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D’un neuneu, d’un charlatan, d’un coulis de bêtise et d’un couillon

 

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Aujourd'hui, samedi 23 mai 2009, le Transhumain décerne la Palme d'Or des Pires Chroniqueurs du Festival de Cannes à Vincent Malausa, Jean-Philippe Tessé, Jérôme Momcilovic et Julien Abadie pour leur journal du Festival sur chronicart.com. Nous admirons en particulier leur surnaturelle capacité à sanctifier ou à conchier œuvres et cinéastes, avant même, parfois, d'avoir assisté aux projections, ainsi que leur manque total de discernement, qui leur fait afficher, par exemple, un invraisemblable mépris pour Lars von Trier ou Gaspar Noé, deux cinéastes auxquels je dois pour ma part un profond respect, après mes grandes expériences de spectateur (Europa, Breaking the Waves, Dogville, Seul contre tous, Irréversible...).

Selon le comte Tessé, manifestement vexé d'avoir été refoulé de la projection d'Antichrist,  Lars von Trier serait un « charlatan » scatalogue, et Malausa (qui n'est certes jamais avare en formules idiotes) a décidé de se payer la tête du réalisateur de Soudain le vide la veille de sa projection : « [...], en attendant que Gaspard Neuneu vienne mettre un peu de sel dans la sélection moribonde à coups de caméra tourbillonnante, de sons assourdissants, de formules philosophiques choc ("soudain le vide", gros programme quand même) ou d'effets gros patapouf et sublimes (ou pas). Réponse demain matin. » puis une heure avant la séance : « mais le brontosaurique et tant attendu Soudain le vide du gros Nono débute dans moins d'une heure. On y revient vite. » Ces films sont peut-être mauvais. Nous le saurons après leur sortie officielle. Mais la vulgarité dont fait preuve l'équipe de Chronic'art est plus que douteuse. Momcilovic, qui lui aussi ignore que Gaspar ne s'écrit pas Gaspard, s'est dit effrayé par « cet effroyable coulis de bêtise ». Mais lisez la suite : « Pourtant, il faut bien le dire, j'étais curieux, allez savoir pourquoi. Curiosité par exemple, de voir ce qui pouvait faire suite à Irréversible, espoir mince, faut-il être naïf, de voir germer peut-être un soupçon de maturité sur ce cinéma dont ce n'est pas exactement la vertu principale. Las. Soudain le vide (titre impitoyablement comique) est formel : il s'agit ici d'une acné incurable. Le film prolonge l'horizon Googlemaps de la mise en scène de Noé, cette espèce de tangage de la caméra, moucheron ivre au-dessus du récit, qui tient lieu de mise en scène et en est la négation absolue. [...] » Enfin Julien Abadie s'en serait voulu de ne point enfoncer le clou, aussi y va-t-il de ses « audaces couillonnes », de ses effets « terroristes », et de sa « bêtise » (décidément). Immaturité ? Bêtise ? Incompétence ?... Mais oui !

Je ne puis évidemment me prononcer sur Antichrist ou Enter the Void, mais l'on ne me convaincra pas avec ces miteux effets de manche que l'homme à qui l'on doit Seul contre tous et Irréversible n'a livré qu'un infâme salmigondis. Et il faudrait que je vous parle un jour d'Irréversible, dont les « tangages » visuels relèvent bel et bien de la mise en scène, et des plus intelligentes qui soient. Abrutis par leurs réflexes de journalistes - et peut-être par certains abus cannois -, nos Télétubbies de la critique n'y ont sans doute vu que du feu.

 

 

Commentaires

  • Olivier, si l'équipe de critique cinématographique de Chro est aussi pointue que celle officiant en littérature (avec l'irremplaçable Bernard Quiriny, en lien), tu risques de te confronter à très haute partie intellectuelle, fais attention.
    Après cette mise en bouche alléchante, j'attends avec impatience l'exécution de ces crétins proprement dite.

  • Je suis également plus que lassé de ces "critiques" qui remplacent l'analyse par la méchanceté (ou à l'inverse l'emphase), et de leurs lieux communs stylistiques : Télérama avait "dérangeant", les Cahiers, "malaisant", et Chronicart, "patapouf" qu'il nous ressort un texte sur quatre. Le raisonnement (voire la raison) naît de l'émotion, et je ne vois jamais leur émotion, seulement leurs taquineries potaches.

  • Pas envie de les exécuter, Juan. Mais j'en ai ma claque des critiques d'un niveau tout juste bloguesque et, en effet Ludovic, de leurs lieux communs. Mais, même si les Cahiers n'échappent pas au concassage journalistique, ils sont encore capables, quelquefois, d'écrire des choses très intéressantes. Télérama, il y a longtemps que je lis plus. Et Chronic'art est toujours dans la posture, c'est vrai.
    Bref, si j'ai un peu de temps dans les heures qui viennent, je bouclerai enfin mon article sur le Déchronologue (et je répondrai à ton mail).

  • "Bref, si j'ai un peu de temps dans les heures qui viennent, je bouclerai enfin mon article sur le Déchronologue"


    Paroles et paroles et paroles (Merci Dalida).

  • Oui, pardon David, mais le temps me manque ! Mais ça vient, ça vient...

  • Gaspar Noé le plus incompris des réalisateurs en France. J'attends avec impatience Enter the void, quand à la "critique" et tous les journaleux qui vont prendre le soleil à Cannes et qui se caressent tous dans le sens de l'érection je les fist tous. Lindsay Anderson écrivait dans son livre sur John Ford, "les seuls personnes à même de pouvoir juger correctement du travail d'un réalisateur, est un autre réalisateur" (c'est n'est pas mot pour mot, mais le sens est là) et je suis assez d'accord avec ça.
    Et oui tu as raison sur « Irréversible » il y a un gros travail de mise en scène, il faut simplement regarder l'ouverture du film pour s'en rendre compte.

  • De passage ici, sans vous connaître ni d'Eve ni d'Adam... et pourtant j'ose me manifester, simplement pour appuyer l'idée : les critiques se sont - pour la quasi-totalité - plantés sur les films de ce 62ème festival et j'ai personnellement vécu, devant le chef d'oeuvre de Noé, un très grand moment de cinéma !

    Cordialement,
    Maxence

  • Ah, Maxence, content d'avoir un autre avis, surtout de la part de quelqu'un qui a vu certains de ces films.

  • Souvenirs intenses du 'Enter the void' dans la salle Lumière du Palais des Festivals. Une expérience rare et des images d'une puissance totalement autre dans le cinéma français. Je me souviens de quelques rires imbéciles de certains journalistes (j'étais assis à deux rangs derrière eux), tandis qu'à l'extérieur de nombreux fans de Noé n'avaient pas pu accéder à la salle malgré badge+invitation.

  • Oui c'est lamentable. Pourtant, ce ne sont pas tous de mauvais critiques, j'aime bien Momcilovic, et son parallèle entre Enter the Void et GoogleMaps n'est pas absurde. Pour autant, cela n'invalide pas ce choix de mise en scène. Noé en fait beaucoup trop et le film s'étire sans autre justification que l'errance, mais c'est une expérience étonnante en effet.

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