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1984

  • THX 1138 de George Lucas (4)

     

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    Quand Lucas réalise son film, la guerre froide sévit toujours. Le monde de THX 1138 se rapproche du socialisme soviétique par son État tout puissant, qui contrôle tout, qui écrase l’individu, au service exclusif de l’ensemble, à la manière des insectes communautaires – fourmis, termites. Mais il obéit aussi aux lois de la consommation, en vigueur dans le système capitaliste et libéral. « Consommez », « produisez » matraquent les hauts parleurs dans tous les couloirs, dans toutes les pièces. À la différence du modèle soviétique et de son culte de la personnalité, de son tout-État, ici c’est un État abstrait, intangible, sans tête pensante, décentralisé. L’économie est tout. Les agents de l’autorité n’ont qu’un rôle à jouer : anéantir l’individualité, fondre l’individu dans le Marché – unique pouvoir politique. Les forces de l’ordre,  bras répressif de l’état et fruits de la technique, sont d’ailleurs des robots. Comme dans 1984, la police de la pensée vous contrôle par télésurveillance. Comme dans 1984, l’amour y est considéré comme dangereux, subversif. Comme Winston, THX est arrêté et torturé – le faire rentrer dans le rang, à tout prix. Sa salle 101 est un espace blanc. Un vide à combler. Mais Winston finira brisé. THX, lui, s’échappera (nous y reviendrons). Dans le roman d’Orwell, le pouvoir a un visage, celui de Big Brother. 1984 autopsie l’État de l’intérieur. Dans THX 1138, Big Brother, c’est le monde. Quant à la programmation physiologique – drogues, pilules régulent les pulsions –, elle évoque évidemment Le Meilleur de Mondes d’Aldous Huxley. Esclaves qui s’ignorent. Prison dorée. Relatif confort, mais abolition de l’idée d’amélioration ou de progrès.  

     

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