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  • Schizosphère

     



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    Jésus a dit :
    « Si un aveugle guide un autre aveugle, les deux tombent dans un trou. »

    L’Évangile selon Thomas, 34.

     

    Fin de partie reprend vie. Sous une nouvelle forme. Terminées, les attentes de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois. Je ne renonce ni aux exercices herméneutiques, ni aux interminables études. Simplement, faire vivre ce lieu presque quotidiennement, user du blog comme d’un journal extime, parfois métaphysique, parfois polémique, souvent critique. Y insuffler peut-être – sans pour autant sacrifier à l’égotisme qui rôde – un peu plus d’humanité. Gifler les imbéciles et dégonfler les baudruches. Et puis, écrire surtout. Avec humilité. Sans fausse modestie. Se laisser envahir par les beats ravageurs des cyborgs électro-indus de Converter. Évoquer, ne serait-ce qu’un instant, le verbe blanc de Régis Jauffret, qui dans Clémence Picot (1999) réussissait, au moyen de procédés aussi simples qu’efficaces, à faire perdre au lecteur son contact avec le réel. J’y reviendrai, peut-être à propos de son nouveau roman, Lacrimosa, reçu ce matin. Dire deux mots, tout de même, du génial Dillinger est mort (1969) de Marco Ferreri, enfin vu hier soir, qui entre un réalisme à la Pourquoi Monsieur R. est-il atteint de folie meurtrière et un surréalisme buñuelien, et avec un Piccoli prodigieux, nous offrait l’un des films les plus férocement lucides sur la société bourgeoise, celle du spectacle, la nôtre. Ne plus hésiter à confondre les escroqueries logocratiques. Rendre compte de la bêtise relativiste érigée en valeur absolue par des colonies d’insectes cosmiques. Accorder l’importance qu’ils méritent à certains livres restés dans l’ombre de la rentré littéraire, comme le beau roman de Serge Rivron, La Chair ; n’en accorder pas moins à des œuvres immenses, ainsi celles de Dostoïevski, de Nabokov ou de Samuel Beckett. Commenter la science-fiction, encore. Disséminer parfois quelque élément de théorie. Reprendre, à l’occasion – le plus tôt sera le mieux – les travaux inachevés (Ténèbres, La Mémoire du Vautour, L’Enchâssement). Chercher Dieu. Complaisamment n’envisager les arts, voire les expériences, qu’à travers le filtre déformant de ce qui devient une authentique obsession, la schizophrénie (qui selon Le loup des steppes de Hermann Hesse, serait « le fondement de tout art, de toute création de l’imagination »). Ne rien cacher de L’Entre de Bin Kimura ou de la Daseinanalyse de Binswanger. Caresser les machines désirantes. Faire de ce blog ma schizosphère. Métamorphose. Citer la Bible et le président Schreber. Revenir sur le Moby Dick traduit par Armel Guerne ou – avant Contre-Jour – sur L’Arc-en-ciel de la gravité. Préférer ici – et consacrer – le fragment, pour qu’ailleurs la fiction se développe, moins parcellaire. Remercier le Déchronologue, mystérieusement. Assister, émerveillé, terrifié, à la naissance de S. Z. Accoucher du schizo-mystique Pod-Ex.

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