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sous le volcan - Page 3

  • Malcolm Lowry, Sous le Volcan, chapitre 3

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    III

     


    La roue du temps tourne encore, sous la forme de l'alliance d'Yvonne. Nous entrons peu à peu dans l'univers halluciné d'un Consul qui se précipite vers l'enfer à grands verres tremblants de whisky et de strychnine. Ouverture saisissante sur le jardin de Geoffrey, laissé aux ronces et à l'abandon, comme l'envers, délaissé de Dieu, du jardin d'Éden – et, par extension, comme la métaphore de l'impuissance sexuelle du Consul – également figurée, à l'autre bout du chapitre, par ce cadavre au large sombrero, vision prophétique typique du Delirium Tremens, dit Lowry dans sa lettre à Jonathan Cape, mais aussi évident symbole de castration (sans doute une façon, aussi, de ne pas « porter le chapeau » pour un Consul en pleine tentative pathétique de déculpabilisation). Son corps le trahit, donc, mais son esprit, lui, s'élève en haute altitude, comme ces vautours aux allures de cendres ascensionnelles (le vautour, symbole de mort mais aussi de régénération), vers ces « vaisseaux à l'horizon sous un ciel latéral noir et abstrait », en lesquels Firmin voit – juste ciel ! – son salut (nous apprenons d'ailleurs au passage l'existence d'un livre inachevé du Consul, où il est question de l'Atlantide et d'alchimie...). Argos ou Nef des fous, ces vaisseaux des visions du Consul renvoient aux « voyages comparables uniquement aux voies et aux sphères de la Sainte Kabbale » qu'il revendique avec véhémence. Avant d'être englouti par l'ombre et le sommeil.

     

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  • Malcolm Lowry, Sous le Volcan, chapitre 2

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    II

     

    La grande roue Ferris illuminée qui, à la toute fin du chapitre précédent, tournait à l'envers sur son axe, s'est arrêtée. Un an plus tôt, jour des morts. Yvonne revient à Quauhnahuac rendre visite à son ex-époux le Consul – et tenter de sauver ce qui peut l'être encore. Mais, de la cantina à la maison de Firmin, s'accumulent signes et mauvais présages (la vieille femme aux dominos, à la canne griffue et au poussin ; le charpentier pressé ; la voix de la falaise qui désigne Geoffrey comme le diablo ; le cortège funèbre ; et le chien hideux, paria psychopompe, émissaire de Méphistophélès qui pénètre avec le couple dans la demeure comme le dieu-chien Xolotl accompagnait les morts de l'ancien Mexique...) et symboles de ce qui désormais les oppose (la vitre qui sépare les deux cantinas, à travers laquelle se font entendre de prémonitoires menaces ; les annonces d'un combat de boxe, la photographie (La Despedida) d'un rocher foudroyé de la Sierra Madre...). Ce que semble annoncer ce chapitre, avec l'épisode de l'écrivain public auquel le Consul dicte un roman imaginaire (« Adieu. Point à la ligne. Nouveau paragraphe, nouveau chapitre, nouvel univers - ») et, surtout, avec celui de la vieille aux dominos, c'est la puissance visionnaire de l'alcool, « car si tu veux espérer comprendre la beauté d'une vieille de Tarasco en train de jouer aux dominos à sept heures du matin, il faut boire comme moi ». Je repense alors à ces autres mots du Consul, consignés dans la lettre trouvée par Laruelle dans une anthologie de théâtre élisabéthain au premier chapitre : « Ou bien est-ce parce qu'il existe au beau milieu de l'enfer un sentier, que connaissait Blake, que je ne prendrai peut-être pas mais que j'ai pu voir récemment en rêve ? (...) J'ai l'impression de voir, entre les mescals, ce sentier, avec d'étranges horizons au-delà, comme d'une vision de vie nouvelle que nous pourrions mener ensemble ». Il semble, ce que confirme d'ailleurs Lowry dans sa longue lettre à son éditeur, que Sous le Volcan soit précisément le récit de voyage du Consul en Inferno, le long de ce sentier tortueux.

     

     

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  • Malcolm Lowry, Sous le Volcan, chapitre 1

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    Commentaires de Sous le Volcan de Malcolm Lowry (Under the Volcano, 1947, nouvelle traduction par Jacques Darras, Grasset, « Les Cahiers rouges », 1987), publiés au fil de l'eau.

     

     

     

    I

     

    Incroyable entrée en matière, descente littérale et languide du cinéaste Laruelle vers l'Enfer de Quauhnahuac où brûlent encore, sur les branches de l'Arbre de Mort, les mains couvertes de mescal de Peter Lorre le maudit et du spectre muy borracho du Consul et de son amour fou.

     

     

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