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  • Schizojardinage

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    Si vous aimez les couvertures hermétiques, l’ordre de Malte, es psychiatres déments, les visages nés du givre, les prophètes, la cuisine moléculaire, les collectionneurs, Ondine, les brucolaques, les samovars, le langage du vent, les nanos, les échos, William Shakespeare, les danseurs de funk, les messages extraterrestres, Jules César, le Velvet Underground, lJonas, les miroirs, Bruno Bettelheim, les pingouins, Beulah, les épidémies hertziennes, le courant alternatif, le pain gris, les fantômes dans les tranchées, la distribution des rôles et les modes opératoires, si la simplicité des contes comme les expérimentations ne vous laissent pas insensible, alors Le Jardin schizologique est pour vous.

     

    Le Jardin schizologique (nouvelles apparues dans le miroir), une anthologie réalisée par Olivier Noël, éd. la Volte, 2010, 18 €. Avec des nouvelles de Stéphane Beauverger, Thomas Becker, Francis Berthelot, David Calvo, Philippe Curval, Alain Damasio, Mélanie Fazi, Marilou Gratini-Levit, Jeanne Julien, Jacques Mucchielli & Léo Henry, Frédéric Serva, Hugues Simard et Sébastien Wojewodka.

     

     

     

  • THX 1138 de George Lucas (9)

     

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    Maître Yoda. Rien à voir avec notre article.

     

     

    On l’a dit, THX et la trilogie sont très différents, presque antithétiques. Seuls quelques détails préfiguraient ce qu’allait être Star Wars. Tout d’abord les agents-robots, qui rappellent beaucoup, rétrospectivement, les soldats de l’empereur (masques, uniformes) sans personnalité propre mais entièrement dévoués à l’autorité (l’Empereur dans Star Wars, la collectivité dans THX). Ensuite la dernière partie du film (la poursuite de THX par les agents-robots vers la sortie), plus spectaculaire et linéaire, annonce les combats spatiaux et autres poursuites interstellaires de la trilogie. Enfin, symboliquement, George Lucas oppose dans ses deux oeuvres le bien et le mal – basculer du côté lumineux ou obscur de la Force, s'émanciper d'une organisation sociale autoritaire. Dans Star Wars, bien et mal sont absolus, incarnés (Darth Vader, Luke Skywalker). Dans THX, bien et mal sont diffus, abstraits (l'amour, la coercition...). Deux excès : aventure binaire d'un côté, message trop appuyé de l'autre. Dans THX personne n'est bon ou mauvais, il n'y a qu'agents de l'autorité, et cheptel humain – l'individu, y est écrasé, et ne peut rien changer. Le coup d'éclat de THX lui fait quitter son monde concentrationnaire, mais rien n'indique qu'il puisse y retourner le subvertir – et encore, est-il permis d'envisager une mort rapide dans une atmosphère contaminée. Nulle autre Étoile Noire, ici, que l'organisation sociale. Le mal n'a pas de visage.

     

  • THX 1138 de George Lucas (8)

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    THX 1138 est un film très chrétien, au fond. Opposition entre l’âme humaine, capable d’amour (le Divin), et le monde-robot, le monde-écran luciférien, déshumanisé. Ville souterraine : Enfer (la Technique). L'amour physique entre THX et LUH ? Acte de procréation. Provoqué par défaut des drogues inhibitrices. Magnifique séquence, d'ailleurs. S'enlacent, se touchent, s’embrassent – seules manifestations d’humanité véritable dans un monde mort. Pour la société fasciste : dangereux dérèglement chimique. Rappelle encore Alphaville, dans lequel le système dirigé par l’ordinateur Alpha 60 est déréglé par ces quelques mots prononcés par Natacha (Anna Karénine) à Lemmy Caution (Eddie Constantine) : « Je vous aime. ». Le dysfonctionnement est souvent à l'origine d'une libération : machinique dans Brazil (Gilliam, 1985) ; informatique dans 2001 : A Space Odyssey. Le monde futur comme programme informatique où serait inoculé un virus capable d'enrayer un système immuable... Matrix, où le virus a pour noms Néo ou Morpheus, n'en est que la plus récente démonstration.