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  • THX 1138 de George Lucas (8)

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    THX 1138 est un film très chrétien, au fond. Opposition entre l’âme humaine, capable d’amour (le Divin), et le monde-robot, le monde-écran luciférien, déshumanisé. Ville souterraine : Enfer (la Technique). L'amour physique entre THX et LUH ? Acte de procréation. Provoqué par défaut des drogues inhibitrices. Magnifique séquence, d'ailleurs. S'enlacent, se touchent, s’embrassent – seules manifestations d’humanité véritable dans un monde mort. Pour la société fasciste : dangereux dérèglement chimique. Rappelle encore Alphaville, dans lequel le système dirigé par l’ordinateur Alpha 60 est déréglé par ces quelques mots prononcés par Natacha (Anna Karénine) à Lemmy Caution (Eddie Constantine) : « Je vous aime. ». Le dysfonctionnement est souvent à l'origine d'une libération : machinique dans Brazil (Gilliam, 1985) ; informatique dans 2001 : A Space Odyssey. Le monde futur comme programme informatique où serait inoculé un virus capable d'enrayer un système immuable... Matrix, où le virus a pour noms Néo ou Morpheus, n'en est que la plus récente démonstration.

     


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  • THX 1138 de George Lucas (7)

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    Comme dans la Jetée, c’est en lui-même que le personnage trouvera les réponses à ses questions. Mais si La Jetée et Solaris (Tarkovski, 1972) mettent en scène l'importance du souvenir, comme sédiment sur lequel fixer nos désirs et construire un avenir, le héros de THX 1138 se noie dans un présent perpétuel. Alpha 60, l’ordinateur-despote d'Alphaville (Jean-Luc Godard, 1965), croasse : « Personne n’a vécu dans le passé. Personne ne vivra dans le futur. Le présent est toute forme de vie. ». Il n'y a rien dont se souvenir. Aussi, la scène d'amour entre THX et LUH est-elle cruciale. Orwell en avait fait un enjeu, ici l'amour, la tendresse, la chimie sexuelle, l'apprentissage du désir, rompent la blanche monotonie de la ville concentrationnaire, et deviennent expériences singulières. Avec Stalker (Tarkovski, 1979), l’idéal auquel aspire l’homme (ou ses désirs de manière plus générale) n’existe pas tant que cette aspiration en elle-même ; l'objet de la quête n'est autre que la quête elle-même. Le monolithe de Kubrick : le Graal, émanation divine et métaphore de l'apparition de la conscience (il apparaît avant chaque saut temporel). La chambre des désirs de Stalker. Élévation spirituelle, vers le point Oméga. Le désir, essence qui plie la matière (Solaris), qui nous fait nous mouvoir, vers le Surhomme, vers l'Éternel retour (2001 : A Space Odyssey). [Tarkovski réalise Solaris en réaction à l'inhumain 2001. Au monolithe, métaphore divine, il oppose sa planète-océan-mémoire, suprêmement humaine, en dépit de l'incapacité des scientifiques à en déterminer la nature (cf. le roman de Stanislaw Lem)]. George Lucas est plus pragmatique. Pas mystique pour un dollar. S'intéresse plutôt à la redécouverte du visage et du corps de l'autre. Dans son monde-prison, dans son univers uniformisé, aseptisé, formaté, seul l’éveil des émotions, l'engendrement du souvenir, sauvent l’homme en tant qu’être moral, individu doué de raison et de sentiments.

     

     

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