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La Mémoire du Vautour de Fabrice Colin - 1 - Introduction

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« Je crois que nous perdons l'immortalité parce que notre résistance à la mort n'a pas évolué ; nous insistons sur l'idée première, rudimentaire, qui est de retenir vivant le corps tout entier. Il suffirait de chercher à conserver seulement ce qui intéresse la conscience. »

Bioy Casares, L’invention de Morel

 

 

Le nouveau roman de Fabrice Colin paru en avril dernier est un véritable casse-tête pour la critique. La raison en est très simple : La Mémoire du vautour invite ses lecteurs à l’envisager, et à envisager le monde, non pas de manière froidement rationnelle, mais de manière holistique, intuitive, expérimentale. La référence à David Lynch en quatrième de couverture est, pour une fois, plutôt pertinente : comme Inland Empire, le dernier film du cinéaste américain, La Mémoire du vautour ne se laisse appréhender – et apprécier – qui si l’on veut bien abandonner, le temps de quelques heures, le mode de pensée analytique de l’homme occidental, pour arpenter, à la manière du rêveur, des territoires étranges à la temporalité altérée. La Mémoire du vautour n’a jamais besoin d’être compris, il doit avant tout être vécu – il veut s’immiscer dans les zones les plus reculées de notre cerveau, et s’y répandre, comme un virus. Il ne s’agit pourtant pas d’une littérature « ambient » comme celle qu’appelle David Calvo de ses vœux – une littérature plastique, littéralement stupéfiante, que nous devons sentir pour connaître l’extase –, mais bien plutôt d’une forme d’inconscience-fiction, littérature qui, comme le rêve, nous submerge de métaphores et d’images symboliques dont la puissance est avant tout souterraine – cette prose n’est donc pas sans rapport avec la forme particulière du récit poétique. L’émotion nous étreint sans que nous sachions d’abord pourquoi – il serait sans doute exagéré d’en imputer les responsabilité à la seule beauté de certains passages ou à la surdétermination thanatique. Pendant que nous essayons de le plier à notre réalité, ce paysage avec vautour[1] se diffuse dans notre inconscient.

Néanmoins, le critique – qui par son propre désir d’écriture réactive le désir à l’origine de l’œuvre – ne saurait se contenter d’une approche intuitive : quel que soit le projet original, l’œuvre achevée possède une structure, des idées, un réseau de symboles, toujours interprétables. C’est donc au critique qu’il incombe de comprendre pourquoi naît – en lui – cette émotion, c’est à lui de « tirer au clair les potentialités mal élucidées »[2] recélées dans la situation de désorientation provoquée par la stratégie de défamiliarisation[3] du roman. En effet La Mémoire du vautour, comme Inland Empire, n’obéit pas vraiment aux codes narratifs en vigueur, et la plupart des commentateurs ont été déroutés[4], comme on dit d’un programme informatique, par le double jeu d’une œuvre qui ne fait appel au répertoire du familier que pour mieux nous surprendre, pour mieux frustrer notre « attente d’une configuration immédiatement lisible »[5]. Nous perdre, pour que nous nous cherchions. Ces deux œuvres, Inland Empire et La Mémoire du vautour, résistent aux grilles d’analyse trop rigides mais n’en sont pas moins savamment construites, et nous projettent dans des univers singuliers où ce qui importe est moins une certaine idée de cohérence rationnelle, qu’une authentique cohésion souterraine, celle-là même que nous allons tenter ici de mettre en lumière.

Il convient cependant de préciser, en guise de précaution, que cette étude de La Mémoire du vautour ne prétend certainement pas expliquer le roman une fois pour toutes, mais seulement en donner une interprétation, sachant que d’autres sont sans doute possibles[6]. Un texte, surtout de fiction, n’est jamais fermé sur lui-même. Lire, écrivait Paul Ricœur, « c’est, en toute hypothèse, enchaîner un discours nouveau au discours du texte. »[7]. Le critique s’approprie le texte, mêle intimement l’interprétation du texte et l’interprétation de soi. Par ailleurs, et nous nous contentons de paraphraser Ricœur, cette interprétation réflexive n’est jamais qu’une actualisation d’un texte dont le monde est toujours celui du lecteur. Il n’a jamais été question, pour nous, de retrouver une intention originelle, celle de l’auteur, qui, par nature, nous est dissimulée. L’interprétation réussie est alors celle qui nous met « dans le sens » du texte, dans sa direction.

Le sujet de La Mémoire du vautour, à l’évidence, à la fois omniprésent et insaisissable, c’est la mort. Il nous semble toutefois pouvoir dégager deux grands axes de réflexion, que nous nous proposons de développer. Premièrement, la mort en première personne, comme expérience intérieure, impensée car impensable, mais irrémédiablement, et irrévocablement presque vécue : que se passe-t-il, en soi, quand on meurt ? Et deuxièmement, la mort en troisième personne, comme événement universel : que signifie la mort de l’individu en tant qu’elle est un principe du vivant ? La mort a-t-elle un sens ? À ces questions implicites, à ces problèmes ontologiquement insolubles (on ne revient pas de cette ultime expérience, et le sens de la mort – événement dont la quoddité est pourtant absolue – nous demeure à jamais inaccessible), Fabrice Colin ne répond, bien sûr, jamais directement, mais seulement par métaphores. En poète. Mais il y répond : la mort est un processeur d’histoires

 

À suivre.

 

La Mémoire du vautour – 2 – Résumé

La Mémoire du vautour – 3 – La mort impensable

La Mémoire du vautour – 4 – JE est un autre

La Mémoire du vautour – 5 – L'expérience intérieure

 

À lire aussi :

Kathleen

Sayonara baby

Or not to be

Entretien avec Fabrice Colin (juin 2006)

 



[1] Paysage avec vautour devait être le titre du roman. L’éditeur lui a préféré La Mémoire du vautour.

[2] P. Ricœur, Temps et récit 3, Paris, éd. du Seuil, « Points Essais » (1985), 1991, pp. 304-309, cité dans P. Ricœur, Anthologie, textes choisis et présentés par M. Fœssel et F. Lamouche, Paris, éd. du Seuil, « Points Essais », 2007, pp. 100-101.

[3] Ibid.

[4] La seule critique qui ait tenté, à défaut de réussir vraiment, de donner une interprétation de La Mémoire du vautour, est celle de Nathalie Ruas sur le site ActuSF (en bas de page, à la suite du compte-rendu d’Éric Holstein). En dépit de trop nombreuses coquilles, son texte ressemble plus ou moins à ce qu’on est en droit d’attendre d’une critique destinée au grand public – à ce détail près que Nathalie Ruas se contente trop souvent de signaler des occurrences, sans forcément chercher à en déterminer le sens (par exemple, elle signale bien le découpage du roman en cinq parties, corrélé avec les cinq maillons de la chaîne Reeltoy, mais sans donner la moindre explication à ce chiffre. Pourquoi pas six ? Ou sept ? Ou vingt-sept ? Nous donnerons plus loin notre propre interprétation).

Mieux écrite, la critique du même livre, sur la même page, par Éric Holstein, s’avère pourtant moins pertinente, voyant de « l’affectation » où nous ne trouvons, quant à nous, que structures et éléments signifiants. Éric Holstein a bien vu que le roman « se propose de s’interroger sur la mémoire et – surtout – la finitude », mais il considère que « Fabrice Colin s’approche de l’abîme primal, mais refuse de regarder au fond », sans comprendre que précisément, comme nous le verrons plus loin, La Mémoire du vautour se situe, dans l’espace comme dans le temps, dans le territoire circulaire de la mort.

Avec Mr C., du Cafard Cosmique, les choses se compliquent sérieusement (si je puis dire). Certes, pour lui, le roman comporte bien des « clés », « mais des clés qui n’ouvrent que des portes qui donnent sur des couloirs sombres, dont les portes sont, à leur tour, fermées à clé. », ce qui n’est qu’une manière de dire qu’il n’a rien compris au roman. La suite le confirme : « Alors je dois être con, parce que j’ai pas tout trouvé. Ou alors, je suis encore plus con, parce que je crois qu’il y a un truc à trouver, et il y en a pas. C’est un truc d’émotion. Mais l’émotion, ben, ça me l’a fait qu’à moitié. Pasque j’étais un peu à l’ouest au milieu de tout ça, à essayer de comprendre. Alors que, peut-être, faut pas. […] “La mémoire du vautour” de Fabrice COLIN, c’est pas désagréable, mais c’est pas vraiment réussi. Mais c’est pas vraiment raté. Je sais, ça fait dégonflé de botter en touche comme ça, on dirait un centriste. C’est juste que c’est exactement ce que je pense. Je n’ai rien à ajouter. Si, tiens : je vais lire un truc simple maintenant. » En fait, si l’on enlève la vaine paraphrase, l’emballage « cool » pour teenagers et l’aveu d’impuissance, il ne reste rien, absolument rien.

La lecture de La Mémoire du vautour par Patrick Imbert dans Bifrost n° 47 (juillet 2007) s’avère du même tonneau.

Signalons tout de même ces quelques lignes de Claro, sur son blog : « Dan Brown et ses sosies-laquais peuvent aller jouer avec Dantec et consorts. Pendant ce temps, Colin, lui, écrit. »

[5] P. Ricœur, Anthologie, op. cit., p. 98.

[6] Nous esquisserons d’ailleurs, plus loin, une tout autre interprétation, plus simple, peut-être plus proche de l’intention de l’auteur, mais, à bien des égards, moins séduisante…

[7] P. Ricœur, Du texte à l’action, « De l’herméneutique des textes à celle de l’action », Paris, éd. du Seuil, 1986, pp. 151-156, cité dans P. Ricœur, Anthologie, textes choisis et présentés par M. Fœssel et F. Lamouche, Paris, éd. du Seuil, « Points Essais », 2007, p. 88.

 

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Commentaires

  • Transhu ricoeurien et lecteur de Jankélévitch, ça vaut le détour...! ça fait un même un petit guide du critique à l usage des jeunes générations! Menfin, un peu de méthodologie, bien distillée, ne peut pas faire de mal. Et puis ça nous changera de la vacuité élevée au rang d argument critique...!
    Pour le moment, c est ok, j ai hâte de lire la suite de ton interprétation...

  • Et moi j'ai hâte de batailler avec toi, et d'autres, sur la validité de mes pistes d'analyse. Tu verras, j'ai atteint des cimes en matière de délire d'interprétation.

  • C'est bien de chercher à flirter avec les cimes.

    A priori il n'y aura pas "bataille" à proprement parler, puisque ta démarche est au fond une prise au sérieux de la lettre du texte. Contrairement à ce que beaucoup croient, c'est de l'examen minutieux et acharné de chaque mot, de chaque signe, que proviennent ensuite les hypothèses de lecture les plus audacieuses, et non d'un éloignement du texte. Plus on oublie le texte, sa technique interne, son rythme, ses jeux de sens, plus on fait de la paraphrase. C'est sûr qu'alors, on ne prend guère de risques. Mais qu'est-ce qu'on s'emmerde!

    Par exemple, j'aurais bien aimé voir un critique, un vrai de vrai, statuer avant moi sur l'ontologie, ou l'impossibilité d'une ontologie, dans La Horde du Contrevent (pour ma part, j'ai conclu à un conflit entre les deux thèses). Mais je n'ai trouvé nulle part ce travail accompli (à ta décharge, tu n'avais pas la place pour le faire dans Galaxies), alors bon, ben, c'est moi qui occupe, provisoirement, en attendant des démonstrations plus convaincantes, cet espace... Et pour réfléchir sur ce point, quoi de mieux que de repartir d'une page de la Horde, pas complètement choisie au hasard mais presque, pour laisser émerger des axes de force à partir de chaque fait de langue?

    Non, moi, aucun souci avec ta démarche, que j'ai même un peu encouragée... Par contre, j'imagine la tête de Fabrice quand il va voir tout ce que tu as réussi à pondre sur son livre...!

  • Je relis cette note 4, elle est vraiment parfaite. Transhumaine à souhait.
    Elle vient directement concurrencer ton désormais fameux: " N******* L* G***** enfonce tellement le clou qu'on passe tous à travers la planche."
    Nan, y a pas à dire, il y a vraiment tout ce qu'il faut pour te mettre tout le monde à dos (si ce n'était pas déjà fait). Sauf Claro, bien sûr. Parce que Claro est un monstre. Parce que Claro traduit autant de pages par semaines que nous, nous en lisons, et qu'en plus il les traduit bien.

  • Quoi, qu'est-ce qu'elle a ma note 4 ? Tout le mérite revient à Mr C., que je me suis contenter de citer. Je sais, c'est difficile à croire, mais c'est la stricte vérité.
    Tu en veux encore ? D'accord, d'accord :

    "Alors on tient bon. On se dit, ce COLIN, il a de l’audace, hein. Bon, là, tout de suite, il m’ennuie un peu à faire causer les vautours de Bombay [moi, les volatiles, ça va un moment...], j’en ai pas grand-chose à faire des émois du requin, et puis quel rapport ? bon, mais on s’accroche, va bien finir par rattacher les wagons, non ?
    Ben si. A la fin. Mais bon... Je vais pas vous raconter les derniers chapitres, ça se fait pas. Et puis, de toutes façons, je suis pas certain d’avoir tout pigé. "

    Ca, c'est de la critique. On sent que le type a bossé. C'est vrai, quoi, pourquoi venir nous emmerder avec vos histoires de symboles à la con ? Un vautour c'est un volatile, point barre.

    Et d'ontologie, il sera question dans mon texte sur Colin. Mais d'une ontologie particulière. L'ontologie de l'être-qui-meurt. Et franchement, ça tue. Oui, Fabrice va bien se marrer.

  • C'est le fait de l'exhumer, cette critique, qui est cruel.
    Le requin: extension du mode de la prédation par la connexion réseau inter-individuelle. La donation de la mort déclinée par variation eidétique.
    Ensuite: puisque personne n'a eu le bon sens de voir que le vautour, le requin etc sont des métaphores de l'auteur, de Fabrice écrivant, disons-le. Une posture étant remplacée par une autre. Un humain chasse le vautour d'une grotte: l'écriture comme sortie de la matrice, du berceau des origines, bref comme devenir adulte et acceptation du risque de mort qu'il y a dans l'histoire.
    Le requin: présence de la mort dans l'écriture, mais par jonction avec toutes les grandes voix du passé et du présent. Fabrice bosse par intertextualité (Dreamerican -> Nabokov, d'après ce qu'il m'a dit).
    Et caetera. C'était pourtant pas bien sorcier, bordel, de trouver ça.a
    Colin est un anti-métaboliste comme Damasio: littérature de la genèse (par la mort) = genèse de la littérature.

    "L'ontologie de l'être qui meurt, franchement, ça tue": je ne te le fais pas dire. C'est l'évidence même.

  • Cher Transhumain,
    il y a certes la nécessité d'analyser, de construire, enfin, une critique digne de ce roman et d'un auteur parmi les plus passionnants du moment; mais il faut surtout rappeler l'incroyable impact émotionnel d'un livre qui, s'il nous échappe en partie, n'en est que plus beau. Comme les films de Lynch en effet.

  • Oui Bruno. L'écriture comme sortie de la matrice, c'est même ce qui est figuré, par métaphore, avec la salle de bain de Tyron, évident symbole utérin. Soit Tyron y reste, et s'enfonce dans le froid, le noir glacial - c'est l'entérinement de sa mort, le personnage jamais vraiment né (mort avant d'être né). Soit il en sort, et le roman peut se déployer, se poursuivre...
    Les narrateurs du chapitre Reeltoy (le jouet-bobine), c'est exactement ça. Des métaphores de Fabrice écrivain, qui change de peau, mais dont toutes les incarnations précédentes habitent la suivante. Bon, je vois - ça ne me surprend qu'à moitié ! - que nos interprétations sont très proches.
    Mais ça, c'est un sens "latent" du livre, ce que j'ai appelé, en reprenant la théorie de Serge Lehman, la mort comme "processeur d'histoires". Dans un premier temps, mon texte va s'intéresser à la mort, parce que le livre ne parle pas QUE d'écriture et de création. La mort, dans La Mémoire du vautour, n'est pas seulement une métaphore, c'est aussi le sujet du livre. Et c'est ça qui le rend si prégnant, qui lui confère cette force d'impact que tu évoques, Grégory.

    Pour comprendre le rapport de Dreamericana à Nabokov, tu dois lire Feu pâle, Bruno. C'est un ordre. Surtout que tu as prévu, je crois, de lire La Maison des feuilles, dont Feu pâle est aussi la matrice...

  • "C'est un ordre."

    Tu devrais savoir qu'en tant que réac de gauche qui vote à droite, je ne reçois d'ordres que de Dieu (qui ne m'en donne pas souvent) et de mes parents (idem). Bientôt de mon patron, quand j'en aurai un, mais ce n'est pas encore la question.

  • Qui te dit que je ne suis pas Dieu ?

  • "La mort en première personne, comme expérience intérieure, impensée car impensable, mais irrémédiablement, et irrévocablement presque vécue." Il me tarde de vous lire sur ce sujet, Olivier. Un "Flatliner"? Je craindrais, pour ma part le: "franchement, ça tue", on risquerait de ne pas avoir la seconde partie de l'analyse. Outre la plaisanterie, j'aime cette critique parce que, entre autres, vous rappelez une vérité évidente mais hélas trop souvent oubliée: peu importe l'intention de l'auteur, tout ce qui se peut critiquer c'est la lecture que l'on fait de son oeuvre. À quand la suite?

  • Chère Kate, je vous rassure : je devrais survivre à cette épreuve. La suite arrive très vite. Dès ce soir, ou demain, pour une petite mise en jambe, et dans les jours qui viennent pour le gros morceau.

  • "Qui te dit que je ne suis pas Dieu?"

    1) moi
    2) ton amour immodéré pour la Chimay bleue (pour un créateur de l'Univers, ça fait pas sérieux)
    3) ton texte inaugural de blog sur Guillebaud
    4) le fait que tu es un "dangereux transhumanissssste"

  • Donkey Kong, sors immédiatement de ce corps !

  • Transdangerumaniste, tu as dans le regard la dignité des anciens pauvres.
    Et que tout ceux qui ne pensent pas ça, etc., etc.

  • Bon alors ! Elle vient la suite ?
    C'est pas possible de nous mettre l'eau à la bouche et de nous planter comme ça. Ca se fait pas.
    Satané bibliothécaire.
    Fonctionnaire.

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