) dans les pays anglosaxons, etc. En Angleterre, 22% des emplois sont à plus de 45h, mais 26,2% sont à MOINS DE 30 HEURES ! J'ajoute qu'il ne s'agit plus dans d'une durée fixée légelemnt, mais de statistiques (sources : www.statistics.gov.uk), plus proches de la réalité.
    Ne fais pas l'autruche Montalte, tu sais déjà tout ça, ces chiffres sont connus, et tirés des statistiques officielles anglaises, la littérature abonde sur le sujet. D'ailleurs, le coca n'a plus de bulles si tu le laisses à l'air libre...
    Il y a des pays où on travaille beaucoup plus que chez nous bien entendu. Comme le Japon, qui a aussi l'un des plus hauts taux de suicide au monde (avec, tiens tiens, la Russie, la Hongrie, la Slovénie...)...

  • Merci pour ça Transhumain ! Rien d'autre à dire, je ne vois que lucidité...

  • "Comme le Japon, qui a aussi l'un des plus hauts taux de suicide au monde"

    Cela ne m'inquiète pas car j'incline à penser que c'est génétique.

  • Ah oui, j'oubliais !

  • Ah oui, j'oubliais !

  • Ah oui, j'oubliais !

  • Très décevant Sarkzoy ce soir, la seule chose intéressante chez lui c'est son grain de folie et visiblement il l'avait oublié à la maison ...

  • C'est aussi mon avis :

    http://pierrecormary.blogspirit.com/archive/2007/05/03/colère-feinte-et-victime-consentante.html

  • D'accord avec vous deux. Ségolène Royal - qui a été assez ridicule j'en conviens - cherchait à tout prix à faire s'énerver Sarkozy (raté), et à se montrer incisive (à moitié réussi), et ce dernier cherchait à tout prix à montrer son calme, sa distance (ce qui aurait été réussi si l'artifice n'avait pas été si patent). Montalte, ton analyse, sur ton blog, est dans l'ensemble pertinente (à ceci près qu'il ne maîtrisait pas si bien que ça son sujet, le Sarko, son argument essentiel, pour n'importe quel sujet, consistant à s'indigner que les contribuables en ont assez de payer, ce qui est faux : nous sommes nombreux à être fiers de payer des impôts).
    Quelques moments mémorables tout de même. D'abord, l'hilarante saillie de Ségo sur le raccompagnement des femmes fonctionnaires. Sarkozy l'a fort justement mouchée ! Et puis, surtout, les "petites phrases", nullissimes des deux côtés, à mille lieues des réparties cinglantes d'un Mitterrand, d'un Giscard ou même d'un Chirac : "Je veux être la Présidente de ce qui marche ! - Eh bien moi, je voudrais être le président qui fasse que ce qui ne marche pas marche !" Gnagnagna !
    Lamentable ! Mais je suis étonné par les réactions ce matin, qui dans l'ensemble donnent Royal gagnante du débat, pour les raisons que vous venez d'évoquer. Moi, j'ai surtout eu l'impression qu'elle se faisait détruire !

  • Cher Transhumain,

    pour une fois nous sommes d'accord sur un sujet politique ! Bien sûr qu'elle a été brisée en mille morceaux. Sarkozy a démonté ses contradictions, ses aproximations, son absence de solutions concrètes et surtout son manque de sang-froid. Comment imaginer qu'elle contrôle le feu nucléaire ?

  • Oh, sur le bouton rouge, nous savons tous deux qu'il n'y a pas plus de danger avec elle qu'avec lui. D'autant que, je l'ai dit, la colère de Royal était aussi calculée que le calme de Sarkozy. Hier soir nous avons assisté à un duel d'acteurs. Et tout le monde sait que des deux, Sarko est celui qui perd le plus son sang froid, hors caméras... En outre, Ségolène Royal était beaucoup plus convaincante, l'autre jour, face à Bayrou. Elle avait de la répartie, et une intelligence certaine dans ses interventions. Hier, c'était un show, dont personne n'est vraiment sorti vainqueur, comme en témoignent les différentes réactions aujourd'hui, qui dans l'ensemble donnent un léger avantage symbolique à Royal.
    Les idées de Sarkozy étaient plus claires, sur ce point vous avez raison. Mais précisément, ce sont des idées ouvertement ultralibérales. La France de Sarkozy va ressembler à l'Angleterre de Thatcher, ce qui, sur le plan social, est catastrophique, ne le niez pas. La pauvreté, déjà grandissante parmi des classes hier plutôt aisées, va s'aggraver. Le travail, et le travail supplémentaire redeviendront, pour beaucoup, une contrainte (intutile de revenir sur l'importance de l'épanouissement personnel comme motivation première). Le contrat unique, s'il améliorera la situation des actuels CDD, va fragiliser le CDI. Les services publics vont être démantelés, et soumis à une seule logique de "résultats" mathématiques, alors que la raison d'être du service public est justement d'assurer des missions essentielles pour toute la population, où qu'elle se trouve, et quels que soient ses revenus. Quand j'entends hier Sarkozy imputer aux 35h les problèmes rencontrés par les hôpitaux publics, je m'étrangle... Sur ce point, comme sur quelques autres, Ségolène Royal a répondu pertinemment.
    Donc, si Sarkozy a effectivement ratatiné Royal, c'est surtout sur la forme. Il s'est exprimé plus calmement, plus précisément, sans faire de fautes énormes.

  • Ouais...
    Enfin, quoi qu'il en soit, force est de reconnaître que ce débat était d'une abyssale pauvreté intellectuelle, d'un côté comme de l'autre d'ailleurs. Et quelle langue, mes amis, quelle langue !
    Olivier, je te connais un peu tout de même : explique-moi comment un type à peu près normalement constitué se trouvant face à SR n'a pas, sur le champ, envie d'en coller une (je parle de claque, encore que...) à cette imbécile d'une prétention, d'une morgue, d'un dédain sans pareil ?
    De Miteux, en effet, elle n'a conservé qu'un trait : l'extraordinaire prétention, le cerveau en moins.
    Laisse donc tomber les arguments (ou considérés comme tels) et dis-moi franchement que cette mère supérieure de couvent ne mérite pas qu'on lui vole dans les plumes ?
    Allons allons, comment peux-tu supporter ce dédain surnuméraire alors que, face à n'importe quelle autre femme, tu te serais justement moqué de semblable travers, hein ?
    Cette SR est tout bonnement infecte ET incompétente. Je me demande lequel de ces deux défauts prend le dessus sur l'autre...

  • Bon, je réponds en vitesse, Juan. J'ai été frappé moi aussi par la pauvreté intellectuelle du débat. Ils ne savent pas parler en effet. Ouais, j'ai eu envie de lui flanquer des baffes, et même de lui couper la tête. Elle est nulle, mais Sarkozy est indésirable pour d'autres raisons... Bref, on est dans de beaux draps !

  • Merci Transhumain pour cette lucide analyse de la catastrophe qui arrive. Je me permets d'ajouter ici ma petite pierre à l'édifice, inspiré par la lecture de votre article...

    Sarkozy est avant tout un brillant sophiste, le prototype même du sophiste, version fin des temps bien sûr, donc sans même la classe des sophistes grecs. Le sophiste est celui qui détourne le Verbe pour le vider de son sens, comme on égorge un agneau pour le vider de son sang. Sarkozy n'est-il pas l'emblème annonciateur de la mort du symbole, de ce que Bernard Stiegler appelle la dé-symbolisation contemporaine ? Car cette mort du symbole, cet homme d'action, comme il aime lui-même à se qualifier, s'apprête à la précipiter, à l'industrialiser à grande échelle, à la façon dont les nazis industrialisèrent l'éradication du peuple juif. Oui, c'est bien le Verbe, et son allié le symbole, qu'on s'apprête à consumer dans les fours crématoires de la non-pensée. Or on sait ce qu'il en est, étymologiquement, des rapports funestes qu'entretiennent le sym-bole et le dia-bole : le premier réunit où le second sépare. Sarkozy n'est-il pas une figure diabolique qui marque un tournant décisif, historique, de notre monde ? On ne sait que trop ce que dissimulent ces yeux, fenêtre ouverte sur l'Age Sombre, où habite ce que la Glose a pu désigner, parlant de l'Antéchrist, comme "la plénitude de la malice", c'est-à-dire la malice élevée au rang d'art, de génie d'évitement de la vérité.

    Dans les coulisses non-publiées de l'interview de Sarkozy effectuée par Michel Onfray pour le magazine philosophie, le petit Nicolas affirme fièrement qu'il a toujours trouvé absurde cette invective de Socrate, "Connais-toi toi même" [1]. Michel Onfray est certes un personnage très discutable, dont la philosophie est manifestement à côté de la plaque, mais c'est néanmoins un bon pédagogue - sans doute qu'il aurait été préférable pour lui de se cantonner à son rôle de prof de philo. C'est en tout cas, face à Sarkozy, sorte de bête éructant, un homme digne de son humanité. Cette seule affirmation, la négation de l'évidence socratique, qui est du même coup la négation de l'humanité de l'homme, annonce le désastre à venir.

    Cette funeste parodie du Messie qu'est Sarkozy, dont le discours fraternel qui suivit sa victoire au premier tour était un pastiche sophiste du discours chrétien, n'annonce-t-elle pas l'avènement de ce que vous avez pu désigner, Transhumain, lors d'une de vos brillantes analyses d'un roman de Dantec, comme l'envers du Royaume de Dieu ? Le Royaume du Diable, habile simulacre du Royaume de Dieu, poussant la malice à son terme ? Le règne de l'homme diabolique, enfin débarrassé de cet encombrant symbole, enfin libéré de l'emprise du Verbe dont un homme, un jour, si l'on s'en souvient encore, fut tissé. L'homme qui veut recréer l'homme, comme s'il surgissait de nulle part, auto-engendré, niant les origines, haïssant les origines, falsifiant les origines.

    Pendant ce temps, contemplant avec compassion l'éternelle tragédie qui se joue sous leurs yeux, désabusés, les non-dupes poursuivent leur errance...

    [1] Michel Onfray, Le cerveau d’un homme de droite, http://michelonfray.blogs.nouvelobs.com/archive/2007/04/03/index.html

  • Comment pouvez-vous prendre ce garçon-coiffeur se croyant penseur, au sérieux ?
    J'en viens à douter de votre capacité à penser.

  • Mais enfin, Samuel, peu importe : si vous avez lu les échanges entre Onfray et Sarkozy, vous savez qui est le plus nul des deux. Vous ne trouvez pas ? Un indice : il sera bientôt président de la République française.

    Merci ewn. Ce que vous dites est intéressant (même si je n'aurais pas osé la métaphore luciférienne !). Mais ce n'est que l'aboutissement d'un mouvement amorcé depuis longtemps. Dans l'Etat séducteur (1997), Régis Debray montrait comment le symbolique était en train de déserter l'Etat. L'immédiateté, le court terme, l'émotif, remplacent le froid calcul, le long terme. Debray distingue trois périodes. D'abord, la "logosphère", de Clovis à François 1er. Pouvoir et Parole sont proches. Le Roi est sacré. Le symbole lie visible et invisible. Le symbole est tout-puissant. C'est le règne de la dévotion. Ensuite, la "graphosphère", divisée en Monarchie absolue et en République. Sous la Monarchie absolue, le roi n'est plus sacré mais seulement médiateur du sacré. Chute de la transcendance. Plus de dévotion, seulement de l'émerveillement. Sous la République, l'idée (la raison, le progrès) remplace le sacré. La conviction remplace l'émerveillement. Enfin, troisième période, la "vidéosphère", que nous pourrions appeler "infosphère". Le média est tout puissant, l'Etat n'existe plus sans lui. L'homme politique de la vidéosphère n'est plus vénéré, n'émerveille plus, ne fascine plus. Même la conviction, dans nos sociétés postmodernes, ne permet plus de réunir le peuple. L'homme politique de la société du spectacle doit désormais SEDUIRE. Il doit plaire. Il doit se vendre. La politique est devenue publicité : on nous vend un parti, un candidat, de la même façon qu'on nous vend un téléphone mobile. Le symbole n'est plus. C'est la victoire definitive des médias. Le prochain président, qu'il s'agisse de Sarkozy ou de Royal, incarnera cet état ectoplasmique plus qu'aucun avant lui/elle.

  • Onfray puis Debray ? Non, restez sérieux quelques secondes. Pourquoi pas Le monde diplomatique ? Ou Politis ?
    La spectrification de la politique a démarré dès 1793 avec Robespierre se faisant expliquer par Catherine Théot qu'il est le nouveau David, le Messie réincarné, un mort-vivant. Avec Mitterand nous tenons un autre exemple assez visible de l'occultisme qui s'est emparé du politique : culte aux morts du Panthéon sitôt élu, cancer trainé durant ses deux mandats, pyramide et arche (arc de triomphe ?) dressés à sa gloire posthume, mort de la culture par "Jack Langisme" obligatoire pour tous...

  • Dieu sait à quel point je vous estime mais j'avoue être fichtrement surpris en lisant ce texte!
    Certains chuchotent que M.G Dantec devrait oublier la politique, ou du moins éviter d'écrire sur le sujet, il me semble même que tu en faisais partie. Je ne puis m'empêcher de te renvoyer la balle, la politique a tendance à plomber le niveau de tes écrits me semble t il.

    En espérant lire très vite des textes aussi enflammés mais peut être plus.. aériens!

  • Quoi Samuel ? Millière vaudrait mieux que Debray ? Ring serait plus sérieux que le Monde Diplo ? Mais enfin, vous vivez sur quelle planète ? Vous savez Samuel, j'en ai assez qu'on juge les auteurs d'un seul bloc, et bien souvent sans les avoir lus. Debray est sans doute critiquable à bien des égards, mais certains de ses ouvrages, et notamment L'Etat séducteur, sont passionnants. On ne lit pas un essai ou un roman avec des oeillères idéologiques, mon cher.

    De quoi es-tu surpris, Lo ? De mon anti-sarkozysme ? Celui-ci est pourtant motivé, comme je crois l'avoir démontré ici ou ailleurs. On nous reproche une "haine", une animosité envers Nicolas Sarkozy, mais notre colère est dirigée vers un homme qui prétend au pouvoir, tandis que lui-même stigmatise des couches entières de la population, tout en faisant mine de les embrasser.

  • Non Olivier, je vois ce que veut dire ton amie Lo : tes textes de critique littéraire sont infiniment meilleurs que ce texte sur Sarkozy ou plutôt contre...

  • Finie en effet la "divine paresse". Le danger crucial est très exactement là. Merci de l'avoir souligné.
    Par ailleurs, la présence de Sarkozy à la tête du pouvoir suprême réveillera - ou révélera - une résistance intéressante. J'ose espérer que l'art recouvrera dans ce climat d'adversité prévisible le souffle qui lui manque depuis trop longtemps. On peut rêver.

  • Mon Dieu, on croit rêver en lisant de pareilles conneries.
    Mais vous croyez quoi à la fin, que Sarkozy est Hitler ?
    Et puis, seconde stupidité : l'art, Amras, se nourrit de contraintes et meurt de facilités, celles-là même que le gauchisme accorde ou a accordées (avrec l'ignoble Lang et la dictature molle du goût qu'il a imposée...). Lisez ou relisez La persécution et l'art d'écrire de Strauss, cela vous évitera de confondre la France avec la probable dictature stalinienne qui doit être votre modèle.
    Puatin de gauchistes nom de Dieu, comme si Sarkozy allait empêcher toute la sous-merde subventionnée par l'Etat de continuer d'empuantir.
    Mais ouvrez les yeux à la fin ou allez faire un tour en Corée du Nord pour savoir ce qu'est vraiment une dictature plutôt que de travestir la réalité, comme d'habitude, en faisant passer un de nos dirigeants et futurs dirigeants pour ce qu'il n'est pas et n'aura probablement jamais la tentation d'être.

  • Ouais Amras, je revendique mon droit à la paresse !
    Mais l'art n'est pas si essoufflé que ça... Le cinéphile curieux trouve autant de chefs d'oeuvres aujourd'hui qu'hier. Le lecteur, s'il se débrouille bien, s'il reste à l'écoute de la critique, du bouche à oreille, déniche des pépites. L'art est seulement noyé dans l'information et le relativisme.

    OK Juan, si tu veux, mais je répondrai alors comme Maurice G. Dantec : je m'en fous que toi ou d'autres jugent mon texte passable ; l'important, c'est que le message passe. Et puis je l'aime bien, moi, ce texte !

  • Et qui a parlé de dictature, Juan ? Pas moi. Sarkozy porte les germes d'une société panoptique dont même toi, tu ne voudras pas. Plusieurs Etats américains s'apprêtent à voter une loi qui obligerait les personnes condamnées pour des délits sexuels graves à équiper leur véhicule d'une plaque d'immatriculation de couleur vert pomme, aisément reconnaissable. Ils ont déjà un bracelet électronique, leur identité est déjà accessible à tous les internautes. Soit disant pour "protéger les enfants". Voilà ce qui nous attend, à plus ou moins long terme, en plus de la paupérisation. Sarkozy au pouvoir, le mouvement va s'accélérer un peu, soyons-en sûrs.

  • Et qui entame le débat en rendant le candidat masculin pour ainsi dire complice de viol ? Qui voulait interdire les strings, etc ?

  • Ouais, elle est nulle, on le sait. Mais W Bush aussi est nul. Pourtant les admirateurs de Sarkozy en raffolent, non ?

  • Sarkozy exalte le travail comme une valeur fonctionnelle et non en soi. Entre « Glandons, camarades ! » et « Arbeit macht frei », il y a quelques nuances et des tonnes de possibilités. Il parle des 35 heures comme d'un plancher et nul ne sera contraint de travailler davantage (sous la schlague). Ceux qui feront le choix de s'en tenir aux 35 heures minimales ne devront pas ensuite gémir que leur pouvoir d'achat est plus restreint que celui des autres. Car c'est un choix que Sarko propose, rien d'autre.

    Le droit à la paresse ? Quel usage en font les disciples de Noah et de Renaud ? Bon sang, paressez quand bon vous semble ! Nul ne vous dénie ce droit et nul ne va vous l'ôter. La paresse (au sens de l'« otium » des anciens, soit loisir intelligent) est un luxe de privilégiés, et ce privilège-là s'acquiert, par le travail, la culture, l'effort, la volonté. Rien à voir avec la paresse crasse des glandeurs et des éternels assistés.

    Sarkozy est la chance exceptionnelle de la France (et sa périphérie) de sortir du diktat culturel de la gauche, d'évacuer mai 68 et les vieilles barbes avec lui. Une droite républicaine qui ose enfin, c'est excitant. Et mieux vaut celle-là que celle du Borgne, non ?

    Laissons au moins du crédit à M. Sarkozy avant de le pendre pour les futurs délits dont on l'accuse déjà. Avez-vous entendu ce matin sur RTL SR dire qu'elle pensait que l'élection de Sarkozy provoquerait des émeutes dans les banlieues ? Ce n'est pas une crainte de sa part, c'est un espoir et presque un appel à contester dans la rue le verdict probable (certain, selon moi) des urnes. Espérons juste que Sarko aura pour gouverner une large majorité et qu'il ne sera pas tenté par trop de consensus. Il décevra toujours assez, mais plus, je pense, pour la tiédeur de ses réformes que pour les excès qu'on lui prête. Ma crainte, moi, est qu'il ne s'affadisse. Je ne crois pas un seul instant au fantasme du petit dictateur.

  • Olivier, tu fais effectivement ce que tu veux de mon avis (tu sais ce que j'en pense, de ces avis...) mais tu sais qu'il n'y pas l'ombre de la moindre méchanceté dans ma remarque sur la qualité de ton texte.
    Et puis, tu es tout de même gonflé, tout d'un coup, de te servir de Dantec, alors même que, de mémoire, tu es le tout premier à trouver que le Dantec politicien ne vaut franchement pas le Dantec romancier, vrai ou pas ?
    Ose donc me dire que ce n'est pas vrai.
    Ma remarque concernant la dictature ne t'était pas particulièrement adressée mais visait les conneries débitées par Amras qui, en guise de rébellion contre l'autorité, n'a probablement pas dépassé le stade du doigt levé, derrière son dos et en serrant les fesses pour qu'on ne le voit pas, à une pervenche...
    Bel exemple de subversion terroriste, hein...
    Et puis merde à la fin, Olivier, cesse de nous servir la vieille fadaise de la société policée, panoptique même ! Mais franchement, vous croyez que l'on se trouve dans quelque 1984 ou quoi ?
    Allez donc vivre sur une île déserte, où vous boufferez de la chair de crabe et enculerez gaiement les troncs d'arbre, comme Robinson... Au moins, vous ne serez pas surveillés, enfin si parce que, aujourd'hui, à moins d'être à deux cents mètres de profondeurs sous l'Antarctique, il y a tout de même bien peu d'endroits où un oeil ne soit pas pointé au-dessus de votre tête...
    Et puis, quand bien même, ce sera l'occasion de révéler vos grands talents de résistants au fascisme, si, effectivement, NS se révèle un fou dangereux une fois élu...
    Je vous jure que si c'est le cas, je risque de ne point être le dernier à gueuler.
    Reste à savoir si, beaux rebelles que vous êtes sur le papier, vous serez déjà dans la rue, voire en garde à vue avec moi, hein ?
    Patience les amis.
    C'est désormais une question d'heure...
    Ah oui, de grâce, si NS est élu, ne nous la jouez pas "Halte au fascisme" avant même qu'il ait pris la parole parce qu'alors là, franchement, vous aurez atteint le comble du ridicule, comme durant la désormais fameuse "quinzaine anti-Le Pen"... (ce vous ne te vise ni plus ni moins que d'autres, plutôt moins puisque tu es intelligent, Olivier, à la différence de certains de tes lecteurs qui ont avalé une rasade de dangereuse subversion en même temps qu'ils ont bouffé leur Petits Bruns, ce matin...).

  • Du reste, Olivier, je ne sais si tu as lu le texte de Germain Souchet, mesuré comme toujours et qui avance pas mal d'arguments...
    Je t'invite donc à venir, dans la Zone, débattre avec lui : j'ai dressé la table, sorti les cahouètes et les verres pour le petit rosé frais et tu repartiras même avec quelques bouquins de SF en SP... Le pied non ?

  • Je ne reproche évidemment pas à Dantec de s'exprimer, je lui reproche d'exprimer souvent, sans la moindre subtilité, des idées qui ne sont pas exactement porteuses de paix...
    Juan, tu sais bien que je ne crois pas plus que toi au Sarkozy-dictateur, seulement les idées qu'il n'a cessé de véhiculer ne laissent pas deviner un avenir radieux. Beaucoup vont morfler. Oh, pas dans les commissariats, enfin pas trop. Mais ils vont le sentir passer le Sarko : les chômeurs, les immigrés, les fonctionnaires, les délinquants sexuels, les pauvres... Même les blogueurs sans doute. Avec le décret d'application de la loi sur la conservation des données, on peut prévoir de belles secousses. Quand je parle de France panoptique, je donne dans le symbole, pas dans le premier degré. S'il n'avait pas quelques garde-fou, Sarko ficherait tout le monde, tout le temps, à tout azimut ! Bush non plus n'est pas un dictateur, mais certaines lois votées là-bas sont hallucinantes. Tu les lirais dans un texte de SF, tu hurlerais à la supercherie, au gauchiste débile, mais quand cela arrive vraiment, nous haussons à peine le sourcil.
    Je ne demande qu'à me tromper, mais les indices convergent. Sarko n'est pas un facho, c'est seulement un fou-furieux qui menace dangereusement l'équilibre social du pays. Plutôt un mini-thatcher qu'un micro-führer. Mais même ça, je n'en veux pas.

    Yanka, exalter le travail est une absurdité, le travail n'étant qu'un mode d'organisation nécessaire, pas une idéal, pas un but en soi. Le choix ? Relisez mon texte. Le choix n'est qu'apparent. Peu d'employés en vérité ont le choix. Ce n'est pas toi qui décides de ton temps de travail, c'est ton patron.
    Quant à Sarkozy en sauveur du diktat gauchiste, c'est une ânerie de militant. Depuis quand la droite est-elle au pouvoir ? Sarkozy n'était-il pas ministre, cinq ans durant, d'un gouvernement de droite ? Allons, allons, ne faites pas l'enfant.
    Sur les propos de Ségolène sur les émeutes possibles à l'élection de Sarkozy (propos déjà tenus par l'inénarrable Julien Dray du reste) : ce n'est pas tant une menace, qu'une bassesse. En faire un argument de vote est stupide, mais le risque existe. Je travaille en banlieue, je prends le RER, j'habite à Paris dans un quartier populaire. Eh bien, sans doute les jeunes fanfaronnent-ils, mais j'ai entendu plusieurs d'entre eux, dans la rue, parler d'émeutes, et même, ce qui est un peu flippant, de "prendre les armes". Le risque existe donc. Mais bien sûr, vous avez raison de noter l'inanité de l'argument.
    Pas de consensus ? Bigre. Vous voulez un homme de fer, hein ? Un Thatcher nain en somme. Tout se tient.

  • Ahurissant ce débat, avec la revanche de mai 68, voilà qu'on envisage ni plus ni moins un autodafé de toute la pensée depuis 40 ans, les intellectuels que l'on aime pas, comme ceux que l'on respecte, car Sartre, Foucault, Deleuze, Bourdieu et tant d'autres c'est aussi l'histoire de la pensée postsoixante huitarde.
    C'est l'avénement d'une "réaction" que l'on prépare, peut-être pas Sarkozy, mais ses adulateurs oui.
    Je suis terrorisé à l'idée de ce que va devenir ce pays.

  • Transhumain, votre note sonne juste, sauf que vous me faites un peu rire avec le -temps-gagné-pour-la-famille ... Vous semblez généraliser votre cas .
    Ewn me fait perdre mon latin, mon grec, mon hébreu, mon chinois! Evoquer la trahison sarkhozienne du Verbe à partir d'un texte d'Onfray ( que j'ai lu, quel pensum, cet homme écrit si mal) , Onfray le sursinge imposteur qui singe tout , l'anarchie, le dandysme, la pensée libertaire , il faut le faire ! Allez lire ou relire son essai "Politique du rebelle", ne serait-ce que le salmigondis de l'annexe, à la fin, où l'Argentanais possédé par son ressentiment contre les curés exhorte à lire les dandys, Barbey, Baudelaire, comme "résistants à la médiocrité ambiante" ...! Ces deux là ont résisté ? Au nom de quoi, s'il vous plaît ?
    Sarko ou Ségo, avons-nous le choix ?
    D'accord avec Transhumain qui a de meilleurs arguments qu'Onfray : non à Sarko . Mais Ségo ?Je ne reviendrai pas sur sa perversité ( diabolique), manifeste dans le débat . Je pense aux quatorze ans de mitterandisme au cours desquels les banlieues se sont progressivement décomposées, au cours desquels le navire Education Nationale a lentement sombré . Je pense à l'hypocrisie de tous ces enseignants de gauche qui revendiquent haut et fort l'égalité des chances et qui utilisent toutes les magouilles possibles pour placer leurs enfants dans les meilleurs établissements , qui vénèrent en zélés serviteurs le savoir utile, les filière rentables, la culture Jack Lang, l'idéologie à la place de la philosophie ou de la théologie, qui transpirent fielleusement, à leur insu, leur haine de la littérature et de la pensée .
    Madame Royal prône une participation accrue des parents à l'Ecole, comme si, depuis vingt ans, les fédérations petites-bourgeoises de parents d'élèves n' y étaient pas déjà, dans l'Ecole, dans les conseils d'administration, comme si elles n'étaient pas devenues un puissant lobby de consommateurs, exigeant un enseignement adapté aux goûts de leurs petits chéris comme le sont les produits de supermarché . Notez que dans les circulaires officielles de l'Education Nationale, maintenant, on ne dit plus "élève" ni "parent", on dit "usager" .
    Sarko ou Ségo : ce choix n'en est pas un . Autant dire non à ce non-choix ( par l'abstention ou le vote blanc).
    Il faut bien que quelques un(e)s ( quelques un(e)s seulement), se dé-vouent pour occuper la place d'Antigone, et viennent jeter une poignée de terre sur le cadavre de l'Humanisme .

  • ewn ou les noms du père ("les non-dupes poursuivent leur errance", dit-il)... il y en a qui s'amusent... et les dupes ?

  • Alors il faudrait voter pour le Sourire à visage humain par trouille des caïds ? Vous ne voyez pas que c'est cela qu'elle veut : foutre la pétoche aux bobos centristes qui ont déjà l'expérience du printemps dernier ?
    Nul besoin pour vous de quitter l'hexagone pour faire l'expérience d'une dictature : certains quartiers périphériques des grandes agglomérations sont heureusement libérés de l'occupation franque.

  • « Quant à Sarkozy en sauveur du diktat gauchiste, c'est une ânerie de militant. Depuis quand la droite est-elle au pouvoir ? Sarkozy n'était-il pas ministre, cinq ans durant, d'un gouvernement de droite ? »

    Il s'agit de politique, pas de religion. Le terme « sauveur » est donc inapproprié. Je considère NS comme un homme politique sans aucun doute remarquable, pas comme une manière de prophète ou d'homme nouveau. Ensuite il ne s'agit pas de « sauver » quoi que ce soit, mais de libérer la société du relativisme soixante-huitard qui a tant fait de dégâts (je ne cache cependant pas une certaine sympathie pour le mouvement hippie et la musique populaire des années 65-75). On voit les effets du laxisme impunément appelé tolérance, grâce auquel aujourd'hui les jeunes se croient tout permis, veulent tout avant d'avoir rien fait, et cette horreur qui a permis l'enfant-roi.

    La droite est au pouvoir depuis... mais c'était une droite molle, honteuse d'elle-même et qui obéissait à la rue, se reniait. Sarko ministre avait un certain pouvoir politique dans le cadre de son ministère, mais pas celui de dicter au président et au gouvernement sa vision des choses (« je décide, il exécute » n'est pas une phrase de Sarkozy). En outre, dans ce gouvernement, il comptait de nombreux ennemis (les Chiraquiens , les Villepinistes), prêts à tout pour empêcher Sarko de briguer la magistrature suprême. Là, le pouvoir lui est promis et c'est lui qui va pouvoir placer ses hommes. Et pardon, la dangerosité des Fillon, Borloo, Alliot-Marie, Devedjian, Bertrand, Hortefeux me semble à peu près nulle.

    Si l'élection de Sarko provoque des émeutes en banlieue, la gauche va prendre la défense des émeutiers et elle recevra une nouvelle correction aux législatives. Si émeutes il y a, il faudra les réprimer, avec l'aide de l'armée si nécessaire. Ce n'est plus le temps de tolérer l'inexcusable. La racaille au pas ou en taule !

    Je vis depuis deux ans au Canada, venant d'une région (la Wallonie) sinistrée par le socialisme et l'assistanat inconditionnel (donc aussi, forcément, par l'alcoolisme et la toxicomanie). Croyez-moi, je mesure la différence et puis vous assurer qu'il n'y a rien à craindre, au contraire, du libéralisme tempéré. Du reste, ici, personne ne vous traite de fasciste pour un oui, pour un non. Pas de suspicion de pensée incorrecte et un certain franc-parler tout à fait réjouissant.

    Pour conclure, allez donc lire l'interview de Sarko par Alexandre Del Valle pour le Jérusalem Post. Si cet homme-là est dangereux pour la démocratie, que je me réincarne en Daniel Cohn-Bendit !

    http://www.alexandredelvalle.com/publications.php?id_art=260

  • « Ahurissant ce débat, avec la revanche de mai 68, voilà qu'on envisage ni plus ni moins un autodafé de toute la pensée depuis 40 ans »

    Ne vous emballez pas comme ça, mon brave. Si autodafé il y a, c'est dans votre imagination un peu débridée et nulle part ailleurs. On parle de castrer un chiot et tout de suite vous imaginez l'euthanasie de toute la race canine. Le vin, c'est bon, mais faut pas abuser.

  • Merci pour vos réponses argumentées, Yanka. Ma mauvaise foi est sans limite. N'empêche : le libéralisme tempéré je ne demande que ça, moi ! Mais le libéralisme tempéré, c'est le centre-gauche qui l'incarne ! Le programme de Sarkozy n'a rien de tempéré. A moins que vous ne considériez la politique de Thatcher comme elle-même tempérée...

  • "Ma mauvaise foi est sans limite. N'empêche : le libéralisme je ne demande que ça, moi !"

    ça y est, il l'a dit, il l'a dit!!!

  • Vous préférez le bilan mitterandien qui consista en une multiplication par deux du chômage en deux ans entre 1981 et 1983 ?

  • Bruno, dans ta citation, tu oublies "tempéré". Petit filou.

  • Transhumain, vous avez raison, l'art nous réserve encore quelques belles pépites. Mon intervention hâtive ne m'a pas permis de nuancer mes propos. Mea culpa.
    Il va de soi que je ne considère pas monsieur Sarkozy comme un nouvel Hitler, vous l'aurez compris. Je m'interroge simplement sur la position de votre futur président (je suis belge...) à l'égard du flâneur, du contemplatif, du poète, de celui pour qui l'oisiveté n'est pas mère de tous les vices mais attitude existentielle. La réponse à cette interrogation est ancrée dans le cortex de monsieur Sarkozy depuis son enfance et fondera sans aucun doute le nouveau visage de votre société. Mais puisque Nicolas S. semble accorder un statut préférentiel à la notion de respect, rien ne devrait être redouté...

  • Belle charge, Transhumain, et sur un sujet, le principal sujet à mon sens sur lequel il faut attaquer Sarkozy de front : sa hantise de l'acte gratuit, du bonheur sans but lucratif, de la paresse. Sa dévotion à l'argent - on pourrait ajouter aussi sa conception parfaitement archaïque des places de l'homme et de la femme dans la société, mais ce n'était pas ton propos.

    Juste un mot quand même à propos de cette obsession du bonheur par l'argent et le travail : elle est hélas également partagée complètement par la candidate Royal, qui en complément la nourrit d'envie et la dissimile hypocritement.

    Le choix que nous avons à faire est le pire des choix pour les rêveurs, poètes, intellectuels que nous rêvons d'être. Tu connais le mien, hélas.

    Très amicalement, http://francemoinsj.canalblog.com

  • Problème de choix concret :

    S.R. propose l'augmentation de l'A.A.H. (déjà programmée par la droite d'ailleurs, comme me l'a confirmée un médecin libéral à la fin de l'année dernière) parmi les premières mesures à mettre en oeuvre si elle est élue. Je l'en félicite car le montant de l'A.A.H. a été augmenté cette année mais demeure très faible.

    N.S. propose l'abolition des droits de successions petites et moyennes : je l'en félicite aussi.

    Seulement voter pour l'un signifie-t-il forcément renoncer à la mesure préconisée par l'autre, ou du moins le risque de la voir ne pas être réalisée ?

    J'ai pris deux mesures comme exemple. J'aurais pu prendre des mesures bien plus amples et importantes encore en exemple. Faut-il privilégier la sécurité des personnes et des biens ? Sans doute car sans sécurité, rien d'autre n'est possible. Faut-il privilégier l'assurance d'une fonction publique active et efficace sur l'ensemble du territoire ? Sans doute puisque sans cela, rien n'est possible non plus. Faut-il... ?

    Bref le choix - à ce niveau-là : au niveau des propositions matérielles - est de toute évidence absurde : des deux côtés on propose d'excellentes choses.

    Alors ? Alors la difficulté provient du non-dit - raison pour laquelle le sous-titre du livre récent de Raphaël Dargent est pertinent. Quel est le "non-dit des programmes" de N.S. et de S.R. ? C'est tout le problème. Je ne partage pas l'analyse de Dargent concernant certains points par ailleurs passionnants, très informés et riches de son livre. J'adhère volontier à certaines autres analyses du même Raphaël.

    Mais il faut bien reconnaître que le décryptage du non-dit est affaire d'une élite très informée : presque omnisciente, devrais-je dire. Et on demande à tous les électeurs d'être de ce niveau. Absurde. Le coup de dés. Une fois et pour tout le monde : destin, hubris, antiquité grecque. Les débats admirables de l'assemblée de Sparte tels que Jacques Tourneur et / ou Mario Bava les filmait dans LA BATAILLE DE MARATHON (Ital.-Fr. 1959) : les élites de Sparte et d'Athène doivent se méfier d'Alcibiade. Alcibiade est en fait fasciné par le pouvoir... des Perses. Steve Reeves doit courir une nuit entière pour faire triompher la démocratie (... l'aristocratie, en fait, d'une élite bonne, belle et courageuse, chérie des Dieux : nos fantômes fondateurs, en rêve occidental) et le fait, aidé par un roulement de tambour obstiné, des nuages éclairés en vert et en orange.

    Comme d'habitude ici et maintenant, il faut que l'un se fasse remémorer au lendemain même de sa victoire qu'il est humain et faillible, qu'il doit songer aux faibles, aux pauvres, d'abord. Qu'il doit préserver certains acquis, y compris sociaux dans le cas de N.S., y compris anti-68 dans le cas de S.R.

    Que N. Sarkozy augmente l'A.A.H. s'il est élu, augmente le SMIC, augmente le RMI, augmente les pensions de retraite. Que S.Royal augmente le nombres de gardes de sécurité dans les écoles, et augmente la discipline de même, impose la loi et l'ordre aux voyous, supprime les droits sur les petites et moyennes successions.


    Que le vainqueur fasse ce qu'il a promis et fasse aussi ce qu'a promis l'autre qu'il aura vaincu. Ce sera un moindre mal. Une possible régénération.

    On n'y croit pas : il faudrait pourtant.
    Et bon vote - bon vent : l'avenir d'une illusion jamais n'a modelé autant de réalités. Même sans vent, Paris "fluctuat nec mergitur". Voire : voeux....

  • Ouais, Olivier, et toi dans ta très fine analyse du problème des hôpitaux, tu oublies toi aussi un aspect, petit filou.
    Ton infirmière à 60 heures: argument imparable, auquel je souscris tout à fait. C'est évidemment aberrant.
    Mais: quand dans un labo d'analyse d'anapathologie il n'y a pas assez de monde pour mettre en forme les prélèvements de bidoche, c'est simple: au-dessus, tu ne peux pas traiter efficacement les patients. Et pourquoi il n'y a pas assez de monde? parce que ça a pris ses RTT, parce que ça voulait pas bosser un peu plus tard que d'habitude. Parce qu'avec Jean-Mi, on partait en week-end à Center Park en laissant aux autres l'excédent de boulot, et qu'ils se démerdent!
    Dans nombre d'hôpitaux, on sait bien que les 35 heures ont été une aberration pour le mode de fonctionnement et donc pour la qualité des prestations de soins fournis aux patients.
    Au fond, c'est toujours le même problème: personne n'est pour faire bosser les gens 60 heures par semaine. Mais dans certains métiers, comme le milieu médical, il faut avoir une vocation telle que la vie privée peut, épisodiquement, être laissée de côté, quelque peu sacrifiée, au profit d'une cause plus noble. Tu cites le moment où l'on en exige trop d'une infirmière, je te réponds que l'excès inverse du petit planqué qui mate sa montre pour être sûr de ne pas faire la moindre minute supplémentaire (crois-moi, on en voit, des gens comme ça, ça fait très mal au coeur) est tout aussi moralement répugnant. Dans les deux cas, celui qui passe à la trappe, c'est le patient!
    Sans que cette remarque, par laquelle je complète sans contredire ce que tu disais fort justement, n'incite d'ailleurs à voter pour Royal ou pour Sarkozy...

  • J'ai mis un peu de temps à y revenir, lire tranquillement les commentaires de tous et chacune à ton bel article, Olivier. Et finalement, tel un candidat à la présidentiel, me répondant à moi-même sur ce blog où les commentaires s'épuisent, j'y reviens.

    Car vois-tu, je l’aime bien ton discours sur le travail et l’argent, et je l’ai dit hier à retardement juste au-dessus. Mais un truc me navre : pourquoi, en ne cessant d’affirmer ton “socialo-démocratisme” très Bayrouiste, as-tu voté dès le premier tour pour cette conne néo-vichyste de Ségo ? Les millions d’analystes brillants qui ont cédé à l’injonction utilitaire du PS ne se les mordent-ils pas un peu, en comprenant mais un peu tard, qu’ils n’auraient pas dû aussi bien s’y faire prendre ?

    Parce que finlement, tu auras, avec toute l’amitié réelle et le respect que je te porte, appelé à voter conformisme dégueulaire au deux tours?... Joli bilan !
    Très cordialement,

    allez jeter deux yeux sur mon site : http://srivron.free.fr
    ou sur mon blog de campagne : http://francemoinsj.canalblog.com

  • Oui, c'est vrai

    Pardon de ne pas avoir demandé la permission

    Ce n'est pas pour le plagiat, juste pour une diffusion la plus large possible parce que bravo pour ce résumé

  • No problemo thomas ! Comme je vous l'ai dit chez vous, c'est pour la bonne cause !

  • Cher Transhumain.

    Comme j'ai fini les cahouètes depuis longtemps et que le rosé est maintenant un peu chaud, je suis parti à cette heure tardive de chez Juan et je me permets de venir squatter chez vous. J'en profite, il paraît qu'à partir de demain soir, les squats seront terminés...

    Bon, si au moins votre texte était amusant ou contenait des "arguments", comme vous le prétendez... Mais en dehors des insultes gratuites, notamment sur le physique de Nicolas Sarkozy (vous avez un problème avec les nains ? c'est une véritable obsession chez vous !), et des comparaisons avec des animaux rampants, l'ensemble étant digne des textes de haine des deux grands totalitarismes du siècle dernier, vous n'avancez que des contre-vérités patentes. Ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite (c'est déjà un détail que vous oubliez) ne peut évidemment pas concerner la fonction publique hospitalière ni les collectivités territoriales. Je l'ai expliqué sur le texte actuellement en Une du Stalker. Ce serait contraire à la constitution et aux lois organiques (notamment relatives aux loi de finances et aux lois de financement de la sécurité sociale) et Sarkozy l'a d'ailleurs rappelé à Mme Royal. Ensuite, il a déjà indiqué quels postes seraient concernés : les douanes et les impôts. En effet, il entend (enfin !) fusionner la direction générale des impôts (80 000 agents) et la direction générale de la comptabilité publique (60 000 agents) et supprimer ainsi les nombreux doublons qui existent. Et ne me dites pas que c'est de l'ultra-libéralisme. D'abord, peut-on considérer qu'il est normal que 160 000 agents soient mobilisés pour la seule collecte de l'impôt ? Et ensuite, je vous rappelerai que Christian Sautter, ministre de l'économie et des finances de L. Jospin, avait tenté de le faire en 1999, mais qu'il avait dû reculer parce que... les syndicats de ces deux administrations menaçaient de ne plus payer les fonctionnaires. Voilà le vrai visage des tenants du "service public". Il y a de quoi s'étouffer de rire, vraiment. Autre précision : le nombre de fonctionnaires de l'Education Nationale (1 million) a augmenté quand le nombre d'enfants scolarisés diminuait. Résultat : 13 millions d'enfants. Soit un fonctionnaire pour 13 personnes. Sous-administrée, la France ?

    Par ailleurs, vous croyez démontrer que la libération du recours aux heures supplémentaires empêchera les embauches. Ah, parce que les 35 heures ont créé des emplois, peut-être ? La réalité est très simple : plus la quantité travaillée est importante, moins il y a de chômage. Et vous pourrez sauter sur votre chaise comme un cabri en hurlant "ultra-libéralisme, ultra-libéralisme, ultra-libéralisme", ça n'y changera rien. Tous les chiffres et toutes les études économiques le montrent. Prenez l'Europe et les Etats-Unis, par exemple (entre les années 60 et les années 90) : quand ces derniers faisaient passer le taux d'activité de 60 à 70% de la population, le chômage moyen passait de 7,5 à moins de 5%. Dans le même temps, l'Europe passait de 5 à 9 % de chômeurs en faisant diminuer le taux d'activité de 70 à 60%. Si vous avez raison, si le partage du travail marche, pourquoi diantre les 35 heures, les pré-retraites et l'allongement de la durée des études n'ont-ils pas permis de résorber le chômage ?

    Autre chose : les 35 heures à l'hôpital ont bien été une catastrophe. A-t-on constaté une diminution du nombre de maladies nosocomiales depuis que le temps de travail a été diminué ? Non. Il semblerait que les infirmières, bien que tremblant moins, ne soient pas plus efficaces. Et puis, même si, en bon apôtre du socialisme, vous semblez ne pas aimer les chiffres - c'est normal : quand les faits contredisent la théorie, c'est que les faits ont tort... - je vous rappellerai qu'en 2003, 8 des 13 milliards d'euros de déficit de l'Assurance maladie étaient dus aux 35 heures. Et je précise que cette étude n'a même pas été commandée par le très méchant "W", ni par le fantôme d'Adam Smith. La vraie menace pesant sur l'hôpital est là : à force de donner trop à tout le monde, plus personne ne bénéficiera de rien. N'oubliez pas que ce sont les régimes communistes qui étaient les plus inégalitaires du monde.

    J'ai lu plus loin dans vos commentaires que vous vous disiez favorable à un "libéralisme tempéré". Selon vous, c'est "le centre gauche qui l'incarne". Ah, parce qu'il y a un centre gauche en France? Première nouvelle. Et puis franchement, arrêtez de nous servir cette vieille rengaine sur "l'ultra-libéralisme" qui menace. D'abord, l'ultra-libéralisme - qui d'ailleurs n'est pas une théorie, plutôt le nom que la gauche donne à la convergence des intérêts du monde de l'argent - n'a rien à voir avec le libéralisme. Il y a entre les deux une différence de nature, pas de degré. N. Sarkozy ultra-libéral ? C'est à mourir de rire. Les réformes qu'il propose vont beaucoup moins loin que ce que des Blair ou des Schröder ont fait dans leurs pays. Et eux, en plus, ils sont de gauche !

    Bon, je vais arrêter là pour ce soir. Je ne relève pas les tombereaux d'âneries qui ont été racontés sur les Etats-Unis dans les commentaires. Tout est faux de A à Z. Sur les universités, par exemple : l'argent n'est pas un obstacle. Là bas, une seule règle : le travail. Pas de place pour ceux qui attendent que l'on vienne les assister. Mais ceux qui veulent s'en sortir pourront toujours le faire. Vous (je ne parle pas seulement à vous, Transhumain, mais à tous les "américanophobes") ne vous êtes jamais demandés pourquoi la contestation sociale radicale (marxisante) n'a jamais eu de succès aux Etats-Unis ? N'est-ce pas parce que la population croit en l'avenir et croit en la possibilité de s'en sortir, parce que le travail y est récompensé ?

    Et toute dernière chose : non, le travail n'est pas qu'un mode d'organisation. Il a une valeur morale en soi. Le travail, l'effort : ne me dites pas que vous n'en êtes jamais passé par là pour pouvoir écrire des textes aussi passionnants que vos critiques littéraires ! Prétendre que le travail n'a aucune importance et que seules comptent les heures passées en famille est une supercherie. Personnellement, je ne rêve pas d'une société sans travail, car ce serait une société profondément injuste. Tout ne se vaut pas, c'est ce que le travail nous enseigne.

    Sur ce, bonne soirée. Profitez-en bien : c'est peut-être la dernière !

  • Je débarque et sur votre blog et dans le débat...
    J'ai beaucoup aimé votre texte pour sa fougue et son "prophétisme incandescent"
    Mais Hélas !
    Ce n'est pas Hitler en effet que nous allons avoir : c'est Berlusconi, et ce n'est pas un hasard si Tapie est "supporter" de Sarko
    C'est pire : un Hitler peut inciter à la révolte, pas un Berlusconi, nous allons être "berlusconisé"
    J'ai vu qu'on traitait Ségolène de "mère supérieure " et ...pour quoi pas
    dans l'échelle des valeurs je préfère quand même soeur Emmanuelle à un supporter du PSG...

  • "Vous (je ne parle pas seulement à vous, Transhumain, mais à tous les "américanophobes") ne vous êtes jamais demandés pourquoi la contestation sociale radicale (marxisante) n'a jamais eu de succès aux Etats-Unis ?"

    C'est très mal connaître l'histoire des Etats-Unis, monsieur.

  • Lorenzo, je connais l'histoire des Etats-Unis, et je ne vois absolument pas pourquoi vous parlez du marxisme aux States. Aurais-je évoqué le sujet dans mon sommeil ? Par ailleurs je ne suis pas américanophobe du tout. Pardon, mais les Etats-Unis, grande nation historique et culturelle, ne se confondent heureusement pas à leur gouvernement. C'est grotesque, ça ne mérite même pas de réponse. Ciao.

    Ah ah, Germain, c'est Juan qui m'a transmis l'obsession du nain comme métaphore ! Le physique n'a que peu à voir avec le nanisme dont j'affuble Sarkozy. Vous êtes à votre tour d'une mauvaise foi confondante. Le ton volontairement musclé de mon article ne devrait pas vous cacher ses arguments. Vous êtes d'autant plus mal placé que vous avez vous-même écrit un texte tout aussi partisan que le mien, sur le crétinisme supposé de Ségolène Royal (la photo illustrant le texte en question étant aussi sournoise que celle que j'ai choisie pour ma dernière note, avec le bras levé de Sarko). Soyez au moins cohérent. Que vous m'attaquiez sur la validité de mes arguments, soit. Mais que vous me reprochiez une hargne, un registre qui n'ont jamais fait défaut à notre ami commun Juan Asensio quand il s'agit de dézinguer ses ennemis, c'est un comble ! Allons.

    Sur le non-remplacement des fonctionnaires : vous ne me ferez pas croire que les seuls douanes et finances permettront d'augmenter de manière sensible les salaires des 5 millions de fonctionnaires (c'était un argument de Sarkozy, je n'invente rien). Je l'ai dit : une réforme de la fonction publique est sans doute souhaitable, et certains ministères doivent être élagués. Mais Nicolas Sarkozy, dans sa campagne, ne s'est pas contenté de signaler les quelques abus : il a clairement annoncé qu'il voulait ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux, point barre, avec "des exceptions". Mais nous savons tous deux que ces "exceptions" seront innombrables (la territoriale, pour n'en citer qu'un, représente déjà UN TIERS de la fonction publique), si bien que son annonce est sans objet. Quant à l'éducation nationale, vous plaisantez j'espère. La diminution du nombre d'élèves n'est pas une raison de diminuer le nombre d'enseignants : vous ne savez donc pas que l'éducation est de meilleure qualité dans une classe restreinte ? Qu'est-ce qui compte selon vous ? Diminuer le nombre de profs, ou assurer la meilleure éducation qui soit à vos enfants ? je vous laisse choisir... Quant mon frangin (sarkozyste !) me raconte ses journées de professeur, dans une lycée poubelle de la Seine-Saint-Denis, j'hallucine. Insultes. Coups. Bordel. Niveau zéro. Que voulez-vous qu'il y fasse, quel que soit le modèle pédagogique utlisé d'ailleurs, s'il a en face de lui une trentaine de fauves excités ? La notion de service public semble vous échapper. Logique de résultat ? Oui, mille fois oui ! Le résultat, pour un fonctionnaire, ne se résume pas à un chiffre. Une médiathèque où 40% des habitants de la ville sont abonnés est-elle plus efficace que telle autre à 20% ? Pas sûr. Le patrimoine transmis, le rapport des usagers au livre, à la littérature, sont plus difficiles à évaluer - mais nous nous en donnons les moyens.

    Les 35h ? Les 35h ONT CREE des embauches, ne cédez pas à la propagande sarkozyste. Pas des millions, soit, mais plusieurs centaines de milliers (300000 je crois, selon les chiffres officiels), ce qui n'est pas ridicule, tout de même. Par ailleurs, les statistiques (chômage, nombre d'heures travaillées) ne constituent pas, ou ne DEVRAIENT PAS constituer, l'unique horizon de la politique. Les 35h sont aussi le symbole d'une société qui refuse l'érection du travail en valeur absolue.

    Encore une chose : le travail n'a jamais été une fin en soi ! Le travail est un MOYEN d'assurer la cohésion d'une société, en même temps que la subsistance du travailleur. Ca n'empêche pas qu'il ait une valeur, que je ne nie pas. Mais il reste un moyen. L'argent également. Et le fric nous perdra.

    Dois-je aussi vous faire remarquer qu'un très grand nombre de ceux qui, sur le web, hurlaient NON ! au traité constitutionnel européen (j'ignore si vous en étiez, ne prenez pas cela contre vous), adoubent aujourd'hui l'un des plus ardents défenseurs du OUI, Nicolas Sarkozy ? A relire les arguments de l'époque, il y a de quoi ricaner.

    J'accepte la critique, mon cher, et je lis volontiers vos arguments : mon pamphlet n'a pas la prétention de constituer une analyse politique. Mais abandonnez la condescendance du vainqueur, je vous prie. Mes arguments sont idéologiques bien sûr, comme les vôtres, mais n'en sont pas moins réels.

    CORDIALEMENT.

  • Je répondais à M. Souchet. La phrase sur les USA et sur la prétendue absence de "contestation radicale marxisante" dans ce pays est de lui, c'est pourquoi je l'ai mise entre guillemets.

  • Cher Transhumain,

    Je n'avais aucune intention d'employer le ton condescendant du "vainqueur", pour deux raisons : 1. je ne suis le militant d'aucun parti ; 2. je ne sais pas, même à l'heure qu'il est, qui remportera cette élection. Je respecte trop le suffrage universel pour m'avancer sur ce point en m'appuyant sur des sondages, même s'ils donnent évidemment des tendances. Donc, désolé si je vous ai paru désagréale, ce n'était pas mon intention.

    Sur mon article relatif à Ségolène, deux remarques également : 1. je n'ai pas choisi les photos, c'est Juan qui l'a fait car, évidemment, il est le seul à décider de ce qui se passe dans la Zone (et puis, au passage, je ne vous ai même pas reproché votre photo de Sarkozy : après tout, elle n'est pas truquée !) ; 2. mon article était certes pamphlétaire, mais, pour le coup, il s'appuyait sur des arguments très précis, et non sur des procès d'intentions. J'ai relu votre texte : vraiment, je n'y trouve pas d'arguments précis et concrets. Je suis tout sauf transi d'admiration pour N. Sarkozy, et je suis prêt à entendre et à discuter de critiques objectives. Mais là, c'est vraiment trop idéologique, comme vous le dites vous-même : or, un "argument idéologique", cela relève presque de l'oxymore !

    5 millions de fonctionnaires : vous y tenez, décidément. Le programme de N. Sarkozy traite des fonctionnaires de l'ÉTAT, soit environ 2,5 millions. Encore une fois, les fonctionnaires hospitaliers et territoriaux ne seront pas concernés. Vous continuez à faire la même confusion que S. Royal. Cela étant, je vous accorde que la réduction des seuls agents des douanes et des impôts ne sera pas suffisante pour augmenter sensiblement le traitement des fonctionnaires et pour diminuer la dette. Il faudra donc faire aussi des économies ailleurs.

    Sur l'Éducation Nationale : ai-je dit qu'il fallait diminuer le nombre d'enseignants ? Par ailleurs, ce que vous racontez sur les classes difficiles, je le connais très bien. Mais va-t-on régler le problème en diminuant le nombre de "fauves excités", selon votre expression, ou bien en restaurant certaines valeurs comme le respect, l'ordre, la discipline ? Et ne me dites pas qu'à plus de 17 par classe (je reprends le chiffre avancé par Mme Royal lors du débat), ce n'est pas possible, les contre-exemples abondent. La logique de l'Éducation Nationale est la suivante : à moyens infinis, nous arriverons à obtenir de bons résultats. Oui, sauf qu'à moyens infinis, il n'y a plus de moyens du tout... Restaurer la qualité de l'enseignement avant de réclamer encore de nouveaux crédits, voilà ce qu'il faut faire.

    Je savais que vous n'aimeriez pas les chiffres, surtout quand ils contredisent votre théorie. Deux remarques, là aussi : pourquoi, dans ce cas, aimez-vous tant les chiffres quand il s'agit de sauver les services publics en danger ? Pourquoi êtes-vous tant attaché à citer le nombre de fonctionnaires ? Ce qui compte, c'est le travail réalisé, pas leur nombre, non ? Ensuite, je suis d'accord avec vous : les 35 heures "sont aussi le symbole d'une société qui refuse l'érection du travail en valeur absolue". Très bien. Mais maintenant, que tous ses partisans assument : qu'ils ne viennent pas pleurnicher parce que leur niveau de vie stagne et que le chômage ne baisse pas. Puisqu'on vous dit que tout cela n'est pas important ! (Je sais, c'est de mauvaise foi, mais vous m'y poussez un peu !).

    Les 35 heures, justement : 320 000 emplois, pour être précis. Je connais ces chiffres. Mais il faut les regarder différemment : les 35 heures, c'est du "one shot". Autrement dit, 320 000 emplois au début, rien ensuite, sans compter le nombre d'emplois qui n'ont pas été créés à cause des 35 heures. Nombreuses sont les études qui montrent qu'au total, le bilan des 35 heures est négatif. Sans compter que le passage à 35 heures payées 39 a provoqué une augmentation brutale du coût du travail qui a durablement gelé les salaires.

    Bon, je vais arrêter là : je crois que de toute façon, nos positions ne sont pas réconciliables. Il vaut mieux parler de littérature, nous risquons de retrouver des terrains d'entente !

    Bien cordialement.

    PS : la référence au marxisme aux USA est bien de moi, mais elle ne vous concernait pas directement, cher Transhumain. Je réagissais à certains commentaires qui tendent à nous présenter les USA comme le laboratoire de toutes les violences sociales. D'où ma question sur le non-succès de la critique radicale marxistante. D'ailleurs, Lorenzo, j'attends que vous me montriez le contraire ! Vous risquez d'avoir du mal : pendant la Grande Dépression, les électeurs ont largement choisi FDR, pas exactement marxiste ; en 1968, Nixon gagna les élections et s'imposa en 1972 dans 49 États avec une moyenne nationale supérieure à 60 % ; et depuis 1980, Reagan, Bush père et Bush fils ont été présidents, Clinton ne remettant pas en cause les grandes lignes de la révolution conservatrice reaganienne...

  • Vous demandez, M. Souchet, "pourquoi la contestation sociale radicale (marxisante) n'a JAMAIS eu de succès aux Etats-Unis" (c'est moi qui souligne comme je peux) et vous prenez comme exemples des élections générales (!), et comme période les années 1968-2000... Ce n'est pas très sérieux.

    Car de la même façon, c'est-à-dire en utilisant les mêmes données que vous, on peut considérer que, hormis la parenthèse mitterando-communiste de 81-83 (très surestimée par les gauchistes), la "contestation radicale (marxisante)" n'a jamais eu de succès en France puisque depuis 1947, seuls des partis de centre-gauche ou de droite y ont été au pouvoir...

    Pour ma part, j'appelle "contestation sociale radicale (marxisante)" toute forme de critique du capitalisme, de rébellion, révolte, grève sauvage ou non, manifestation violente ou non de travailleurs et d'intellectuels qui s'appuient sur l'utopie socialiste développée entre autres par Marx au 19ème siècle pour soutenir leur bras de fer avec l'oligarchie capitaliste. Et de ces critiques, rébellions, révoltes, l'histoire des Etats-Unis est pleine.

  • De retour d'Irak, Rambo n'est pas content...

  • Désolé, Lorenzo, je ne suis pas maurassien : l'opposition entre le pays réel et le pays légal, très peu pour moi...
    Mes exemples ne sont pas sérieux ? D'abord, je ne cite pas seulement la période 1968-2000, mais plus exactement 1932-2004. Nuance. Ensuite, si vous regardez de près les élections américaines, elles ne font que révéler la volonté profonde de la "majorité silencieuse" : la révolution conservatrice est symptomatique du retour en force des valeurs dites traditionnelles au sein de l'Amérique profonde. De même que la victoire écrasante (eh ! 61% des voix et 49 États remportés, ce n'est pas une timide victoire 51/49 au second tour d'une élection présidentielle !) de Nixon montre que l'Amérique profonde ne partageait pas "l'esprit" de 68. Ne vous laissez pas abuser par la visibilité médiatique des classes dirigeantes bobo de la côte Est : ce n'est pas le "pays réel". Celui-ci, justement, s'exprime lors des élections. Et aux USA, elles n'ont jamais consacré de mouvements radicaux de type marxiste. C'est un fait. Je reconnais néanmoins que l'Amérique est souvent parcourue par des mouvements contestataires pouvant même être violents ; mais contrairement à ce qui se passe en France ou plus largement en Europe, il existe aussi des contre-mouvements populaires conservateurs. Et ceux-ci ont toujours fini par l'emporter.

  • J'ai parlé d'intellectuels ET de travailleurs, donc ne me limitais pas à la côte Est. Par ailleurs, je regardais en amont de 1934 et au-delà d'élections générales dont on sait, surtout aujourd'hui, qu'elles ne représentent que la moitié du pays, puisque en moyenne seulement un Américain sur deux va voter. Je ne parlerai pas non plus des moyens astronomiques dont a besoin un candidat à la présidentielle américaine, ce qui élimine d'office n'importe quelle candidature exprimant la volonté de remettre en question, de façon plus moins radicale, le poids des énormes lobbies qui gouvernent de fait ce pays.

    Enfin, vous finissez par me donner raison : "Je reconnais néanmoins que l'Amérique est souvent parcourue par des mouvements contestataires pouvant même être violents ". Vous oubliez seulement que ces mouvements contestataires, étudiants ET ouvriers, se sont plus d'une fois référés au socialisme et marxisme dans la longue histoire des luttes sociales états-uniennes.

  • fuck l'art. contraignez-vous, astreignez-vous, restreignez-vous si vous le voulez, mais, par pitié, lâchez-nous les roustons. tout ce qu'on veut, c'est humer les matins, faire des barbec' sur l'herbe, lire nos bouquins et baiser nos femmes. putain, ce-toqueur, corps-marri, retournez dans la mêlée et foutez-nous la paix.

  • Farpaitement, Denis la malice.

  • juste: c'est quoi le problème avec le fist?
    ce serait cool qu'on arrête un jour les trucs (insulte suprême): "enculé", avec sa variante "va te faire enculer" (insulte homophobe, vous avez déjà entendue une meuf se faire traiter d'enculée?), dont le fist serait un degré supérieur et le "se faire baiser" ou "on s'est fait niqué" un degré inférieur
    arrêter de faire des métaphores autour des pratiques sexuelles en les stigmatisant ce serait classe... merci
    le ff est un plaisir, Sarkozy non
    unE transpédégouine qui en a marre de se faire insulter par les gens avec qui ille est souvent d'accord politiquement

  • Oh, Bruce, pas de ce petit jeu avec moi ! Le fist est une pratique extrême dont la simple évocation suffit naturellement à faire grimacer le commun des mortels, que ça vous plaise ou non. Je vous ferai aimablement remarquer que c'est vous qui vous identifiez selon vos préférences sexuelles. Voilà ce que je sais de vous : Bruce, "transpédégouine" selon vos propres termes, amatrice de fist-fucking. Rien d'autre. Admettez que c'est lamentable. Vous imaginez, si un autre pingouin arrive (ou une pingouine), et se présente uniquement comme hétéro et friand de cunnilingus ? Ce serait tout aussi con. Par ailleurs, le simple fait d'avoir choisi la photographie de Witkin, artiste dont j'admire le travail, pour illustrer cette note, et non une illustration vulgaire, aurait dû vous arrêter : vous en connaissez beaucoup, vous, des blogueurs sérieux qui montrent un beau et monumental fist en une de leur blog ?... Avouez quand même qu'elle est terrifiante. Enfin, je vous signale que cette photo m'a attiré de VRAIES insultes (enfin, plutôt des insinuations, mais ça ne fait guère de différence) homophobes, proférées par un fan mononeuronal du film 300. Ce que cet abruti n'a pas compris, c'est que ses insultes me laissent complètement indifférent, pour la simple et bonne raison que, de mon point de vue, chacun fait ce qu'il veut avec son cul.

  • "de mon point de vue, chacun fait ce qu'il veut avec son cul."

    Toi, tu n'as pas connu l'immense plaisir de voir débouler aux urgences de jeunes messieurs ayant besoin d'aide pour extirper une carotte, un poireau, que sais-je encore...
    La sanction est terrible: la fameuse "poche à caca" fera passer l'envie aux plus coquins de vouloir à tout prix tester les possibilités de dilatation de leur orifice...

  • Ouais mais c'est leur problème. J'insiste : chacun fait ce qu'il veut avec son cul.

  • Très fun. Complètement extrapolé, faisant abstraction des réalités politiques et économiques de ce monde, bien trop idéaliste et romantique pour être sérieux, mais très fun. Je rejoins l'auteur sur le fait que notre peuple de veaux (mais les autres valent-ils mieux?Certainement pas) acclame le parasite qui se nourrit de sa crédulité. Bel effet de style, j'en conviens.

    Ceci dit, cher auteur, pour résumer grossièrement, avec 1,5 milliards de chinois et bientôt le même nombre d'indiens qui nous concurrencent directement (alors qu'il y a encore 20 ans ces pays vivaient au moyen age), avec les émirats pétroliers qui rachètent par pans entiers notre économie (les chiffres parlent d'eux-même), oui, on peut le dire, les 35 heures et toute cette fumisterie hédoniste post-soixantehuit-arde nous mènent à notre perte.

    Une civilisation qui met l’oisiveté au-dessus de l’effort prépare la laisse et la muselière que lui passeront les maîtres de demain, ne l'oubliez pas.

    Très bon texte donc, plus digne d'un poète que d'un analyste sérieux.

  • J'adore votre version non édulcorée des choses
    bravo pour votre courage

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