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  • La Déchronique du Déchronologue. Fragment VIII

     

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    Le Rhum Marin, 92 rue Saint Maur, Paris 11ème

     

    Au sympathique et droit Brieuc, engagé comme lui dans la prise de Tortuga, Villon confie les raisons de sa méfiance : « Capitaine Brieuc, à l'exception, peut-être, du malheureux qui a faim et de la bête qui a peur, aucune action d'aucun être en ce monde ne naît jamais d'une seule et unique cause, bien fondée ou non. » (29) Chez Villon ce « sentiment océanique » se double d'un sentiment de culpabilité universelle : tous, nous contribuons à l'imperfection du monde, à notre malheur. Tous, nous méritons l'effacement.

    Honte. Culpabilité. Oubli. Villon veut « gagner un peu de temps » : de notre point de vue, telle est la véritable origine, la cause première  il ne saurait y avoir de coïncidence –, des désordres temporels qui frappent d'ores et déjà les Caraïbes et l'ensemble du monde connu...

    Villon noie cette honte, cette culpabilité dostoïevskienne  « Car sachez, mes Pères, que chacun de nous est assurément coupable ici-bas de tout envers tous, non seulement par la faute collective de l'humanité, mais chacun individuellement, pour tous les autres sur la terre entière. » enseignait le Starets Zosime (d'après les souvenirs d'Aliocha) au Livre IV des Frères Karamazov, avant que nous soient révélées les visions démoniaques du Père Théraponte  , dans le tafia, le vin et, en dernière extrémité, le porto, l'alcool étant seul capable, selon lui, de lui faire supporter et comprendre ce qu'il a vu et vécu à La Rochelle.

     

  • La Déchronique du Déchronologue. Fragment IV

     

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    Solidement ancré dans l'histoire des Caraïbes au XVIe siècle, aux environs de l'île de la Tortue – port de ravitaillement des boucaniers et flibustiers de la région – et du Nouveau Monde des Indes occidentales, Le Déchronologue en restitue les enjeux politiques, sans excès didactiques mais non sans subtilement s'approprier certaines figures locales (sans parler du fameux Rat-qui-pette). François Le Vasseur (ici très shakespearien, voire conradien), ancien corsaire et compagnon du pirate Belain d'Esnambuc, fut vraiment gouverneur de l'île de la Tortue au nom du chevalier de Poincy – avant de revendiquer la pleine possession des lieux. Certains prétendent même que le tyran, qui maintenait les lieux sous sa coupe, avait fait installer à son fort de la Roche une machine de fer baptisée « L'Enfer » (la prison prit quant à elle le nom de « Purgatoire »)... Comment s'étonner, dès lors, que le François Le Vasseur de Stéphane Beauverger s'entoure de maravillas d'un genre particulier (celles qui servent sa paranoïa, les machines-espionnes, les appareils de surveillance) ?...