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corto maltese

  • Fragments. Téléphérique

     

    corto maltese, angoulême

    © Sébastien Coulombel, 2011

     

    L'aube nucléaire étalait ses couleurs F. Glass sur la Zone. Sur le bord du sentier qui menait au Blockhaus, à deux pas des barbelés, des sous-vêtements d'enfants, épars, gisaient inanimés. Paname et sa faune me manquaient. Je passai la voie ferrée désaffectée et longeai le vieil entrepôt. Lorsque, des ténèbres des vitres brisées, s'échappa l'écho métallique de quelque larcin, les aveuglants souvenirs d'une disputatio musicologique dessinèrent des mandalas sur mon échine de leurs doigts liquides, les images post-exotiques d'El tren fantasma scintillèrent dans mes tympans, des vagues sérielles de métaphores déferlèrent sur mes papilles et mon champ de vision s'obombra de crissements logarithmiques. « Les objets acousmatiques, susurra Anders, naissent d'une combinatoire spectrale, d'agencements et de filtrages ». Son brûlant logos empruntait toutes les voies disponibles.

     

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    J'errais cigarette au bec entre les Chais et Castro, écoutant le cinquième Masada au-dessus des eaux calmes, quand je croisai Corto Maltese. Les yeux rivés au firmament, son corps longiligne arc-bouté vers l'infini, le héros ne disait mot. J'ôtai mes écouteurs. Je le savais versé dans les arts ésotériques... Peut-être pouvait-il m'aider ?

    « Salut Corto, dis-je. Tu cherches des signes ? »

    Pas de réponse.

    « Une preuve de l'existence de Dieu alors ? »

    Pas de réponse.

    « Okay. Tu fais ton intéressant. »

    Pas de réponse.

    « C'est bon, je me casse. On se reverra, Achab chéri. »

    Je passai mon chemin.

     

     

    Un mystère est dogme, rythme, lumière, ondulatoire objet de pure contemplation, qui se révèle envers et contre toute raison sur le négatif de l’âme.

     


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