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Violences urbaines - le temps du loup

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« Ce matin, comme je sortais de l'Eglise, chargé de peine, ayant vu donner le Corps de Jésus-Christ à des canailles, un bicycliste arrive sur nous avec une telle violence que j'en suis épouvanté. Une seconde plus tard, il renverse un petit enfant, et accélère son mouvement, sans même retourner la tête. Il y aurait plaisir à l'abattre d'un coup de fusil. »
Léon Bloy, Journal T. II, 3 septembre 1899.

 

« Il n'y a que violence dans l'univers; mais nous sommes gâtés par la philosophie moderne, qui a dit que tout est bien, tandis que le mal a tout souillé, et que, dans un sens très vrai, tout est mal, puisque rien n'est à sa place. »
Joseph de Maîstre, Considérations sur la France.

 

La situation n’est pas désespérée, mais l’heure est grave, plus grave que ce que la diminution des violences urbaines laisse déjà entendre aux commentateurs médiatiques. Sans pour autant prendre l’exacte mesure du mal, la France, Babylone soumise à la sournoise dictature des démocrato-bien-pensants, est entrée depuis un certain temps déjà – difficile d’en déterminer précisément les prémices – dans une véritable crise (métaphysique, politique, intellectuelle, culturelle, économique, sociale), terme hélas tellement galvaudé par la poltronnerie journalistique et le Novlangue périurbain que nous ne lui accordons désormais, quand nous franchissons ses frontières, qu’un distrait haussement d’épaules. La réalité qu’il désigne, guère reluisante, ne laisse pourtant pas d’inquiéter. Difficile en effet de continuer à faire semblant, à se réfugier, comme les mondains de Caché de Michael Haneke, comme la famille américaine de A history of violence de David Cronenberg, comme les aristocrates de l’élégant Match Point de Woody Allen ou encore comme les cyniques nantis de Land of the Dead de George Romero, derrière nos simulacres de prospérité, de paix sociale et de progrès, quand les preuves d’une importante régression s’accumulent à un rythme exponentiel sur nos écrans, derrière nos fenêtres ou même – surtout, devrais-je écrire – dans l’enceinte de nos propres murs dont la décrépitude témoigne de l’insupportable inflation des loyers.

Chaque jour, le cyber-cerveau encore insuffisamment défragmenté après une courte nuit de sommeil, le Transhumain écoute d’une oreille inattentive les inermes chroniques et journaux d’information – liés par une immarcescible langue de bois – de la « tranche » matutinale de diverses stations de radio. Parfois mon choix, plus aléatoire que volontaire, se porte sur certaines stations généralistes à fort taux d’écoute. Récemment alerté par ma vigilante bien-aimée, j’ai constaté à sa suite que la cible des séquences publicitaires – ces plaies purulentes sur lesquelles mon attention aguerrie glisse d’ordinaire avec une fluidité parfaite – avait insidieusement gagné les cercles intérieurs de l’Enfer social : désormais la plupart des « réclames », interminable enchaînement de sketches plus débiles les uns que les autres, insultes à l’intelligence des auditeurs, vantent plus volontiers les rayons discount des grandes surfaces que la qualité des produits et présentent des produits de consommation courante comme s’il s’agissait de produits de luxe accessibles aux seuls privilégiés… A qui sait écouter donc – à qui sait déchiffrer le grossier langage des annonceurs excrété par les émonctoires audiovisuels –, en dépit des incessants gargarismes des économistes pour qui, puisque la croissance va, tout va, à qui sait écouter donc, à qui sait plonger de temps à autre dans le monde réel, les signes d’une déchéance métastatique apparaissent dans leur exsangue clarté : les Français sont majoritairement pauvres.

Et en effet, le Transhumain doit bien convenir qu’en dépit des mensonges éhontés des suintants idiots du Point et du Figaro, la pauvreté n’est pas l’apanage des cités. Le Transhumain sait même pertinemment que parmi les casseurs se trouvent sans doute de nombreux trafiquants d’armes, de drogue, de prostituées ou d’autres choses, dont les crimes leur rapportent plus en une nuit que ce qu'il gagne en travaillant tout un mois [1]. Désormais les « classes moyennes » parisiennes s’apparentent plus au prolétariat qu’aux désabusés des professions libérales tels que décrits par Jim Ballard dans Millenium People. La principale cause – mais non la cause première – de cette paupérisation généralisée, que nient pourtant avec une hypocrisie convulsivante les vils imposteurs qui nous gouvernent, ces fourbes chiens de concours, est évidemment l’incroyable flambée de l’immobilier que ne compense jamais – j’aimerais leur fourrer ça dans le crâne à coups de marteau – la hausse dérisoire des revenus. En d’autres termes, les moins riches sont structurellement refoulés, en même temps que les ordures des plus aisés, aux marges de la ville, c’est-à-dire dans les banlieues, dans les cités qui, aujourd’hui, sont saccagées par certains autochtones, barbares que nous ne confondrons évidemment pas, contrairement à l’extrême droite, avec l’ensemble des habitants de ces territoires sinistrés.

Dans Caché, le monde réel, c’est-à-dire celui des rues et des hommes, celui de la vie et de la mort, non celui, factice, de la télévision et de certains cercles intellectuels-mondains, est littéralement inhibé, subsumé par les rôles, parfaitement déterministes, qu’occupent socialement Georges/Auteuil et sa femme, interprétée par Juliette Binoche – avant que l’inconscient ne se manifeste. Dans A history of violence, l’admirable film de David Cronenberg, Tom/Joey/Mortensen et sa femme, le passé est pareillement évacué, littéralement tué, détruit par la violence brutale, psychopathologique, de cet homme qui nous apparaissait pourtant, dans un premier temps, paisible et bon. Cette violence elle-même, instrument du subterfuge – et ADN identitaire –, est d’ailleurs sinon démentie, du moins dérivée, comme dans Crash – mais pour combien de temps ? – en puissant catalyseur du désir sexuel. Or, à écouter les déprécations des médias de masse, relais inébranlables de la pensée unique de gauche et de l’ultralibéralisme, il ne se passe rien de grave dans nos banlieues, ou, disons seulement l’équivalent viril d’une joyeuse manifestation syndicale, au point qu’une partie non négligeable des politiques, sociologues et journalistes (liste non exhaustive) éprouve plus de sympathie – comprendre : complicité – pour les délinquants que pour les policiers chargés de rétablir l’ordre public. Sur ce point soyons clairs : ces voyous zostériens, que la pauvreté de langage renvoie aux franges de l’homme et de l’animal, s’en prennent aussi bien aux biens de consommation – symboles, paraît-il, de l’odieux système capitaliste – qu’aux équipements scolaires, culturels ou sociaux de l’Etat. Comme l’écrit Francis Moury, ils « ne respectent donc plus ni loi pénale, ni loi civile, ni loi religieuse ». Les groupes armés qui sèment la terreur dans nos villes, selon nos apologues du crime, seraient ainsi les victimes pathétiques du « système » quand les policiers, eux, seraient tous d’odieux aryens assoiffés de sang noir ou basané (délire paranoïaque entendu dans l’émission « Là-bas si j’y suis » présentée par Daniel Mermet)… Les meutes de hyènes coprolaliques qui saccagent le bien public comme le bien privé, qui frappent à mort l’amateur de lampadaires comme le simple riverain, qui attaquent les représentants de l’ordre à l’aide de projectiles lourds, contondants ou balistiques, au risque de blesser gravement, en plus des CRS, les femmes, les enfants et les hommes innocents, sont pourtant bien réelles, affreusement réelles, inexcusables, impardonnables pour leur abjection, inassimilables – comme sont tout aussi inadmissibles, affirmons-le sans ambiguïté, les violences policières gratuites, trop fréquentes dans les cités. Répétons-le : les émeutiers, petites frappes terroristes, souvent enfants et petits-enfants dégénérés d’honnêtes travailleurs, se conduisent comme des fauves indignes de notre respect (ce respect qu’ils réclament pourtant à coups de jets de pierre et de cocktails Molotov !). Ils n’obéissent pas à la raison, qu’ils ont sciemment désertée, mais plutôt à des pulsions primaires, reptiliennes, animales, bestiales, celles-là mêmes que l’idéologie bien-pensante dominante décline à l’infini ! En France, en 2005, le concept pourtant noble – chrétien ? – de tolérance est utilisé avant tout à des fins mercantiles aux désastreuses conséquences : le meilleur moyen de doper la consommation ne consiste-t-il pas à faire accroire aux individus que tout ce qu’ils souhaitent, tout ce qu’ils désirent, doit être assumé, assouvi, encouragé, sans qu’aucune échelle de valeurs (esthétiques, morales) ne soit plus admise ? Le regroupement des casseurs en « tribus », loin de n’être qu'une charmante ré-appropriation de l’espace urbain, pour employer l’émolliente terminologie des sociologues, me rappelle plutôt les clans préhistoriques, bestiaire d’un autre temps dont Pierre Bordage avait pressenti la décadente résurgence dans ses Fables de l’Humpur – pensons également aux enclaves communautaires de Chromozone de Stéphane Beauverger, dont les accents prophétiques devraient être lus par un plus large public.

Le recours à la force institutionnelle d’Etat, la seule qui soit légitime, s’impose donc, mais cette fois encore les saintes-nitouches gauchistes se pâment d’indignation. Comment, Transhumain ? Soumettre ces pauvres jeunes ? Ces malheureuses victimes ? Ces défavorisés ? Vous êtes fou ! Fasciste ! Vichyste ! Allons, les enfants, assez ri. Bien entendu, je n’exige pas, invétéré opposant à la peine de mort, que les voyous soient exécutés comme les desperados de western qu’ils sont pourtant. Mais l’Etat, répétons-le, dont la stabilité repose justement sur ce que Max Weber désignait comme la monopolisation, dans les limites d’un territoire, de la violence physique comme moyen de domination – ses structures institutionnelles sont d’ailleurs constituées en ce sens –, ne doit en aucun cas céder au chantage terroriste. Préalablement à toute annonce, à toute mesure économique, sociale ou autre, destinée à aider les populations de ces quartiers – aides qui, sans cela, ne seraient rien d’autre que de vulgaires primes, bénédiction accordée aux criminels quand les victimes, comme le rappelait Francis Moury, éprouvent quelque difficulté à être dédommagées par les assurances (il semblerait, sur ce point, que le gouvernement agisse enfin dans le bon sens) –, l’ordre et la paix civile doivent être inflexiblement rétabli par l’Etat. En aucun cas, le gouvernement ne doit laisser s’organiser, comme on l’a vu, des milices de quartier et autres comités de défense qui, si elles se pérennisaient, accoucheraient inévitablement de phalanges extrémistes dont les exactions entraîneraient le pays, d’expéditions punitives en mesures de représailles, dans une situation conflictuelle perpétuelle comparable à celle que vit aujourd’hui Israël. Toute forme de racisme, y compris anti-blancs – sur cette question aussi, la naïveté séraphique de certains est proprement confondante –, doit être sévèrement punie.

Si je puis prendre fait et cause pour d’authentiques révolutionnaires, jamais ces sociopathes qui ne haïssent rien tant que la France, n’auront ma sympathie, même s’ils ne sont, j’en suis douloureusement conscient, que les rejetons monstrueux d’une société égotiste, infiniment divisée en cellules disjointes, gangrenée par le Relativisme dogmatique comme par l’individualisme ultime, et où les richesses complaisamment exhibées aux yeux de tous, suscitent chez les faibles d’esprit et de culture non plus le désir, moteur essentiel à toute action humaine, mais l’exigence d’une satisfaction immédiate – psychopathologie terminale : l’individu se confond avec (se réduit à) ses possessions matérielles. De la même façon, les journaux, qu’ils soient écrits ou télévisés, regorgent de témoignages de mères de famille d’origine extra-européenne dont les ressources ne suffisent pas à pourvoir aux besoins de leurs nombreux enfants entassés dans des appartements trop étroits. Nous compatissons, mais ce que ne disent pas nos trichineux journalistes, c’est que ces personnes bénéficient exactement des mêmes droits aux allocations que les autres français : au nom de quel principe inique l’Etat devrait-il aider ces familles plus, ou moins, que d’autres ? La France, ce n’est pas rien, offre à tous ses citoyens l’égalité des droits et des devoirs – du moins son devoir absolu est-il de subvenir sans condition aux besoins les plus élémentaires de ceux qui en foulent le sol –, quelle que soit leur couleur de peau, quelle que soit leur religion, quel que soit leur sexe : devrait-elle encore, de surcroît, leur fournir clés en main travail, réussite, richesse, et pourquoi pas sea, sex and sun, sans qu’aucun effort ne soit consenti ? Non. Dans le cas qui nous intéresse ici, des mesures comminatoires s’imposent.

Ces bandes armées, comme je le suggérais en introduction, ne doivent surtout pas être considérées comme de négligeables coups d’éclats, comme simple épiphénomènes propices à réveiller le cadavre républicain, mais plutôt comme les prodromes d’un possible embrasement de l’occident[2]. J’avais été profondément frappé, en août dernier, par les improbables conséquences du passage de l’ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans. En direct-live des Etats-Unis d’Amérique, super-puissance économique et militaire, nous parvenaient des nouvelles et des images effarantes, qu’on aurait dites importées d’un pays du Tiers Monde : pillages, viols, meurtres, cadavres abandonnés en pleine rue, rien n’aura été épargné aux victimes, majoritairement noires. Camps de fortune, abris en carton, braseros ; files interminables de réfugiés : cela ne vous rappelle rien ? Et ces violences urbaines qui, avant de décroître provisoirement, avaient gagné la France entière ? Depuis plusieurs décennies, films et romans d’anticipation, jugés au mieux caricaturaux, au pire tout simplement absurdes car contraires, paraît-il, à la marche inéluctable et positive du progrès, nous y avaient pourtant préparés… Les événements actuels, à mon sens, évoquent plus le repli communautaire de L’Ange de l’abîme et des Chemins de Damas de Pierre Bordage, ou l’éclatement tribal de Chromozone de Stéphane Beauverger, que les émeutes marxistes de La Révolte des rats de François Muratet… Dans les entrailles des véhicules calcinés, l’aruspice moderne entreverrait sans doute l’avenir « dévolutif » du genre humain tel que remis au goût du jour par Maurice G. Dantec dans Cosmos Incorporated – Dantec, soit dit en passant, a tort de frétiller de la queue comme il le fait : il n’est pas le premier, loin s’en faut, à avoir prévu ce genre d’émeutes. Si les gouvernements et les intellectuels n’y prennent garde dès aujourd’hui, l’humanité risque fort de dégénérer à l’état de bandes sauvages, à l’instar de ces pitoyables créatures qui hantent les terres apocalyptiques de La Possibilité d’une île de Michel Houellebecq.

Cette régression, aussi patente, aussi spectaculaire soit-elle, a cependant d’évidentes origines sociales – je ne crois pas  aux théories du complot islamiste, pas plus qu’aux accusations monomaniaques d’incompatibilité culturelle entre Islam et Occident. Pauvreté, immigration, ghetto, cités forcloses, relativisme, n’excusent pas le vandalisme, et encore moins les agressions, mais ont indubitablement créé les conditions d’émergence de tels phénomènes. « ― Il y en a qui, pour [s’élever un moment au-dessus de leur propre nullité], ont besoin d’un chien, d’autres d’un ami, d’autres encore d’une femme ou d’un parti, et enfin, dans des cas très rares, de toute une époque. » écrivait Nietzsche dans Aurore. Les violences urbaines de ces derniers jours sont manifestement dirigées, sans que cela soit le moins du monde théorisé, contre une époque ; et même : contre le monde. Il convient impérativement et urgemment de repenser l’urbanisme et les politiques territoriales, conjointement à une ferme reprise en main du marché immobilier.

L’immigration doit par ailleurs être mieux contrôlée : sans revenus, sans qualifications, les immigrés africains et maghrébins sont souvent contraints de rejoindre les banlieues, qu’ils ne quittent alors plus jamais, au point que bien des jeunes, dans ces cités, sont même incapables de concevoir qu’une autre vie existe, hors des barres de béton, des trafics divers et des rapports de force. Et les étrangers qui s’installent en France – ainsi que les Français eux-mêmes ! – doivent impérativement être avertis que si l’Etat leur garantit l’égalité des droits, il ne saurait en revanche leur promettre l’égalité sociale ou économique. Ce que l’Etat peut et doit faire, néanmoins, c’est assurer la continuité des services publics dans ces zones sensibles. Bureaux de poste, police, écoles, bibliothèques, sont les outils indispensables dont est doté l’Etat pour s’assurer que tous les Français bénéficient des mêmes libertés. Or, il faut bien convenir que les gouvernements Raffarin et Villepin, vitupérables architectes de la subsidence étatique ont déjà largement contribué à la destruction systématique de ces essentiels garde-fou ; ils ont mis en branle un important processus de décentralisation dont nous connaissons tous les conséquences – l’Etat pusillanime s’est volontairement désengagé de ses devoirs, avec une lâcheté ignoble dont ses représentants, messieurs Chirac le prévaricateur, Raffarin le bonimenteur, Villepin le (quoi ?), Sarkozy le Condottiere et leurs pairs, portent l’entière responsabilité. C’est pourtant sur ces faussaires qu’il nous faut compter pour empêcher une terrible guerre civile d’éclater, dans un avenir peut-être proche. Autant dire que l’affaire n’est pas dans le sac…

 

« ― Si l’on montre à la bête des morceaux de viande sanglante dans son voisinage, puis qu’on les retire, jusqu’à ce qu’enfin elle rugisse : pensez-vous que ce rugissement signifie Justice ? »

F. Nietzsche, Humain, trop humain.



[1] Au moment de mettre cet article en ligne, je lis les mêmes propos sous la plume de Raphaël Dargent chez le Stalker.

[2] Raphaël Dargent ne dit rien d’autre, chez le Stalker, en évoquant une « Avant-Guerre civile ».

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Commentaires

  • je vous suis en grande partie, Transhumain, et en particulier à partir de ce paragraphe essentiel :
    "Cette régression, aussi patente, aussi spectaculaire soit-elle, a cependant d’évidentes origines sociales – je ne crois pas aux théories du complot islamiste, pas plus qu’aux accusations monomaniaques d’incompatibilité culturelle entre Islam et Occident. Pauvreté, immigration, ghetto, cités forcloses, relativisme, n’excusent pas le vandalisme, et encore moins les agressions, mais ont indubitablement créé les conditions d’émergence de tels phénomènes. « ― Il y en a qui, pour [s’élever un moment au-dessus de leur propre nullité], ont besoin d’un chien, d’autres d’un ami, d’autres encore d’une femme ou d’un parti, et enfin, dans des cas très rares, de toute une époque. » écrivait Nietzsche dans Aurore. Les violences urbaines de ces derniers jours sont manifestement dirigées, sans que cela soit le moins du monde théorisé, contre une époque ; et même : contre le monde".

  • Belle lucidité.

  • Et si on regardait aussi du côté des gens biens. Les bourgeoises savant aussi se métamorphoser en sauvageonnes. Mais de Moury à Transhumain, ne pratique-t-on pas le racisme social ?

    COMMERCE. --Pagaille, querelles... En peu de temps, les vêtements signés Stella McCartney ont été vendus hier matin chez H & M. Ambiance tendue

    Razzia sur Stella
    :Marie-Claude Aristégui



    Les modèles siglés Stella McCartney pour H & M ont très rapidement été vendus hier matin, dans une ambiance assez tendue
    PHOTO LAURENT THEILLET
    La fille de Paul n'a pas la même cote que Karl Lagerfeld et, hier matin, la cohue était moindre chez H & M que l'an passé. Cela dit, la griffe Stella McCartney plaît et pour parvenir à décrocher un bout de chiffon siglé il fallait s'accrocher et jouer des coudes entre les clientes agglutinées autour des quelques portants de la marque. Mieux valait avoir le bras long et rester zen...
    Dans ces situations, le vernis craque rapidement et la femme distinguée, quel que soit son âge, se transforme vite en sauvageonne. Ce qui ne l'empêche pas de s'offusquer quand elle est victime d'un comportement rapace.
    Ambiance : deux femmes mettent la main au même moment sur une tunique soyeuse et bleue. « Je regarde la taille », dit l'une. « Mais moi aussi », riposte l'autre. C'est un 44. Justement, cela convient aux deux. Les doigts s'agrippent sur le cintre. Pas question de lâcher le morceau. « J'avais la main dessus avant vous. » « Non, c'est moi. » Finalement, une des deux renonce et lance : « Vous êtes pathétique ». « Et vous aussi », rétorque la gagnante qui file vers les cabines à toute allure, comme si elle craignait que l'autre se ravise et la poursuive.

  • T'as raison Transhumain ! On a accepté trop de musulmans en France !
    Il faut à présent défendre la race blanche et catholique !
    Vive le FN !

  • Lâche imposteur, qui que tu sois - et j'espère que tu n'es pas qui je crois (j'en serais peiné) - tu n'es pas Maurice Dantec, et surtout tu ne sais pas lire (je le répète donc pour tes yeux porcins : "je ne crois pas aux théories du complot islamiste, pas plus qu’aux accusations monomaniaques d’incompatibilité culturelle entre Islam et Occident.")... Je n'ai aucun respect pour le FN, je méprise toute forme de racisme, je suis athée, le sort de ce la "race blanche" m'indiffère et je me suis prononcé sans ambiguïté contre la constitution de milices. Note bien, toutefois, que je méprise avec une force égale les crétins dans ton genre... Je considère ton commentaire anonyme - quel courage... - comme une insulte, et comme la preuve manifeste de ta volonté de blesser, c'est-à-dire de ta bêtise.

    Fulcanelli, il ne s'agit nullement de racisme social : visiblement vous confondez, dans mes propos (j'avais pourtant bien souligné cette distinction!) les voyous, dont les actes sont condamnables, et les autres habitants des cités, dont les problèmes sont bien réels (d'où ma conclusion sur le coupable désengagement de l'Etat, où je me prononce pour un maintien égalitaire des services publics sur l'ensemble du territoire, y compris dans les cités). Par ailleurs, si violence et bêtise s'expriment de toutes parts, les bourgeoises en Lagerfeld n'ont guère, jusqu'ici, exprimé l'intention de détruire leurs quartiers et de menacer physiquement passants et policiers... Si ?

  • Allez transhumain, arrête de t'enerver !
    On n'a tous que des pseudos sur internet !
    Visite le site de Jean-Marie :
    http://www.frontnational.com/
    Tu verras : comme Dantec, il avait prévu et même le montre dans une petite vidéo : la banlieue brûle !
    La faute à qui ? A cette classe politique que tu mets sans distinction dans le même sac comme notre ami JMLP. Il faut contrôler l'immigration, écris-tu ?
    JMLP l'avait dit depuis longtemps. Pourquoi ne votes-tu pas pour lui ?
    Ca fait trop peuple ? Tu préfères un fascisme plus soft ?
    Allez... Il te reste encore un peu de chemin avant d'adhérer. Mais n'oublie pas : on t'attend.

  • Mon petit ténia, en plus d'être lâche tu es d'une stupidité affligeante. Lorsque je dis que Dantec n'est pas le premier à avoir prévu l'embrasement des banlieues, je ne pense pas tant au FN qu'à la GAUCHE qui rabâche avec raison depuis des décennies (sans pour autant agir intelligemment) que la dégradation sociale finira par éclater ; et, plus généralement, à tous ceux qui observent la réalité au lieu de la fourrer, comme tu le fais si grossièrement, dans des cases noires et blanches.
    Quant à l'immigration, tu le fais exprès ou quoi ? A part quelques gauchistes extrémistes, tout le monde admet, dans les partis démocrates et républicains - c'est une telle évidence ! - que ses flux doivent être raisonnablement maîtrisés, condition sine qua non à une intégration réussie. Les frontières servent à ça, dugland.
    Et puis dis-moi, pourquoi ne mentionner que ces deux éléments de mon article ? Pourquoi ne pas lire aussi la fin, que n'importe quel gros porc d'extrême droite (ils sont comme toi mon con : ils ne savent pas lire) trouverait sans nul doute atrocement gauchiste ?
    Ta rhétorique binaire fait de toi, sale troll, l'égal intellectuel d'un caniche nain vérolé.

  • Je signale à tous mes visiteurs les excellents textes de Marc Alpozzo - qui en appelle, je dis ça à l'intention du petit ténia de ces lieux, à une sauvegarde d'urgence des principes laïcs de la République "black-blanc-beur" -, les plus intelligents peut-être, depuis le début des violences :

    http://marcalpozzo.blogspirit.com/archive/2005/11/11/vers-un-pogrom-annonce-1-la-mort-de-socrate.html

    http://marcalpozzo.blogspirit.com/archive/2005/11/13/vers-un-pogrom-annonce-2-la-montee-de-la-barbarie.html

    http://marcalpozzo.blogspirit.com/archive/2005/11/08/la-republique-des-sous-sols.html

  • D’une façon générale, pour la presse étrangère « bien pensante » les émeutes qui secouent la France révèlent l’échec de la politique d’intégration des populations extra-européennes et constituent un coup de semonce pour l’ensemble de l’Europe. La plupart des plumitifs appellent bien sûr à un effort accru des gouvernements en faveur de l’intégration : plus de sous, plus de lutte contre le racisme, plus d’immigration. Mais il y a fort à parier que le bon peuple, quant à lui, tire de ces émeutes raciales des conclusions quelques peu différentes.

  • Une larve en langage informatique, ça s'appelle un ver : c'est certes bête, vulgairement binaire (0,1) mais ça peut se démultiplier, se propager.
    Transhumain, vous vous cachez derrière tes mots !
    Mais les symboles sont plus puissants.
    De Villepin le sait bien lui qui a remis en vigueur une loi d'exception créée un autre âge !
    Rappelez-moi le titre de votre article !

  • Bloc identitaire, Hoax Center, vos deux commentaires sont justement les vecteurs des mèmes dévolutifs qui annoncent, hélas, le temps du loup. Je vous renvoie dos à dos.

    Au premier, pas moins plumitif que ses têtes de Turcs : vous aussi substituez à la réflexion votre Novlangue. Ainsi la lutte contre le racisme, selon vous, serait néfaste ? La répression des actes ignobles et des propos nauséabonds des raclures d'extrémistes, serait un obstacle à la menace ? Vous plaisantez ou quoi ? De même, l'Etat n'a d'autre choix, d'autre DEVOIR même, que de favoriser l'intégration des étrangers admis sur son territoire. Il n'a pas le choix, pour la bonne raison que l'immense majorité des barbares de ces derniers quinze jours sont Français ! Une question, monsieur Bloc : à combien de générations faut-il remonter pour être Français, à vos yeux ? Mon propre fils, parce que son grand-père n'était, avant de prendre la nationalité française, ni Français, ni européen, devrait-il faire l'objet de vos insultes, être roué de coups par de sympathiques petits skins, être expulsé de France ?...

    Au second : le débat s'est focalisé depuis le début sur des détails insignifiants. Dites-moi si je me trompe, mais si quelques milliers de racailles n'avaient pas sciemment décidé de brûler voitures, écoles maternelles, crèches, églises, bibliothèques, entrepôts, bus et j'en passe, Villepin aurait-il permis l'application de couvre-feux ? Et lorsque des jeunes se mettent à semer la terreur dans les rues (quand leurs parents sont incapables de les tenir au calme), n'est-il pas légitime de les empêcher ? Vous auriez sans doute préféré la mise en place de milices privées ?...

  • Je voulais simplement vous remercier du plaisir que j'ai eu à apprendre de nouveaux mots en vous lisant.

    La forme n'est-elle pas TOUJOURS plus importante que le fond?

  • Puisque nous en sommes à parler de la forme, cela fait quelque temps que je vous lis et que je trouve le texte blanc sur fond noir insupportable et très fatiguant pour les yeux. C'est peut-être (sans doute) à dessein que vous avez choisi cette charte de couleurs, mais à mon avis cela nuit à votre site en en rendant la lecture plus que pénible. Dommage ici que le fond soit desservi par la forme.

    Bien à vous

  • Oui, blanc sur fond noir, ça exige un effort. Peut-être finirai-je bientôt par céder...

  • j'étais là.

  • Comme j'aimerai savoir écrire comme ça ! Ce que je viens de lire est exactement ce que j'aurai écris mais je n'ai pas votre maitrise des mots ! Donc grand merci je vais revenir !
    Voila pour le fond !

    Et pour la forme (c'est vrai que mes vieux yeux fatiguent avec cette forme), j'ai un truc que je donne à Manu : copier coller dans un bloc note et ensuite vous choisissez la police la taille et les couleurs qui conviennent à vos yeux ! En plus vous pouvez lire sans être connecté !
    à vous lire

  • Merci Monique, pour le lien et pour votre chaleureux commentaire. Vous êtes la bienvenue dans ces pages.

  • Monique, seriez-vous une parente ?

  • Pour All zebest
    Mon père Pierre était natif de Boulignie les mines dans la Meuse, toute cette partie de la famille est originaire de l'est de la france : Saint dié, Chatenois, Raon l'étape, mais à disparue avant la fin de la deuxième guerre mondiale.

    je ne l'ai connue en partie que par ma grand tante Jeanne survivante (émigrée au états Unis) soeur de mon grand père paternel André.

    Il n'y a plus beaucoup de monde qui porte ce nom ces dernières années mais je sais que j'ai des homonymes alors si je me découvrais quelques cousins ou cousines survivants ce serait peut être une bonne surprise.

    Je n'ai pas fait de recherche sérieuse mais j'y pense il me faut trouver un peu de temps libre pour ça

  • Merci pour ces lectures intelligentes de la Zone et ces commentaires censés de mes textes en particulier, cher Transhumain.
    Bien à vous derechef
    Francis Moury

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